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« Une Ceinture, une Route ».

La nouvelle route de la soie ou la Ceinture et la Route est une liaison ferroviaire entre la Chine et l’Europe passant par le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Une Ceinture, une Route
La nouvelle Route de la Soie relie la Chine à l’Europe par le rail

Outre l’amélioration de la connectivité ferroviaire, il s’agit aussi d’une stratégie de développement pour promouvoir la coopération entre les pays sur une vaste bande s’étendant à travers l’Eurasie et pour renforcer la position de la Chine sur le plan mondial, par exemple en préservant la connexion de la Chine avec le reste du monde en cas de tensions militaires sur ses zones côtières.

La Nouvelle route de la soie a été dévoilée à l’automne 2013 par le gouvernement chinois en tant que pendant terrestre du collier de perles ; elle est l’une des priorités de la diplomatie chinoise, sous la présidence de Xi Jinping.

CNN précise que ce projet englobera 68 pays représentant 4,4 milliards d’habitants et 62 % du PIB mondial.

Selon un responsable du Ministère du commerce qui a donné l’information mercredi, les investissements directs non financiers à l’étranger faits par la Chine dans 45 pays liés à l’initiative « Une Ceinture, une Route » au cours des quatre premiers mois de 2017 ont atteint 4 milliards de Dollars dans les pays « Une Ceinture, une Route ».


La province de Bamiyan, dans le centre de l’Afghanistan, n’a pas eu très longtemps à attendre pour témoigner d’avoir de nouveau le Bouddha le plus haut du monde. En juin 2015, un couple chinois en visite dans la région en a fait la promotion, en utilisant la technologie de projection d’image, dans un processus qui a gagné les salutations de la population locale.

Un moment symbolique reliant le passé à l’avenir, dans une partie du monde riche en histoire et proche d’un changement économique important en raison de nouvelles coopérations.

En lire plus…

Les Bouddhas de Bâmiyân étaient trois statues monumentales détruites en mars 2001 par les talibans. Le commandant Massoud sera lui assassiné deux jours avant le 11 septembre 2001. Puis à partir d’octobre 2001, les États-Unis envahirent l’Afghanistan.

Une démocratie mondiale de façade. La fin programmée des états.

«Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les événements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s’accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s’est produit en réalité.» Nicholas Murray Butler, président de la Pilgrim Society

Le monde va mal! Cela devient lancinant de toujours le proclamer!

Il est même possible que ceux qui interdisent de porter ce jugement sont ceux-là même qui mènent le monde dans la direction qu’ils veulent, à savoir à l’échelle planétaire l’avènement inexorable d’une oligarchie mondiale qui se veut œcuménique tant qu’on obéisse au money-théisme. Le catéchisme est connu, il faut s’enrichir aux dépens des plus faibles en les exploitant dans un esclavage déguisé, hard, des multinationales qui font travailler des enfants comme au bon vieux temps décrit par Zola dans Germinal ou encore un esclavage d’un autre type qui consiste à dresser les faibles les uns contre les autres au nom de la compétitivité. Ce sera les délocalisations sauvages qui consistent à repérer les pays vulnérables, ce qui permet au capital d’extraire de la valeur.

Barnevick ancien P-DG de ABB avait en son temps décrit la mondialisation:

«Je définirais dit-il la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.» En clair, c’est la liberté du renard dans le poulailler. Cette mise au pas du monde ne peut pas se faire sans un bréviaire, les accords de Bretton Woods et un clergé, le FMI, la Banque mondiale, l’OMC avec naturellement un bras armé, l’Otan et la CPI pour les récalcitrants. «Des recherches de l’université de Carnegie Mellon estiment que les Etats-Unis ont été impliqués d’une manière ou d’une autre dans 81 élections différentes depuis la Seconde Guerre mondiale. La Russie l’a fait 36 fois.». (1)

L’illusion lors de l’élection de Donald Trump

On a cru un moment qu’à l’instar du Christ, Donald Trump allait renverser les tables des marchands du Temple de la mondialisation qu’Alain Minc, économiste tout terrain, toute tendance, nous avait fait la promesse heureuse. Il n’en sera rien! Trump sera rapidement pris en charge et on constate une veillée d’armes pluri- dimensionnelle avec un monde plus chaotique que jamais avec des feux illuminant la Terre çà et là comme dans le texte atemporelle de Leo Ferré «un jour le diable vint sur Terre pour surveiller ses intérêts». La publication suivante est édifiante elle nous explique que de fait, le président est sous contrôle:

«Suivre l’argent est toujours l’élément clé et crucial pour déterminer ‘la cause probable / le modus operandi » des actions des globalistes. Bien qu’il y en a beaucoup qui croient que le président Trump est la panacée à tous nos problèmes, il y a beaucoup de choses que le président ignore. C’est intentionnel de la part des intérêts monétaires qui contrôlent le tissu même de notre société. Les intérêts sont des entreprises, des politiques et des religieux: un niveau de contrôle à trois niveaux sur toutes les facettes de la société humaine. (…) » (2)

« Le problème réside dans le fait que derrière ces intérêts, il y a des élites qui croient en l’imposition forcée de leurs philosophies aux masses. Ils croient également pouvoir «abattre sélectivement le troupeau» et maintenir une population servile à des niveaux minimaux pour mener à bien le travail domestique et la production industrielle (les Delta et les Epsilon du livre Le meilleur des mondes de Huxley) sous leur direction. Patiemment, ces élitistes attendaient le jour où leur société «1984» sera une réalité, travaillant à ce projet et l’élaborant depuis des décennies. Le poids de l’humanité pose un problème, car ils ne peuvent pas éradiquer efficacement tout ce qui est en trop sans une épidémie ou une guerre à grande échelle, mais après un tel événement, la planète elle-même pourrait être invivable». (2)

La fin programmée de la démocratie

Une publication savoureuse résume en quelques pages la condition humaine actuelle et permet d’expliquer des incohérences constatées par le profane alors que tout est sous contrôle de personnes non élues, mais qui dirigent des hommes politiques élus pour diriger les pays selon leur directive. On se souvient des propos de Danièle Mitterrand qui reprochait à son mari le président français François Mitterrand de ne pas appliquer ses promesses de campagne. Réponse de l’intéressé, je ne contrôle rien et je ne peux rien contre les banques… Nous le voyons avec la condition des citoyens européens qui sont sous les fourches caudines des oligarques de Bruxelles non élus par les peuples européens, mais qui assassinent le quotidien des citoyens à coups de directives supranationales.

Nous lisons dans cette contribution:

«Les véritables maîtres du monde ne sont plus les gouvernements, mais les dirigeants de groupes multinationaux financiers ou industriels, et d’institutions internationales opaques (FMI, Banque mondiale, OCDE, OMC, banques centrales). Or ces dirigeants ne sont pas élus, malgré l’impact de leurs décisions sur la vie des populations. Le pouvoir de ces organisations s’exerce sur une dimension planétaire, alors que le pouvoir des Etats est limité à une dimension nationale. Par ailleurs, le poids des sociétés multinationales dans les flux financiers a depuis longtemps dépassé celui des Etats. A dimension transnationale, plus riches que les Etats, mais aussi principales sources de financement des partis politiques de toutes tendances et dans la plupart des pays, ces organisations sont de fait au-dessus des lois et du pouvoir politique, au-dessus de la démocratie. La démocratie a déjà cessé d’être une réalité. Les responsables des organisations qui exercent le pouvoir réel ne sont pas élus, et le public n’est pas informé de leurs décisions. La marge d’action des Etats est de plus en plus réduite par des accords économiques internationaux pour lesquels les citoyens n’ont été ni consultés, ni informés. Tous ces traités élaborés ces cinq dernières années (Gatt, OMC, AMI, NTM, Nafta) visent un but unique: le transfert du pouvoir des Etats vers des organisations non-élues, au moyen d’un processus appelé ‘mondialisation »» (3)

L’auteur nous apprend qu’il n’est pas question de créer des révolutions, il faut y aller en douceur:

«Une suspension proclamée de la démocratie n’aurait pas manqué de provoquer une révolution. C’est pourquoi il a été décidé de maintenir ‘une démocratie de façade », et de déplacer le pouvoir réel vers de nouveaux centres. Les citoyens continuent à voter, mais leur vote a été vidé de tout contenu. Ils votent pour des responsables qui n’ont plus de pouvoir réel. Depuis le début des années 1990, l’information a progressivement disparu des médias destinés au grand-public. Les responsables du pouvoir économique sont quasiment tous issus du même monde, des mêmes milieux sociaux. Ils partagent donc tout naturellement la même vision de ce que devrait être le monde idéal futur.» (3)

L’objectif étant de réduire le rôle d’un Etat stratège et protecteur des plus faibles. C’était d’ailleurs la doctrine de Ronald Reagan pour qui ‘l’Etat était le problème et pas la solution ». Il eut un excellent disciple en la personne de Margaret Thatcher qui elle, déclarait sans ambages:

«Je ne connais pas de citoyens, je connais le consommateur.» «Il est dès lors naturel poursuit l’auteur de la contribution parlant des «dirigeants du monde» qu’ils s’accordent sur une stratégie et synchronisent leurs actions respectives vers des objectifs communs, en induisant des situations économiques favorables à la réalisation de leurs objectifs, à savoir: «Affaiblissement des Etats et du pouvoir politique. Déréglementation. Privatisation des services publics. Désengagement total des Etats de l’économie, y compris des secteurs de l’éducation, de la recherche, et à terme, de la police et de l’armée, destinés à devenir des secteurs exploitables par des entreprises privées. Endettement des Etats au moyen de la corruption. Plus un gouvernement est sous le contrôle des «Maîtres du monde», et plus il fait augmenter la dette de son pays. Précarisation des emplois et maintien d’un niveau de chômage élevé, entretenu grâce aux délocalisations et à la mondialisation du marché du travail. Réduction des aides sociales, pour accroître la motivation du chômeur à accepter n’importe quel travail. Empêcher la montée des revendications salariales dans le tiers-monde, en y maintenant des régimes totalitaires ou corrompus.» (3)

«Les organisations multinationales privées se dotent progressivement de tous les attributs de la puissance des Etats: réseaux de communication, satellites, services de renseignements, fichiers sur les individus, institutions judiciaires (établies par l’OMC et l’AMI, accord grâce auquel une multinationale pourra traîner un Etat devant une cour de justice internationale privée). L’étape suivante -et ultime- pour ces organisations sera d’obtenir la part de pouvoir militaire et policier qui correspond à leur nouvelle puissance, en créant leurs propres forces armées, car les armées et polices nationales ne sont pas adaptées à la défense de leurs intérêts dans le monde. Mais à l’étape ultime du plan, ces armées privées serviront les intérêts des grandes multinationales, et attaqueront les Etats qui ne se plieront pas aux règles du nouvel ordre économique. (…) La majeure partie du commerce mondial a lieu sans monnaie-papier, et seulement 10% des transactions financières quotidiennes correspondent à des échanges économiques dans le «monde réel». Les marchés financiers eux-mêmes constituent un système de création d’argent virtuel, de profit non-basé sur une création de richesses réelles. Cette création d’argent sans création de richesses économiques correspondantes est la définition même de la création artificielle de monnaie.» (3)

La dimension environnementale pourrait gripper la machine

L’auteur nous apprend qu’il n’y a que l’environnement qui pourrait freiner cette machine du diable non par une quelconque empathie envers la nature mais par l’atteinte des limites que l’overshoot day ( le jour du dépassement) nous alerte chaque année sur l’impossibilité d’assurer une production pour contenir la gabegie des puissants en terme d’énergie, d’eau et naturellement cela se paye par les convulsions climatiques qui font que les pays vulnérables sont en première ligne pour l‘ardoise à payer en terme économique mais aussi humain.

«Un système économique libéral, dont le but est la recherche du profit à court-terme pour des intérêts particuliers, ne peut prendre en compte les coûts à long terme tels que la dégradation de l’environnement. Si nos modèles économiques intégraient le coût réel de la destruction de la nature, de la pollution, des modifications climatiques, cela changerait radicalement notre estimation de ce qui est «rentable» et de ce qui ne l’est pas. La production de la nature a été évaluée à 55 000 milliards de dollars par an par un groupe de scientifiques de l’Institute for Ecological Economics de l’université du Maryland en 1997. La disparition de la nature est inévitable, car elle est voulue par le nouveau pouvoir économique. Pourquoi? pour trois raisons: La disparition de la nature et l’augmentation de la pollution vont rendre les individus encore plus dépendants du système économique pour leur survie (…). La contemplation de la beauté et de la perfection de cet ordre est subversive: elle amène l’individu à rejeter la laideur des environnements urbanisés, et à douter de l’ordre social qui doit demeurer la seule référence. L’urbanisation de l’environnement permet de placer les populations dans un espace totalement contrôlé, surveillé, et où l’individu est totalement immergé dans une projection de l’ordre social. Enfin, la contemplation de la nature incite au rêve et intensifie la vie intérieure des individus, développant leur sensibilité propre, et donc leur libre-arbitre. Ils cessent dès lors d’être fascinés par les marchandises. Délivrés de leurs chaînes, ils commencent à imaginer une autre société possible, fondée sur d’autres valeurs que le profit et l’argent. Tout ce qui peut amener les individus à penser et à vivre par eux-mêmes est potentiellement subversif. Le plus grand danger pour l’ordre social est la spiritualité car elle amène l’individu à bouleverser son système de valeurs et donc son comportement, au détriment des valeurs et comportements précédemment implantés par le conditionnement social. Pour la stabilité du «nouvel ordre social», tout ce qui peut stimuler l’éveil spirituel doit être éliminé.» (3)

Tout est dit, nous allons vers la robotisation du monde avec les promesses prévues par Orwell dans son fameux roman 1984. Il laissa pour la postérité cette fameuse phrase qui n’a pas pris une ride:  « A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. »

Les contre-pouvoirs pour résister

En son temps le forum brésilien de Porto Alegre avait apporté un vent d’espoir vite dissipé. Ce fut ensuite un peu partout les Indignés de Stéphane Hessel qui nous incitait à «nous indigner» en vain! Ce sera en France «Nuit Debout». Tous ces mouvements comme Podemos en Espagne qui se veulent une alternative au tout-marchand n’ont pas tenu la route. On voit comment Syriza est rentré dans le rang et les citoyens grecs n’en finissent pas de payer des dettes pour un argent qu’ils n’ont pas dépensé. Même en France le mouvement «la France insoumise» avec Jean-Luc Melenchon et qui a récolté près de 20% aux élections en France risque aussi de s’évanouir. L’auteur appelle à une coordination mondiale, une de plus dirions-nous:

«Pour ne pas être définitivement exclus du jeu, les contre-pouvoirs au pouvoir économique (syndicats, associations de consommateurs, mouvements écologistes) doivent répondre en se plaçant sur le même niveau d’organisation, au niveau mondial et non plus national, en unifiant et en synchronisant leurs actions, à l’échelle de groupes d’Etats pesant un poids suffisant dans les flux économiques mondiaux.» (3)

De fait, en Occident les citoyens se croient libres de dire et de faire ce qu’ils veulent. Rien n’est plus faux. Ils sont des esclaves consentants à qui «le divin marché» selon la belle expression du philosophe Dany Robert Dufour on donne l’illusion qu’il est en démocratie. Le regretté Coluche avait l’habitude de dire: «Dans les pays où les libertés sont réduites c’est: « Ferme ta gueule! », dans les pays dits démocrates, c’est « cause toujours ». Nous le voyons tous les jours avec cette mondialisation-laminoir qui flatte leurs ego en leur donnant le sentiment factice d’une hyper-puissance alors qu’en fait, ils sont des marionnettes conditionnées à dépenser, mais pas à penser. En toute logique, les combats ne sont pas entre faibles dans chaque pays, mais entre les faibles du monde et l’oligarchie qui le gouverne.

Dans cet ordre, l’essai de Thierry Meyssan Le monde tel qu’il est dépeint loin de l’idéal de la naïveté de chacun, loin de l’éthique tous les coups sont permis, même les plus bas. Comme l’écrit le chercheur canadien Marshall McLuhan: «Seuls les plus petits secrets ont besoin d’être protégés. Les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique.»

«Il décortique, nous dit François Xavier, les Printemps arabes vus de Paris, vécus par les Frères musulmans, et organisés depuis Washington. Révélateur de la duperie dans laquelle nous vivons, ce livre apportera surtout à ceux qui veulent prendre leur destin en main, les données indispensables pour comprendre ce qui se passe. Car il n’est pas joli-joli le mandat Sarkozy, et l’ombre du reniement face au peuple lors du référendum sur l’Europe n’est rien comparé à ce qu’il orchestra en Libye. Le témoignage de Walter E. Fauntroy, ancien membre du Congrès des États-Unis et ancien assistant de Martin Luther King Jr est glaçant: il a vu des soldats réguliers français et danois, aux côtés d’Al-Qaïda, décapiter des Libyens… Puis, le 5 septembre 2011, le président Sarkozy recevra le patriarche maronite, S. B. Béchara Raï, et lui expliquera sans détour que l’Empire va placer les Frères musulmans au pouvoir à Damas et qu’il faut songer à rapatrier les chrétiens d’Orient en France. Après la Libye, la Syrie… Ainsi il en va du monde moderne où les forces spéciales françaises (sous l’autorité du général Puga) aident les djihadistes à attaquer Maâloula, puis encadrent les takfiristes à Baba où ils proclament un Émirat islamique (…)».(4)

Cela a commencé comme documenté avec les révolutions brutales des pays pétroliers comme l’Iran – le premier ministre Mossagegh qui voulait contrôler les richesses nationales de l’Iran fit face à un coup d’état en bonne et due forme. Le Chah le démit et mit à sa place le général Zahedi plus conciliant avec l’Angleterre et les Etats Unis . Bien plus tard, Margareth Albright reconnaissait que c’était la CIA qui a été à la manœuvre. Ce sera ensuite, le Chili  qui vit un coup d’état fomenté par les Américains, car Allende voulait récupérer les richesses de son pays. Il en mourut.  C’était partout la démocratie aéroportée jusqu’en 2003, qui vit l’occupation de l’Irak, l’installation d’un vice roi  (administrateur général) en  la personne de Paul Bremer suivi de  la pendaison de  Saddam Hussein. Les Irakiens se déchirent encore et toujours, mais le pétrole coule à flot, direction les Etats Unis  d’Amérique.

Par la suite, le soft power a permit l’émergence des révolutions arabes qui emportèrent la Libye, son guide fut lynché, l’Egypte ; la Syrie que l’on veut à tout prix et comme le recommande  Kissinger la reshaper pour le plus grand bien d’Israël . Ce sera la Tunisie et sa révolution dite de jasmin . Ce sera la seule révolution mise en œuvre pour créer un chaos de plus chez les Arabes, et qui risque  contre toute attente des architectes du chaos ,de réussir du fait de la résilience du peuple tunisien.

En  fait la théorie du  chaos organisateur Ordo ab chaos   qui avait les préférences de Candy Rice en son temps, a été  mise en œuvre auprès des pays faibles . Le néo-libéralisme à la manœuvre  continue encore son travail destructeur des nations, notamment en créant la zizanie inter-pays  et bloc, comme c’est le cas de l’Alliance au vu et au su de tout le monde , de l’Arabie Saoudite et d’Israël –  Une ambassade saoudienne et en  construction en Israël – Cette alliance est notamment  en œuvre pour détruire le Yemen qui fait face en prime à une terrible épidémie de choléra.

En fait ce qui a été fait pour les pays faibles est en train de gagner les  faibles des pays  développés .A  partir des années 2005  apparurent les révolutions de couleur, en Géorgie, en Ukraine… Le chaos s’y est installé.  Cela ne suffit pas au néo-libéralisme  car après avoir laminé les peuples faibles  il s’occupe des démocraties des pays dits développés, l’objectif et d’arriver à terme à supprimer les Etats  en tant que tels pour n’avoir en face que des peuples consommateurs consentants avec des ersatz de liberté en fait   c’est un asservissement au marché. C’en est fini des solidarités et du rôle d’un Etat stratège de tous ses citoyens pauvres ou riches, qui assure un smic de dignité aux citoyens.

D’où viendrait le sursaut salvateur d’une prise de conscience de tous les hommes sous toutes sous toutes latitudes ? Suffit il de s’indigner ? Suffit -il de passer de veiller et de refaire le monde auprès d’un brasier , pour qu’il change  ?, En leur temps des hommes illustres ont payé de leurs vies cette utopie d’un monde plus juste ; d’un monde où le travail est un motif de fierté qui donne de la dignité. Je veux citer tous les Lumumba, Che Guevara, les Sankara Nous savons que tous les mouvements altermondialistes de Porto Allegre et d’ailleurs ont tenté en vain d’influer sur le cours des choses . Nous l’avons vu avec la loi El Khomry qui détricote les solidarités et marginalise les mouvements syndicaux, livrant le citoyen au bon vouloir des patrons. Ainsi Nuit Debout à Paris, Indignés, Occupy Wall Street… les mouvements spontanés qui se multiplient depuis l’an 2000 mais n’ont pas encore trouvé de vrai débouché politique.

A bien des égards ce qui va se passer en France est d’une certaine façon un laboratoire des confrontations de ce qui reste de la contestation avec un pouvoir acquis qui annonce la couleur.

Les certitudes des architectes du Nouvel ont toujours étaient clairs . Elle sont plus que jamais d’une brûlante réalité  Déjà en 1920 Paul Warburg Grand banquier, premier président du CFR en 1920 écrivait : « Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise ou non. La seule question sera de savoir si il sera créé par conquête ou par consentement » David Rockefeller le bien nommé parlait carrément de Nouvel Ordre inéluctable : « Nous sommes à la veille d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial » Sombres jours pour les sans dents du monde…

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger
1. http://fr.whatsupic.com/nouvelles-politiques-monde/1494415152.html
2.http://lesakerfrancophone.fr/une-catastrophe-mondiale-est-orchestree-par-les-elites-il-y-a-beaucoup-de-choses-que-le-president-ne-sait-pas
3.http://www.syti.net/Topics2.html
4.http://reseauinternational.net/thierry-meyssan-le-monde-tel-quil-est/#rTgLj9HGBTZPmx5t.99
Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/266810-la-fin-programmee-des-etats.html

Une vingtaine d’agents de la CIA neutralisé en Chine!

Le «New York Times», qui révèle l’affaire, évoque l’un des pires fiasco des services secrets américains.


C’est l’un des pires revers qu’ait connus les services secrets américains. Selon le New York Times, qui cite dix responsables américains encore en exercice ou pas, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, Pékin a systématiquement démantelé les efforts d’espionnage de la CIA en Chine à partir de 2010, tuant ou emprisonnant près d’une vingtaine de sources secrètes.

Encore aujourd’hui, les responsables des services secrets ne savent pas si les Etats-Unis ont été trahis par une taupe à l’intérieur de la CIA ou si les Chinois ont piraté le système utilisé par la CIA pour communiquer avec des sources étrangères. Il n’y a en revanche aucun doute sur les dégâts infligés à ce qui fut l’un des réseaux d’espionnage américains les plus productifs, selon le journal.

Au moins une dizaine de sources de la CIA ont été tuées entre fin 2010 et début 2012 et l’une de ces sources a même été abattue devant ses collègues pour avertir clairement quiconque aurait des activités d’espionnage. Au total, 18 à 20 sources de la CIA en Chine ont été tuées ou emprisonnées, selon deux anciens responsables américains cités par le New York Times.

Ces pertes sont comparables à celles occasionnées en Union soviétique et en Russie par la trahison des deux espions Aldrich Ames et Robert Hanssen, selon le journal.

Les services d’espionnage occidentaux ont traditionnellement eu des difficultés à développer leurs réseaux en Chine et en Russie. Après les pertes infligées à son réseau en Chine, la CIA a mené d’intenses recherches, enquêtant sur presque chaque employé de l’ambassade américaine à Pékin. Parallèlement, l’administration du président de l’époque Barack Obama s’interrogeait pour comprendre le ralentissement des informations en provenance de Chine.

Ces révélations interviennent alors que la CIA cherche à savoir comment certains de ses documents très sensibles ont été publiés voilà deux mois par WikiLeaks, tandis que le FBI enquête sur des liens éventuels entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou. La CIA comme le FBI se sont refusés à tout commentaire.

Source: Libération, le 21 mai 2017

Tir de missile nord-coréen : Xi et Poutine «préoccupés»

Tir de missile nord-coréen : Xi et Poutine «préoccupés»


La Russie et la Chine sont «préoccupées par l’escalade des tensions» constatée dans la péninsule coréenne après le tir d’un missile nord-coréen, en violation des résolutions de l’ONU.

La Corée du Nord a tiré le 14 mai un missile balistique qui a parcouru environ 700 kilomètres avant de s’abîmer en mer du Japon, selon l’armée sud-coréenne.

La richesse est le plus souvent une question de chance (mais ne le dites pas aux riches)

  11 mai 2017


Les histoires de self-made millionnaires qui ont construit leur richesse par le talent et le dévouement, ne sont guère qu’un mythe dans la plupart des cas, affirme Danny Dorling, un professeur de géographie à l’Université d’Oxford.

Il explique qu’en général, ce ne sont pas les mérites propres de ces personnes qui leur ont permis de s’enrichir. La plupart du temps, cette richesse leur a été transmise par d’autres personnes, et non créée. « La richesse peut se développer, mais seulement quand elle est bien partagée, et non accumulée entre les mains de quelques individus seulement », écrit Dorling. C’est ainsi que les taux de croissance de la richesse sont supérieurs dans les pays plus égalitaires.

Toutefois, c’est une notion que la plupart des riches ont du mal à admettre, surtout lorsqu’ils prennent de l’âge, rappelle Michael Lewis, un professeur de Princeton :

« Tandis qu’ils prennent de l’âge, et réussissent, les gens ressentent que leur succès était inévitable d’une certaine manière. Ils ne veulent pas reconnaître le rôle joué par le hasard dans leur vie. Il y a une raison pour cela : le monde ne veut pas l’admettre non plus ».

Le rêve américain est un mythe

Le rêve américain (car Lewis pensait essentiellement aux millionnaires américains), est donc un mythe, et ceux qui s’enrichissent sont rarement plus talentueux que les autres.

La plupart du temps, ils ont hérité d’une somme d’argent initiale qui leur a permis de s’enrichir. Très souvent, ils ont bénéficié d’avantages injustes, comme le fait d’être un homme, d’être de couleur blanche, et d’être né de parents riches.

Et Dorling de conclure :

« L’humanité ne consiste pas en quelques êtres supérieurs capables de faire les choses essentielles qu’ils ont besoin de faire, et d’une masse d’êtres inférieurs qui ne se sont pas révélés capables de les faire et qui devraient donc être pénalisés en conséquence ».

Corée du Sud: large victoire de Moon Jae-in à la présidentielle

Moon Jae-In, ancien avocat spécialisé dans les droits de l’homme, a confortablement remporté l’élection présidentielle en Corée du Sud, ce mardi 9 mai. Cette présidentielle anticipée avait été convoquée pour remplacer l’ex-présidente Park Geun-hye, emportée par un retentissant scandale de corruption.

Moon Jae-in


De nombreux électeurs ont profité de cette élection présidentielle anticipée pour dire leur colère, non seulement de la corruption d’une partie des élites, mais aussi de la vie chère et de l’augmentation du chômage.
Moon Jae-in, 64 ans, est un ancien avocat de défense des droits de l’homme et un ancien militant pro-démocratie. Ces activités lui ont valu la prison sous la dictature de Park Chung-hee, le père de la précédente présidente. Entré en politique tardivement en 2003, cet homme pragmatique mais peu éloquent était alors le chef de cabinet de l’ancien président coréen Roh Moo-hyun.

Changement de ton avec Pyongyang et Washington?

Après presque 10 ans de règne conservateur, la victoire de Moon Jae-in pourrait signifier un changement considérable de politique vis-à-vis de Pyongyang, mais aussi de l’allié et protecteur américain. En effet, il prône le dialogue avec la Corée du Nord afin de désamorcer les tensions et de l’inciter à revenir à la table des négociations. Il veut aussi plus de distance entre Séoul et Washington.

Dans un récent livre, le nouveau chef d’État écrivait que Séoul devait apprendre à dire « non » à Washington, plaidant pour des relations « plus justes et plus équilibrées » avec l’administration américaine.

Habitués à vivre avec la menace nord-coréenne, la question des programmes balistique et nucléaire de Pyongyang ne détermine pas le vote sud-coréen. La corruption et le ralentissement de la croissance sont en effet apparus comme les sujets de préoccupation majeurs. Ce résultat doit permettre à la société sud-coréenne de tourner la page après des mois de scandale, alors que Park Geun-hye attend désormais derrière les barreaux d’être jugée pour corruption et abus de pouvoir.

Candidat, il a promis de réduire le pouvoir économique détenu par les conglomérats familiaux sud-coréens, les « chaebols », dont les relations troubles avec le pouvoir politique ont à nouveau été exposées par le scandale Park.

Le THAAD en Corée du Sud prêt à intercepter les missiles nord-coréens

Le système antimissile américain, dont les premiers éléments sont arrivés en Corée du Sud début mars, est désormais capable d’intercepter les missiles de son voisin du Nord.

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Le bouclier antimissile THAAD en Corée du Sud a atteint la capacité opérationnelle nécessaire pour protéger le pays contre la menace nord-coréenne, selon des officiels américains cité par l’agence Reuters.

Le 7 mars dernier, Washington et Séoul avaient annoncé l’arrivée en Corée du Sud des premiers éléments du THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) censé contrer une éventuelle agression de Pyongyang.

Œuvre du géant américain de l’armement Lockheed Martin, le bouclier antimissile THAAD permet d’atteindre des missiles de longue-portée se trouvant dans un rayon de 200 km et à une altitude de 150 km. Cela rend possible la destruction d’engins balistiques dans la phase terminale de vol.

Selon l’agence Reuters, le coût de construction du bouclier THAAD est estimé à près de 886 millions de dollars, soit un peu plus de 810 millions d’euros.

Déploiement du THAAD en Corée: le favori à la présidentielle en prône la suspension

La campagne présidentielle en Corée du Sud est très marquée par le déploiement du système de défense antimissile américain THAAD, et le favori de la course Moon Jae-in, candidat du Parti démocrate (opposition), entend revoir cette décision, selon son état-major de campagne.

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Le principal favori de la course présidentielle en Corée du Sud, Moon Jae-in, candidat du Parti démocrate (opposition), estime que les États-Unis doivent suspendre immédiatement le déploiement de leur bouclier antimissile THAAD dans le pays, lit-on dans le communiqué de son état-major de campagne.

« Dès le début, Moon Jae-in a indiqué que la décision sur le déploiement du THAAD avait été adoptée au mépris des procédures démocratiques et devrait être revu par la prochaine administration de la République de Corée », lit-on dans le document.

Selon le candidat à la présidence, de telles décisions devraient être prises sur la base d’un consensus social et compte tenu des intérêts nationaux des deux parties.

« Comme cette décision touche sérieusement à la sécurité de notre pays et entraîne des dépenses supplémentaires, elle doit être ratifiée par l’Assemblée nationale, et la Constitution modifiée», stipule le texte.

Les sympathisants de Moon Jae-in relèvent par ailleurs que des appels à renoncer à l’accord de libre-échange entre Séoul et Washington en l’absence de consultations plein format entre les parties suscitent des questions sur la conformité à l’esprit de l’alliance américano-sud-coréenne.

En réponse à une déclaration du Président américain Donald Trump, selon laquelle la Corée du Sud devra financer la mise en place de ce bouclier destiné à la protéger d’éventuels tirs de missiles nord-coréens, l’état-major de campagne du candidat favori a demandé la « suspension immédiate » du déploiement du THAAD, en estimant qu’il revenait au prochain gouvernement de prendre une décision en la matière.

Selon le dernier sondage de Gallup Korea, réalisé du 25 au 27 avril, la candidature de Moon Jae-in à l’élection présidentielle du 9 mai prochain est soutenue par 40 % des électeurs, alors que son rival le plus proche Ahn Cheol-soo, candidat du Parti du peuple, n’est soutenu que par 24 % des sondés.

« J’informe Séoul qu’il serait opportun qu’il paie. C’est un système qui coûte un milliard de dollars », avait notamment déclaré en amont le Président américain Donald Trump, tout en ajoutant qu’il voulait renégocier l' »horrible » accord de libre-échange conclu en 2011 entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

Évoqué depuis des années, le déploiement du THAAD a été accéléré après de nouveaux essais nucléaires et balistiques de Pyongyang.

Le Pentagone menace d’abattre l’aviation Russe en Syrie


Vendredi 21 avril un porte-parole du Pentagone Jeff Davis avait relaté que des avions de combat américains avaient tenté d’intercepter des avions syriens pour protéger les « conseillers américains ». En réalité,  2 Su-24 syriens avaient attaqué les forces kurdes (formées par les forces spéciales américaines) dans la région de Hasaka et les forces américaines étaient intervenu pour les défendre. Elles sont arrivées trop tard, les chasseurs syrient étaient déjà repartis.

Ce lundi 24 avril, lors d’un point-presse Peter Cook au nom du Pentagone a mis en garde la Syrie et la Russie, indiquant que les Etats-Unis sont prêts à abattre les avions qui, selon Washington, menaceraient les « conseillers américains » présents dans le nord de la Syrie. (L’expression « conseillers américains » est employée par le Pentagone pour désigner les forces spéciales américaines.) Le porte-parole a indiqué «Il ne s’agit pas de ‘zones d’exclusion’ mais nous recommandons au régime syrien de rester loin des zones où il y a des forces de la coalition.»

En réponse à une question d’un journaliste, Cook a déclaré que les Etats-Unis interviendront également contre les avions russes: «S’ils menacent les forces américaines, nous avons toujours le droit de défendre nos forces armées» .

En leur temps, John Kerry et Hillary Clinton avaient souhaité la mise en place de « zones d’exclusion » mais le président Obama avait refusé.

Le haut commandement de l’armée arabe syrienne a répondu au Pentagone que les forces kurdes «répandent chaos et instabilité »dans la region et indiqué que l’armée syrienne continuera ses opérations. Moscou n’a pour le moment pas réagi de manière officielle.

Rappelons qu’à la différence des forces américaines, les forces Russes sont en Syrie avec l’accord du gouvernement syrien, sur sa demande.

Quand Washington perd le Nord en Corée

Quand Washington perd le Nord en Corée


L’administration Trump est-elle en train de découvrir l’(Extrême) Orient compliqué ?
Le nouveau président américain pensait peut-être qu’après un entretien téléphonique avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, l’annonce tonitruante du retrait du Traité transpacifique (TPP), une poignée de main ferme (et douloureuse) au Premier ministre japonais Abe Shinzo et une chanson traditionnelle chinoise interprétée par sa petite-fille devant un Xi Jinping visiblement peu impressionné, un discours musclé face à la Corée du Nord suffirait à faire de lui un dirigeant fort et résolument engagé en Asie-Pacifique. Mais la diplomatie asiatique est un jeu subtil et difficile, les déconvenues américaines s’y sont multipliées ces dernières années, et l’administration Trump ne semble pas bien armée pour faire face à la complexité des dossiers.Nous assistons pourtant depuis quelques semaines à une hausse des tensions entre Washington et Pyongyang, sur fond de rhétorique très agressive, et de visites à répétition de hauts responsables américains en Corée du Sud. D’abord le secrétaire à la Défense James Mattis, puis le Secrétaire d’État Rex Tillerson, et enfin le vice-président Mike Pence, Donald Trump n’ayant pour sa part pas encore effectué de visite à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir. A chaque fois, le ton est monté d’un cran. « L’ère de la patience stratégique est révolue », a ainsi annoncé depuis Séoul Mike Pence, comme pour signifier que la politique nord-coréenne de Washington va devoir changer. Mais que révèle ce soudain intérêt pour le dossier nord-coréen, sinon d’importantes carences dans l’appareil décisionnel de la politique étrangère américaine ?

Une inquiétante et coupable méconnaissance du dossier coréen

La Corée du Nord est le plus ancien ennemi des États-Unis encore debout. Bien avant que Castro ne prenne le pouvoir à La Havane, que l’Iran n’expérimente sa révolution islamique, que Saddam Hussein ne montre des crocs, ou que l’état-major américain découvre l’Afghanistan sur une carte du monde, la dynastie des Kim contrôlait déjà la moitié nord de la péninsule coréenne, avec un anti-américanisme à la mesure de ce régime totalitaire, et une guerre d’une rare violence entre 1950 et 1953. En clair, les membres de l’administration Trump ont toujours connu la Corée du Nord comme l’un des principaux ennemis des États-Unis, sorte de résilience de la Guerre froide, de résidu d’un monde que certains crurent révolu après la disparition de l’Union soviétique. Autant dire qu’il s’agit là d’un dossier connu, et pour lequel de multiples stratégies ont été envisagées, avec les résultats médiocres que l’on sait, et que la survie du régime de Pyongyang ne fait que rappeler à ceux qui l’oublieraient. Pourtant, la gestion du dossier nord-coréen par l’administration Trump met en relief une étonnante méconnaissance de la réalité de la péninsule. A moins que ce ne soit une « tactique », visant à modifier les rapports de force en jetant un pavé dans la mare. On peut en douter, tant il y a peu de suivi au-delà des déclarations.

Dans ces conditions, pourquoi cet intérêt soudain pour la dynastie des Kim ? Qui est le personnage qui a eu l’idée soudaine de hausser le ton face à Pyongyang ? Quel est ce Docteur Folamour au sein d’une administration qui ne semble pas très experte des questions asiatiques ? Parmi les conseillers au National Security Council (NSC) supposés apporter leur expertise sur le dossier nord-coréen et placés sous la direction du général McMaster, se trouve le général Joseph Dunford, surtout connu pour avoir servi en Afghanistan ; l’ancien sénateur d’Indiana Dan Coats qui n’a aucun antécédent sur l’Asie ; Christopher Ford, assistant-spécial sur les questions de non-prolifération nucléaire, qui a publié quelques travaux sur la Chine (mais pas sur la Corée) ; Matthew Pottinger, assistant-spécial sur l’Asie, ancien journaliste couvrant la Chine et Marine ayant servi en Afghanistan ; ou Victoria Coates, assistante-spéciale sur les questions stratégiques, ancienne consultante et conseillère de campagne de Ted Cruz. Parmi les autres membres du NSC légèrement plus expérimentés, mentionnons Kathleen McFarland (qui va devenir ambassadrice à Singapour) ou Dina Powell (plus connue pour ses antécédents économiques chez Goldman Sachs). Si on ajoute à cette liste les secrétaires (ministres) qui participent aux réunions du NSC, Mattis, Tillerson, et le Secrétaire à l’Énergie Rick Perry, en plus de Mike Pence et du clan Trump, force est de constater qu’il ne se dégage dans l’entourage du président américain pas un expert pointu de la Corée du Nord, ni même d’ailleurs des questions de prolifération et de contrôle des armements. C’est peut-être justement là le problème : après avoir essayé la fermeté sous l’administration Bush, puis le dialogue sous l’administration Obama, mais à chaque fois en imaginant des scénarii et en cherchant à percer les mystères de la Corée du Nord, la Maison-Blanche se risque au jeu du hasard. Si une telle approche des relations internationales peut, au détour d’un coup du sort, fonctionner dans certains cas, elle est très déplacée face à un adversaire qui a fait la démonstration de ses capacités de négociation et de chantage. Mais gageons que l’administration Trump va très vite faire l’apprentissage de ce qu’est l’énigme nord-coréenne. Mieux vaudrait en tout cas.

Les États-Unis déterminés, mais à quoi ?

« Toutes les options sont sur la table », « une action militaire n’est pas exclue », « le régime nord-coréen est sous étroite surveillance »… A plusieurs reprises au cours des dernières semaines, les responsables américains ont claironné leur détermination face à la Corée du Nord. Certes, la détermination est une vertu, à condition toutefois de savoir pourquoi elle est invoquée, ce qui n’est pas le cas ici. Ainsi, à quoi sont donc déterminés les membres de l’administration Trump ? A empêcher que la Corée du Nord ne se dote de l’arme nucléaire, alors que ce pays a procédé à cinq essais depuis 2006, narguant ainsi deux administrations américaines successives ? A éviter une guerre, alors que celle-ci n’est pas plus imminente aujourd’hui qu’hier, et que personne ne semble la souhaiter ? A renverser le régime, perpétuant ainsi les prophéties d’un autre âge des « experts » de la Corée du Nord à Washington qui, depuis 1991, nous en annoncent l’effondrement imminent et ne craignent pas le ridicule en revenant systématiquement à la charge ? Ou alors à éviter que Pyongyang ne se serve de son chantage nucléaire pour marchander sa survie, ce que le régime parvient à faire depuis plus de vingt ans (les accords de la KEDO remontent à 1994) ? Il y a lieu de s’interroger.

Dans tous les cas, il semble y avoir un grand écart entre la détermination et la capacité à la confirmer par des actes. Et cet écart traduit la difficulté de plus en plus grande qu’éprouvent les États-Unis à imposer leurs objectifs stratégiques dans le monde, et tout particulièrement en Asie. Les rapports de force ont évolué, et si Washington était il y a deux décennies au centre de toutes les attentions, et donc du règlement de tous les nœuds politico-stratégiques, l’émergence de la Chine s’est traduite par un retrait progressif. De quels leviers dispose ainsi désormais l’administration Trump face à la Corée du Nord ? Le régime des sanctions est un échec, la recherche du dialogue n’a jamais fonctionné, et l’option multilatérale est désormais (depuis 2003) entre les mains de Pékin. Dans ce contexte, peut-être faut-il dès lors entendre cette détermination comme une volonté farouche de vouloir rester présent sur un dossier qui échappe de plus en plus à Washington. Et l’histoire des relations internationales nous enseigne que quand une puissance sur le déclin, relatif mais réel, cherche à préserver ses acquis et réaffirmer son leadership, elle devient potentiellement déstabilisante. C’est le scénario auquel nous assistons actuellement.

A la recherche d’interlocuteurs légitimes

L’équipe Trump a désormais bien compris que la Corée du Sud est un allié. C’est déjà un premier pas, quand on se souvient que le candidat Trump considérait la possibilité de se désengager militairement de la péninsule (ce que les États-Unis firent une fois, en 1949, avec les conséquences qu’on connaît). Mais les conseillers du président américain ont sans doute oublié de mentionner que ce pays est confronté à une très grave crise politique, qui s’est soldée le mois dernier par la confirmation de la destitution de la présidente Park Geun-hye, qui est même désormais incarcérée en l’attente de son jugement pour corruption et confits d’intérêts. Il serait plus avisé pour James Mattis, Rex Tillerson et Mike Pence – et donc pour l’administration qu’ils représentent – d’attendre que l’élection présidentielle sud-coréenne livre son verdict que de s’afficher avec le président sud-coréen par intérim (ancien Premier ministre de Park et très hostile à la Corée du Nord) Hwang Kyo-ahn, qui n’a aucune crédibilité aux yeux de l’opinion publique sud-coréenne, et dont il convient de rappeler qu’il n’est pas élu. Et pourtant, c’est bien Hwang que les trois hommes ont rencontré successivement, comme pour lui afficher un soutien sans faille. Les Sud-Coréens vont désigner un nouveau président de la République en mai, et tourner définitivement la page de la présidence désastreuse de Park Geun-hye. D’ailleurs, le grand favori de cette élection est Moon Jae-in, candidat malheureux en 2012. Il souhaite renouer le dialogue avec Pyongyang mais aussi repenser la pertinence des missiles THAAD, que Madame Park avait choisi de déployer. Sur ces deux points, il semble peu en phase avec la ligne de l’administration Trump.

De quoi donc s’interroger sur la finalité des pressions américaines dans la péninsule, moins tournées vers Pyongyang que vers Séoul, et accessoirement vers Pékin, comme une doléance à prendre des initiatives. Si ces pressions sont assez logiques, voire légitimes, à l’égard de la Chine, elles ont de quoi surprendre dès lors qu’elles ciblent un allié historique des États-Unis. Conséquence, les manœuvres américaines ont tout pour inquiéter les Sud-Coréens, sans doute plus encore que les gesticulations de Pyongyang dont ils sont de toute façon familiers depuis que la péninsule est coupée en deux, et avec lesquelles ils ont depuis longtemps appris à vivre. Si l’administration Trump cherche des interlocuteurs légitimes et des alliés solides, elle devrait peut-être revoir sa copie dans les signaux qu’elle envoie actuellement à Séoul.

Un commandant en chef des forces armées privé de forces

Reste le problème lié aux moyens. Et une question qui blesse : mais où est donc passé l’USS Carl Vinson, ce porte-avion annoncé avec force par le président américain, et accessoirement commandant en chef des forces armées, comme faisant route vers la péninsule coréenne pour mettre la pression sur Pyongyang ? Aux dernières nouvelles, le bâtiment et la flottille l’accompagnant ont été aperçus dans le détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra, en route vers l’Océan indien, à environ 6 000 km au sud des côtes coréennes. Erreur de navigation, tentative de prendre la Corée du Nord par derrière (…) ? Non, tout simplement un ordre de mission respecté à la lettre, avec pour destination l’est de l’Océan Indien où il doit participer à des manœuvres navales avec la marine australienne. Il aurait depuis fait demi-tour, direction la Corée…

De deux choses l’une : soit Donald Trump bluffait quand il affirmait que le bâtiment se dirigeait vers la Corée, auquel cas il devrait s’assurer d’avoir de meilleures cartes dans son jeu avant de faire une annonce aussi risquée ; soit il ne savait pas de quoi il parlait. On ose à peine croire à cette seconde hypothèse, et pourtant. La rumeur enfle à Washington : les officiels du Pentagone n’ont pas osé signaler à leur président que l’USS Carl Vinson ne se dirigeait pas vers la Corée. Pour ne pas le contrarier ? Ou alors en se disant que l’affaire passerait inaperçue ? Le commandant en chef des forces armées ne serait ainsi pas informé de l’état et de la disponibilité des forces sur lesquelles il entend s’appuyer pour rendre sa politique étrangère et de défense crédible ? Voilà qui est, au-delà de l’amateurisme dans la gestion de cette nouvelle crise nord-coréenne, extrêmement inquiétant.

Cent jours après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, le constat est sans appel et soulève nécessairement de vives inquiétudes. Rarement la politique étrangère des États-Unis fut à ce point hésitante. Rarement la politique asiatique de Washington fut aussi peu pensée et coordonnée. Et jamais sans doute la politique coréenne d’une administration américaine ne fut à ce point marquée par un tel niveau d’incompétence, élevé au rang de doctrine. Il parait que le ridicule ne tue pas. Mais il peut en revanche être très blessant et laisser de profondes cicatrices, et c’est exactement ce que les hésitations coréennes de l’administration Trump risquent de provoquer.

L'auteur de cet article, Barthélémy Courmont

Barthélémy Courmont est maître de conférences à l’Université Catholique de Lille, Directeur de recherche à l’IRIS où il est responsable du pôle Asie-Pacifique, il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur les enjeux sécuritaires et les questions politiques en Asie orientale. Son dernier livre, Mémoires d’un champignon. Penser Hiroshima, est paru chez Lemieux éditeur.

Photo: Le vice-président américain Mike Pence en visite au village de Panmunjon dans la zone démilitarisée (DMZ) à la frontière de la Corée du Sud avec le Nord le 17 avril 2017. (Crédits : AFP PHOTO / JUNG Yeon-Je)

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