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« Une Ceinture, une Route ».

La nouvelle route de la soie ou la Ceinture et la Route est une liaison ferroviaire entre la Chine et l’Europe passant par le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Une Ceinture, une Route
La nouvelle Route de la Soie relie la Chine à l’Europe par le rail

Outre l’amélioration de la connectivité ferroviaire, il s’agit aussi d’une stratégie de développement pour promouvoir la coopération entre les pays sur une vaste bande s’étendant à travers l’Eurasie et pour renforcer la position de la Chine sur le plan mondial, par exemple en préservant la connexion de la Chine avec le reste du monde en cas de tensions militaires sur ses zones côtières.

La Nouvelle route de la soie a été dévoilée à l’automne 2013 par le gouvernement chinois en tant que pendant terrestre du collier de perles ; elle est l’une des priorités de la diplomatie chinoise, sous la présidence de Xi Jinping.

CNN précise que ce projet englobera 68 pays représentant 4,4 milliards d’habitants et 62 % du PIB mondial.

Selon un responsable du Ministère du commerce qui a donné l’information mercredi, les investissements directs non financiers à l’étranger faits par la Chine dans 45 pays liés à l’initiative « Une Ceinture, une Route » au cours des quatre premiers mois de 2017 ont atteint 4 milliards de Dollars dans les pays « Une Ceinture, une Route ».


La province de Bamiyan, dans le centre de l’Afghanistan, n’a pas eu très longtemps à attendre pour témoigner d’avoir de nouveau le Bouddha le plus haut du monde. En juin 2015, un couple chinois en visite dans la région en a fait la promotion, en utilisant la technologie de projection d’image, dans un processus qui a gagné les salutations de la population locale.

Un moment symbolique reliant le passé à l’avenir, dans une partie du monde riche en histoire et proche d’un changement économique important en raison de nouvelles coopérations.

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Les Bouddhas de Bâmiyân étaient trois statues monumentales détruites en mars 2001 par les talibans. Le commandant Massoud sera lui assassiné deux jours avant le 11 septembre 2001. Puis à partir d’octobre 2001, les États-Unis envahirent l’Afghanistan.

Une vingtaine d’agents de la CIA neutralisé en Chine!

Le «New York Times», qui révèle l’affaire, évoque l’un des pires fiasco des services secrets américains.


C’est l’un des pires revers qu’ait connus les services secrets américains. Selon le New York Times, qui cite dix responsables américains encore en exercice ou pas, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, Pékin a systématiquement démantelé les efforts d’espionnage de la CIA en Chine à partir de 2010, tuant ou emprisonnant près d’une vingtaine de sources secrètes.

Encore aujourd’hui, les responsables des services secrets ne savent pas si les Etats-Unis ont été trahis par une taupe à l’intérieur de la CIA ou si les Chinois ont piraté le système utilisé par la CIA pour communiquer avec des sources étrangères. Il n’y a en revanche aucun doute sur les dégâts infligés à ce qui fut l’un des réseaux d’espionnage américains les plus productifs, selon le journal.

Au moins une dizaine de sources de la CIA ont été tuées entre fin 2010 et début 2012 et l’une de ces sources a même été abattue devant ses collègues pour avertir clairement quiconque aurait des activités d’espionnage. Au total, 18 à 20 sources de la CIA en Chine ont été tuées ou emprisonnées, selon deux anciens responsables américains cités par le New York Times.

Ces pertes sont comparables à celles occasionnées en Union soviétique et en Russie par la trahison des deux espions Aldrich Ames et Robert Hanssen, selon le journal.

Les services d’espionnage occidentaux ont traditionnellement eu des difficultés à développer leurs réseaux en Chine et en Russie. Après les pertes infligées à son réseau en Chine, la CIA a mené d’intenses recherches, enquêtant sur presque chaque employé de l’ambassade américaine à Pékin. Parallèlement, l’administration du président de l’époque Barack Obama s’interrogeait pour comprendre le ralentissement des informations en provenance de Chine.

Ces révélations interviennent alors que la CIA cherche à savoir comment certains de ses documents très sensibles ont été publiés voilà deux mois par WikiLeaks, tandis que le FBI enquête sur des liens éventuels entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou. La CIA comme le FBI se sont refusés à tout commentaire.

Source: Libération, le 21 mai 2017

Tir de missile nord-coréen : Xi et Poutine «préoccupés»

Tir de missile nord-coréen : Xi et Poutine «préoccupés»


La Russie et la Chine sont «préoccupées par l’escalade des tensions» constatée dans la péninsule coréenne après le tir d’un missile nord-coréen, en violation des résolutions de l’ONU.

La Corée du Nord a tiré le 14 mai un missile balistique qui a parcouru environ 700 kilomètres avant de s’abîmer en mer du Japon, selon l’armée sud-coréenne.

Le THAAD en Corée du Sud prêt à intercepter les missiles nord-coréens

Le système antimissile américain, dont les premiers éléments sont arrivés en Corée du Sud début mars, est désormais capable d’intercepter les missiles de son voisin du Nord.

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Le bouclier antimissile THAAD en Corée du Sud a atteint la capacité opérationnelle nécessaire pour protéger le pays contre la menace nord-coréenne, selon des officiels américains cité par l’agence Reuters.

Le 7 mars dernier, Washington et Séoul avaient annoncé l’arrivée en Corée du Sud des premiers éléments du THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) censé contrer une éventuelle agression de Pyongyang.

Œuvre du géant américain de l’armement Lockheed Martin, le bouclier antimissile THAAD permet d’atteindre des missiles de longue-portée se trouvant dans un rayon de 200 km et à une altitude de 150 km. Cela rend possible la destruction d’engins balistiques dans la phase terminale de vol.

Selon l’agence Reuters, le coût de construction du bouclier THAAD est estimé à près de 886 millions de dollars, soit un peu plus de 810 millions d’euros.

Déploiement du THAAD en Corée: le favori à la présidentielle en prône la suspension

La campagne présidentielle en Corée du Sud est très marquée par le déploiement du système de défense antimissile américain THAAD, et le favori de la course Moon Jae-in, candidat du Parti démocrate (opposition), entend revoir cette décision, selon son état-major de campagne.

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Le principal favori de la course présidentielle en Corée du Sud, Moon Jae-in, candidat du Parti démocrate (opposition), estime que les États-Unis doivent suspendre immédiatement le déploiement de leur bouclier antimissile THAAD dans le pays, lit-on dans le communiqué de son état-major de campagne.

« Dès le début, Moon Jae-in a indiqué que la décision sur le déploiement du THAAD avait été adoptée au mépris des procédures démocratiques et devrait être revu par la prochaine administration de la République de Corée », lit-on dans le document.

Selon le candidat à la présidence, de telles décisions devraient être prises sur la base d’un consensus social et compte tenu des intérêts nationaux des deux parties.

« Comme cette décision touche sérieusement à la sécurité de notre pays et entraîne des dépenses supplémentaires, elle doit être ratifiée par l’Assemblée nationale, et la Constitution modifiée», stipule le texte.

Les sympathisants de Moon Jae-in relèvent par ailleurs que des appels à renoncer à l’accord de libre-échange entre Séoul et Washington en l’absence de consultations plein format entre les parties suscitent des questions sur la conformité à l’esprit de l’alliance américano-sud-coréenne.

En réponse à une déclaration du Président américain Donald Trump, selon laquelle la Corée du Sud devra financer la mise en place de ce bouclier destiné à la protéger d’éventuels tirs de missiles nord-coréens, l’état-major de campagne du candidat favori a demandé la « suspension immédiate » du déploiement du THAAD, en estimant qu’il revenait au prochain gouvernement de prendre une décision en la matière.

Selon le dernier sondage de Gallup Korea, réalisé du 25 au 27 avril, la candidature de Moon Jae-in à l’élection présidentielle du 9 mai prochain est soutenue par 40 % des électeurs, alors que son rival le plus proche Ahn Cheol-soo, candidat du Parti du peuple, n’est soutenu que par 24 % des sondés.

« J’informe Séoul qu’il serait opportun qu’il paie. C’est un système qui coûte un milliard de dollars », avait notamment déclaré en amont le Président américain Donald Trump, tout en ajoutant qu’il voulait renégocier l' »horrible » accord de libre-échange conclu en 2011 entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

Évoqué depuis des années, le déploiement du THAAD a été accéléré après de nouveaux essais nucléaires et balistiques de Pyongyang.

Le Pentagone menace d’abattre l’aviation Russe en Syrie


Vendredi 21 avril un porte-parole du Pentagone Jeff Davis avait relaté que des avions de combat américains avaient tenté d’intercepter des avions syriens pour protéger les « conseillers américains ». En réalité,  2 Su-24 syriens avaient attaqué les forces kurdes (formées par les forces spéciales américaines) dans la région de Hasaka et les forces américaines étaient intervenu pour les défendre. Elles sont arrivées trop tard, les chasseurs syrient étaient déjà repartis.

Ce lundi 24 avril, lors d’un point-presse Peter Cook au nom du Pentagone a mis en garde la Syrie et la Russie, indiquant que les Etats-Unis sont prêts à abattre les avions qui, selon Washington, menaceraient les « conseillers américains » présents dans le nord de la Syrie. (L’expression « conseillers américains » est employée par le Pentagone pour désigner les forces spéciales américaines.) Le porte-parole a indiqué «Il ne s’agit pas de ‘zones d’exclusion’ mais nous recommandons au régime syrien de rester loin des zones où il y a des forces de la coalition.»

En réponse à une question d’un journaliste, Cook a déclaré que les Etats-Unis interviendront également contre les avions russes: «S’ils menacent les forces américaines, nous avons toujours le droit de défendre nos forces armées» .

En leur temps, John Kerry et Hillary Clinton avaient souhaité la mise en place de « zones d’exclusion » mais le président Obama avait refusé.

Le haut commandement de l’armée arabe syrienne a répondu au Pentagone que les forces kurdes «répandent chaos et instabilité »dans la region et indiqué que l’armée syrienne continuera ses opérations. Moscou n’a pour le moment pas réagi de manière officielle.

Rappelons qu’à la différence des forces américaines, les forces Russes sont en Syrie avec l’accord du gouvernement syrien, sur sa demande.

Quand Washington perd le Nord en Corée

Quand Washington perd le Nord en Corée


L’administration Trump est-elle en train de découvrir l’(Extrême) Orient compliqué ?
Le nouveau président américain pensait peut-être qu’après un entretien téléphonique avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, l’annonce tonitruante du retrait du Traité transpacifique (TPP), une poignée de main ferme (et douloureuse) au Premier ministre japonais Abe Shinzo et une chanson traditionnelle chinoise interprétée par sa petite-fille devant un Xi Jinping visiblement peu impressionné, un discours musclé face à la Corée du Nord suffirait à faire de lui un dirigeant fort et résolument engagé en Asie-Pacifique. Mais la diplomatie asiatique est un jeu subtil et difficile, les déconvenues américaines s’y sont multipliées ces dernières années, et l’administration Trump ne semble pas bien armée pour faire face à la complexité des dossiers.Nous assistons pourtant depuis quelques semaines à une hausse des tensions entre Washington et Pyongyang, sur fond de rhétorique très agressive, et de visites à répétition de hauts responsables américains en Corée du Sud. D’abord le secrétaire à la Défense James Mattis, puis le Secrétaire d’État Rex Tillerson, et enfin le vice-président Mike Pence, Donald Trump n’ayant pour sa part pas encore effectué de visite à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir. A chaque fois, le ton est monté d’un cran. « L’ère de la patience stratégique est révolue », a ainsi annoncé depuis Séoul Mike Pence, comme pour signifier que la politique nord-coréenne de Washington va devoir changer. Mais que révèle ce soudain intérêt pour le dossier nord-coréen, sinon d’importantes carences dans l’appareil décisionnel de la politique étrangère américaine ?

Une inquiétante et coupable méconnaissance du dossier coréen

La Corée du Nord est le plus ancien ennemi des États-Unis encore debout. Bien avant que Castro ne prenne le pouvoir à La Havane, que l’Iran n’expérimente sa révolution islamique, que Saddam Hussein ne montre des crocs, ou que l’état-major américain découvre l’Afghanistan sur une carte du monde, la dynastie des Kim contrôlait déjà la moitié nord de la péninsule coréenne, avec un anti-américanisme à la mesure de ce régime totalitaire, et une guerre d’une rare violence entre 1950 et 1953. En clair, les membres de l’administration Trump ont toujours connu la Corée du Nord comme l’un des principaux ennemis des États-Unis, sorte de résilience de la Guerre froide, de résidu d’un monde que certains crurent révolu après la disparition de l’Union soviétique. Autant dire qu’il s’agit là d’un dossier connu, et pour lequel de multiples stratégies ont été envisagées, avec les résultats médiocres que l’on sait, et que la survie du régime de Pyongyang ne fait que rappeler à ceux qui l’oublieraient. Pourtant, la gestion du dossier nord-coréen par l’administration Trump met en relief une étonnante méconnaissance de la réalité de la péninsule. A moins que ce ne soit une « tactique », visant à modifier les rapports de force en jetant un pavé dans la mare. On peut en douter, tant il y a peu de suivi au-delà des déclarations.

Dans ces conditions, pourquoi cet intérêt soudain pour la dynastie des Kim ? Qui est le personnage qui a eu l’idée soudaine de hausser le ton face à Pyongyang ? Quel est ce Docteur Folamour au sein d’une administration qui ne semble pas très experte des questions asiatiques ? Parmi les conseillers au National Security Council (NSC) supposés apporter leur expertise sur le dossier nord-coréen et placés sous la direction du général McMaster, se trouve le général Joseph Dunford, surtout connu pour avoir servi en Afghanistan ; l’ancien sénateur d’Indiana Dan Coats qui n’a aucun antécédent sur l’Asie ; Christopher Ford, assistant-spécial sur les questions de non-prolifération nucléaire, qui a publié quelques travaux sur la Chine (mais pas sur la Corée) ; Matthew Pottinger, assistant-spécial sur l’Asie, ancien journaliste couvrant la Chine et Marine ayant servi en Afghanistan ; ou Victoria Coates, assistante-spéciale sur les questions stratégiques, ancienne consultante et conseillère de campagne de Ted Cruz. Parmi les autres membres du NSC légèrement plus expérimentés, mentionnons Kathleen McFarland (qui va devenir ambassadrice à Singapour) ou Dina Powell (plus connue pour ses antécédents économiques chez Goldman Sachs). Si on ajoute à cette liste les secrétaires (ministres) qui participent aux réunions du NSC, Mattis, Tillerson, et le Secrétaire à l’Énergie Rick Perry, en plus de Mike Pence et du clan Trump, force est de constater qu’il ne se dégage dans l’entourage du président américain pas un expert pointu de la Corée du Nord, ni même d’ailleurs des questions de prolifération et de contrôle des armements. C’est peut-être justement là le problème : après avoir essayé la fermeté sous l’administration Bush, puis le dialogue sous l’administration Obama, mais à chaque fois en imaginant des scénarii et en cherchant à percer les mystères de la Corée du Nord, la Maison-Blanche se risque au jeu du hasard. Si une telle approche des relations internationales peut, au détour d’un coup du sort, fonctionner dans certains cas, elle est très déplacée face à un adversaire qui a fait la démonstration de ses capacités de négociation et de chantage. Mais gageons que l’administration Trump va très vite faire l’apprentissage de ce qu’est l’énigme nord-coréenne. Mieux vaudrait en tout cas.

Les États-Unis déterminés, mais à quoi ?

« Toutes les options sont sur la table », « une action militaire n’est pas exclue », « le régime nord-coréen est sous étroite surveillance »… A plusieurs reprises au cours des dernières semaines, les responsables américains ont claironné leur détermination face à la Corée du Nord. Certes, la détermination est une vertu, à condition toutefois de savoir pourquoi elle est invoquée, ce qui n’est pas le cas ici. Ainsi, à quoi sont donc déterminés les membres de l’administration Trump ? A empêcher que la Corée du Nord ne se dote de l’arme nucléaire, alors que ce pays a procédé à cinq essais depuis 2006, narguant ainsi deux administrations américaines successives ? A éviter une guerre, alors que celle-ci n’est pas plus imminente aujourd’hui qu’hier, et que personne ne semble la souhaiter ? A renverser le régime, perpétuant ainsi les prophéties d’un autre âge des « experts » de la Corée du Nord à Washington qui, depuis 1991, nous en annoncent l’effondrement imminent et ne craignent pas le ridicule en revenant systématiquement à la charge ? Ou alors à éviter que Pyongyang ne se serve de son chantage nucléaire pour marchander sa survie, ce que le régime parvient à faire depuis plus de vingt ans (les accords de la KEDO remontent à 1994) ? Il y a lieu de s’interroger.

Dans tous les cas, il semble y avoir un grand écart entre la détermination et la capacité à la confirmer par des actes. Et cet écart traduit la difficulté de plus en plus grande qu’éprouvent les États-Unis à imposer leurs objectifs stratégiques dans le monde, et tout particulièrement en Asie. Les rapports de force ont évolué, et si Washington était il y a deux décennies au centre de toutes les attentions, et donc du règlement de tous les nœuds politico-stratégiques, l’émergence de la Chine s’est traduite par un retrait progressif. De quels leviers dispose ainsi désormais l’administration Trump face à la Corée du Nord ? Le régime des sanctions est un échec, la recherche du dialogue n’a jamais fonctionné, et l’option multilatérale est désormais (depuis 2003) entre les mains de Pékin. Dans ce contexte, peut-être faut-il dès lors entendre cette détermination comme une volonté farouche de vouloir rester présent sur un dossier qui échappe de plus en plus à Washington. Et l’histoire des relations internationales nous enseigne que quand une puissance sur le déclin, relatif mais réel, cherche à préserver ses acquis et réaffirmer son leadership, elle devient potentiellement déstabilisante. C’est le scénario auquel nous assistons actuellement.

A la recherche d’interlocuteurs légitimes

L’équipe Trump a désormais bien compris que la Corée du Sud est un allié. C’est déjà un premier pas, quand on se souvient que le candidat Trump considérait la possibilité de se désengager militairement de la péninsule (ce que les États-Unis firent une fois, en 1949, avec les conséquences qu’on connaît). Mais les conseillers du président américain ont sans doute oublié de mentionner que ce pays est confronté à une très grave crise politique, qui s’est soldée le mois dernier par la confirmation de la destitution de la présidente Park Geun-hye, qui est même désormais incarcérée en l’attente de son jugement pour corruption et confits d’intérêts. Il serait plus avisé pour James Mattis, Rex Tillerson et Mike Pence – et donc pour l’administration qu’ils représentent – d’attendre que l’élection présidentielle sud-coréenne livre son verdict que de s’afficher avec le président sud-coréen par intérim (ancien Premier ministre de Park et très hostile à la Corée du Nord) Hwang Kyo-ahn, qui n’a aucune crédibilité aux yeux de l’opinion publique sud-coréenne, et dont il convient de rappeler qu’il n’est pas élu. Et pourtant, c’est bien Hwang que les trois hommes ont rencontré successivement, comme pour lui afficher un soutien sans faille. Les Sud-Coréens vont désigner un nouveau président de la République en mai, et tourner définitivement la page de la présidence désastreuse de Park Geun-hye. D’ailleurs, le grand favori de cette élection est Moon Jae-in, candidat malheureux en 2012. Il souhaite renouer le dialogue avec Pyongyang mais aussi repenser la pertinence des missiles THAAD, que Madame Park avait choisi de déployer. Sur ces deux points, il semble peu en phase avec la ligne de l’administration Trump.

De quoi donc s’interroger sur la finalité des pressions américaines dans la péninsule, moins tournées vers Pyongyang que vers Séoul, et accessoirement vers Pékin, comme une doléance à prendre des initiatives. Si ces pressions sont assez logiques, voire légitimes, à l’égard de la Chine, elles ont de quoi surprendre dès lors qu’elles ciblent un allié historique des États-Unis. Conséquence, les manœuvres américaines ont tout pour inquiéter les Sud-Coréens, sans doute plus encore que les gesticulations de Pyongyang dont ils sont de toute façon familiers depuis que la péninsule est coupée en deux, et avec lesquelles ils ont depuis longtemps appris à vivre. Si l’administration Trump cherche des interlocuteurs légitimes et des alliés solides, elle devrait peut-être revoir sa copie dans les signaux qu’elle envoie actuellement à Séoul.

Un commandant en chef des forces armées privé de forces

Reste le problème lié aux moyens. Et une question qui blesse : mais où est donc passé l’USS Carl Vinson, ce porte-avion annoncé avec force par le président américain, et accessoirement commandant en chef des forces armées, comme faisant route vers la péninsule coréenne pour mettre la pression sur Pyongyang ? Aux dernières nouvelles, le bâtiment et la flottille l’accompagnant ont été aperçus dans le détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra, en route vers l’Océan indien, à environ 6 000 km au sud des côtes coréennes. Erreur de navigation, tentative de prendre la Corée du Nord par derrière (…) ? Non, tout simplement un ordre de mission respecté à la lettre, avec pour destination l’est de l’Océan Indien où il doit participer à des manœuvres navales avec la marine australienne. Il aurait depuis fait demi-tour, direction la Corée…

De deux choses l’une : soit Donald Trump bluffait quand il affirmait que le bâtiment se dirigeait vers la Corée, auquel cas il devrait s’assurer d’avoir de meilleures cartes dans son jeu avant de faire une annonce aussi risquée ; soit il ne savait pas de quoi il parlait. On ose à peine croire à cette seconde hypothèse, et pourtant. La rumeur enfle à Washington : les officiels du Pentagone n’ont pas osé signaler à leur président que l’USS Carl Vinson ne se dirigeait pas vers la Corée. Pour ne pas le contrarier ? Ou alors en se disant que l’affaire passerait inaperçue ? Le commandant en chef des forces armées ne serait ainsi pas informé de l’état et de la disponibilité des forces sur lesquelles il entend s’appuyer pour rendre sa politique étrangère et de défense crédible ? Voilà qui est, au-delà de l’amateurisme dans la gestion de cette nouvelle crise nord-coréenne, extrêmement inquiétant.

Cent jours après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, le constat est sans appel et soulève nécessairement de vives inquiétudes. Rarement la politique étrangère des États-Unis fut à ce point hésitante. Rarement la politique asiatique de Washington fut aussi peu pensée et coordonnée. Et jamais sans doute la politique coréenne d’une administration américaine ne fut à ce point marquée par un tel niveau d’incompétence, élevé au rang de doctrine. Il parait que le ridicule ne tue pas. Mais il peut en revanche être très blessant et laisser de profondes cicatrices, et c’est exactement ce que les hésitations coréennes de l’administration Trump risquent de provoquer.

L'auteur de cet article, Barthélémy Courmont

Barthélémy Courmont est maître de conférences à l’Université Catholique de Lille, Directeur de recherche à l’IRIS où il est responsable du pôle Asie-Pacifique, il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur les enjeux sécuritaires et les questions politiques en Asie orientale. Son dernier livre, Mémoires d’un champignon. Penser Hiroshima, est paru chez Lemieux éditeur.

Photo: Le vice-président américain Mike Pence en visite au village de Panmunjon dans la zone démilitarisée (DMZ) à la frontière de la Corée du Sud avec le Nord le 17 avril 2017. (Crédits : AFP PHOTO / JUNG Yeon-Je)

Conflit imminent? Des militaires et des diplomates US évacuent leurs familles de Séoul

Des militaires américains ont commencé à évacuer leurs familles et le personnel civil de bases à proximité de Séoul. En outre, les membres des familles de diplomates et du personnel de l’ambassade des États-Unis quittent également la capitale sud-coréenne. Des experts russes y voient le signe clair d’une menace de conflit.

1030957762Les membres des familles de militaires américains ont commencé à quitter précipitamment la capitale de la Corée du Sud. Bien que le Pentagone n’ait pas confirmé officiellement cette information, des rapports sur l’évacuation sont apparus sur les réseaux sociaux et les serveurs publics de la 2e Division d’infanterie et de la 8e Armée américaine stationnées en Corée du Sud. En outre, selon des informations non confirmées, des familles de diplomates américains quitteraient Séoul.

Selon Konstantin Asmolov, un expert russe de la Corée, cette évacuation témoigne de la menace de conflit.

« Le comportement des Américains signifie qu’ils n’espèrent pas détruire en toute impunité les installations nucléaires de la Corée du Nord. Ils comprennent que la Corée du Nord répliquera à ces attaques. En outre, au centre de Séoul il y a un quartier bondé de troupes américaines », a indiqué Konstantin Asmolov, dans une interview accordée à Izvestia.

Alors que des médias locaux exhortent à ne pas céder à la panique, précisant que la Corée du Sud est fermement opposée à toute action militaire contre Pyongyang, Tokyo envisage pour sa part des mesures d’urgence pour évacuer les 60 000 citoyens japonais résidant en Corée du Sud.

Formellement, les États-Unis et la Corée du Nord sont en état de guerre. En effet, le conflit de 1950-1953 en Corée ne s’était achevé que par la signature d’un armistice. Les États-Unis ont refusé de discuter les multiples propositions de Pyongyang de signer un accord de paix, gardant en Corée du Sud plus de 28 000 militaires américains sous prétexte de défendre le pays contre la « menace du Nord ».

Pour augmenter leur force de dissuasion face à la Corée du Nord, les États-Unis songent à déployer trois porte-avions au large de la péninsule coréenne: l’USS Carl Vinson, l’USS Ronald Reagan et l’USS Nimitz.

La Corée du Nord, pour sa part, invoque la menace américaine et développe un programme nucléaire et balistique, malgré l’interdiction du Conseil de sécurité de l’Onu.

Corée du Nord: échec d’un nouveau tir de missile

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Pyongyang a tenté de lancer un missile ce dimanche, mais a connu un échec, annonce l’agence de presse Yonhap, se référant à l’armée sud-coréenne.

« La Corée du Nord a tenté de lancer ce matin un missile non identifié, depuis la zone de Sinpo (…), mais nous estimons qu’elle a échoué », cite l’agence la déclaration du Comité des chefs d’états-majors interarmées.

Pyongyang promet de détruire le porte-avions Carl Vinson en cas d’agression

La marine américaine, y compris le porte-avions Carl Vinson sera détruite en cas d’agression des États-Unis, indique un communiqué de l’état-major nord-coréen publié ce vendredi.

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En cas d’agression de la part des États-Unis, la Corée du Nord a promis de détruire les navires américains croisant au large de la péninsule de Corée. Le célèbre porte-avions Carl Vinson sera également visé par les frappes nord-coréennes.

« Plus de grosses cibles approchent, y compris le porte-avions polyvalent américain à propulsion nucléaire Carl Vinson, plus la frappe visant à les éliminer sera efficace », a annoncé le représentant de l’Armée populaire de Corée dans le communiqué diffusé ce vendredi.

Dans le même temps, la Corée du Nord a promis de frapper les bases militaires américaines au Japon et en Corée du Sud, ainsi que la résidence présidentielle à Séoul en cas d’agression provenant des États-Unis. Les missiles nord-coréens visent également les bases américaines au Japon, ainsi que sur le territoire des États-Unis. La riposte prévoit, selon le communiqué, des frappes préventives depuis le sol, depuis la mer et depuis les airs.

Précédemment, le Conseil de sécurité nationale américain avait présenté au Président Donald Trump un rapport sur les réactions possibles des États-Unis à la menace nucléaire émanant de Pyongyang comprenant, entre autres, la possibilité de déployer l’arme nucléaire en Corée du Sud.

La chaîne de télévision NBC, citant une source dans le renseignement américain, a déclaré jeudi que Washington était prêt à effectuer une « frappe préventive par des moyens conventionnels » contre la Corée du Nord.

Les États-Unis sont disposés à effectuer une frappe préventive contre la Corée du Nord s’ils ont suffisamment de preuves que Pyongyang se propose de procéder à son sixième test nucléaire, communique la chaîne de télévision NBC se référant à des sources au sein du renseignement américain.

Deux navires de combat américains, équipés des missiles de croisière Tomahawk, sont déployés actuellement dans la région de la péninsule coréenne, l’un d’eux situé à environ 300 miles nautiques du site présumé du prochain essai nucléaire nord-coréen.

Selon les données du renseignement sud-coréen, le prochain essai nucléaire de Pyongyang est prévu pour le 15 avril, le jour du 105e anniversaire de la naissance du premier dirigeant nord-coréen, Kim Il-sung.

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