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Législatives au Japon: vers une large victoire de la coalition du Premier ministre

MM : Tu va le baissé ton poing de gonzesse toi!

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le 21 octobre 2017 à Tokyo / © AFP / Toshifumi KITAMURA
Le Premier ministre conservateur japonais Shinzo Abe a remporté dimanche une large victoire aux législatives anticipées, selon les premiers sondages, gagnant ainsi son pari d’obtenir un nouveau mandat à la tête de la troisième économie mondiale, sur fond de menaces nord-coréennes.

La coalition formée par le Parti libéral-démocrate (PLD, droite) de M. Abe et le parti Komeito (centre-droit) était en passe de remporter 311 sièges sur les 465 de la chambre basse, selon des estimations de la chaîne privée TBS, fondées sur les sondages de sortie des bureaux de vote diffusés après 20H00 (11H00 GMT).

Au pouvoir depuis fin 2012, après un premier exercice raté en 2006-2007, M. Abe pourrait ainsi rester aux commandes jusqu’en 2021 et atteindre le record de longévité d’un Premier ministre japonais.

Avant ces élections, sa coalition gouvernementale disposait de 318 sièges à la chambre basse du Parlement, mais des scandales à répétition avaient terni son image et faisaient courir le risque d’une défaite lors de législatives initialement prévues dans un an.

D’où la décision le mois dernier de M. Abe de déclencher des élections anticipées pour profiter d’une opposition morcelée, pendant qu’il était encore temps.

Avec sa nouvelle confortable majorité, il se trouvera encore davantage légitimé dans sa fermeté affichée vis-à-vis de la Corée du Nord, qui a déjà tiré deux missiles au dessus de l’archipel nippon. M. Abe est favorable à la position de l’allié américain consistant à maintenir « toutes les options » sur la table, sous-entendu y compris militaire, contre Pyongyang.

« Je soutiens la posture de Shinzo Abe de ne pas céder face à la pression nord-coréenne. Je veux qu’il continue à faire preuve de cette ferme volonté en coopérant avec les États-Unis et la Corée du Sud, c’est pour moi un point important dans cette campagne », a déclaré à l’AFP Yoshihisa Lemori, un patron d’entreprise qui a voté dimanche à Tokyo.

– Échec du Parti de l’espoir –

À l’issue d’une brève campagne de 12 jours centrée sur l’économie et la question nord-coréenne, des millions d’électeurs japonais ont bravé dimanche des pluies diluviennes à l’approche d’un puissant typhon.

Si les intempéries n’ont pas perturbé la logistique du scrutin, elles pourraient avoir favorisé l’abstention, bien qu’il soit possible au Japon de voter plusieurs jours à l’avance. Quelque 21,4 millions d’électeurs, sur environ 100 millions de Japonais en âge de voter, ont ainsi voté avant dimanche, un record.

Le Parti de l’espoir, récemment créé et dirigé par la charismatique gouverneure de Tokyo Yuriko Koike, devrait remporter 50 sièges, selon TBS. Soit moins que l’autre principale formation d’opposition, le Parti démocrate constitutionnel, qui gagnerait 58 sièges.

« Je crois que le résultat sera très sévère », a déclaré Mme Koike dimanche, après les premiers sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote, alors qu’elle se trouvait à Paris pour assister à une conférence internationale de maires engagés contre la pollution atmosphérique.

« Les raisons (de la défaite) devront être examinées ultérieurement, mais je dois m’excuser auprès des électeurs si mes mots et ma conduite les ont dérangés », a ajouté Mme Koike.

Elle est restée vague sur son avenir à la tête de la formation: « En tant que fondatrice du parti, je prendrai mes responsabilités. »

Cette femme de droite de 65 ans, une ex-vedette de la télévision au sens aigu de la communication, ancienne ministre de M. Abe et elle aussi nationaliste, a vu sa cote de popularité fondre en ne se présentant pas au Parlement, dans un pays où la Constitution impose que le Premier ministre soit choisi parmi les députés ou les sénateurs.

« Je pensais voter pour le Parti de l’espoir s’il était assez fort pour battre le gouvernement Abe. Mais ce parti s’est retrouvé dans la confusion (…) je suis assez déçue », a dit à l’AFP une retraitée de 80 ans, Kumiko Fujimori.

« La victoire du PLD est simplement due au fait que l’opposition n’a pas pu former un front uni », a commenté pour l’AFP le politologue Mikitaka Masuyama, de l’Institut national d’études politiques.

– Défis économiques –

La coalition de M. Abe serait donc en passe de maintenir sa majorité des deux tiers à la chambre basse, comme c’est déjà le cas au Sénat.

Il s’agit là d’une condition nécessaire pour convoquer un référendum proposant de réviser la Constitution pacifiste, dictée en 1947 par les États-Unis après la reddition du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dont l’article 9 consacre la renonciation « à jamais » à la guerre.

Un vœu cher aux nationalistes japonais qui soutiennent M. Abe, lui-même partisan d’une ligne dure face à la Corée du Nord.

Face au vieillissement de la population japonaise, à la déflation qui mine l’économie depuis deux décennies et à une croissance poussive, M. Abe défend par ailleurs sa politique de relance économique dite « abenomics », faite de largesses budgétaires et d’une politique monétaire consistant à alimenter le marché en liquidités.

(©AFP / 22 octobre 2017 15h01)

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Loss Aversion – Cut Losses Short & Let Winners Run

Le mot de Mustapha Menier :

Loss Aversion – Cut Losses Short & Let Winners Run


If you’ve been trading for a while, you’ve probably heard the following ubiquitous mantra of trading:
“Cut Your Losses Short & Let Your Winners Run”.

Why Should You?

Stocks can literally go to zero. It happened many times before and will happen in the future, regardless of how big the company is.
MANY oil and coal companies recently filed for chapter 11 bankruptcy and their stocks got delisted. You may also remember Lehman Brother and General Motors. What happens when your stock falls off a cliff and gets delisted? You simply lose all the money you invested in that stock.
Also, the other reason why it is so important to cut your losses while they’re still small, is for the simple arithmetic reason that it is more difficult to recoup your money after a loss.

For instance, let’s say you had $10,000. If you lose 50% of your money you’re left with $5,000. So with $5,000 left, just in order to get back to $10,000, you’ll have to make a profit of 100%!
Moral of the story: cut the hell out of your losses while they’re small.

What about letting your winners run?
Well given the fact that even the best of the best traders usually have a long term win/loss ratio of about 50% (meaning they’re right about 50% of the time), it is obvious that the only way to make money is to make much more when you win, than when you lose. So you should not only take trades that have the potential to generate a profit much larger than the potential loss, and you should ride the trade as long as the trade is making you money. A big winner will make up for all the small losses you’ll incur.

Why is it so difficult?
Although cutting your losses short and letting your winners run” may seem logical, it can be extremely difficult to follow when money is on the line. If it was easy, everybody would be making tones of money. But why is it so difficult?

The short answer is because of how our brain is wired.
Indeed, we, humans, have a very old brain which makes us prone to many cognitive biases. Those biases cause us to often act irrationally when faced with a stressful situation.
In trading, when we’re faced with the risk of losing money, one of the main cognitive bias we tend to suffer from is “Loss Aversion”, a concept that was demonstrated by psychologists and behavioral economists Amos Tversky and Daniel Kahneman.

Basically, “loss aversion” refers to our tendency to prefer avoiding losses rather than acquiring equivalent gains.
In other words, our nature dictates that we are more likely to let our losers run, in order to avoid taking a loss, and cut our winners short in order to avoid losing the small gain we have. Yes, that is the exact opposite of what we have to do in order to make money consistently in the markets.

Two of the cardinal sins of trading – giving losses too much rope and taking profits prematurely – are both attempts to make current positions more likely to succeed, to the severe detriment of long term performance” – William Eckhardt

There are many other cognitive biases that are at play when we trade such as the confirmation bias, the blind sport bias, the availability heuristic, the disposition effect, the gambler’s fallacy, the survivorship bias, … but we’ll talk about them in future posts.

How to put yourself in a position to respect these 2 rules

So what can we do in order to bypass our natural tendency to loss aversion and put ourselves in a position to make money?
Here are several strategies that can help you cut losses short & let winners run:

1- Have a clear trading strategy and plan every single trade

I know where I’m getting out before I get in” – Bruce Kovner

As soon as you have a well-defined strategy, you’ll be able to know where you’re going to sell before entering a trade. You’ll know your stop loss level, and then if the position starts being profitable, you’ll know exactly when and where you’ll move your stop (using, for instance, volatility stop, moving average cross, …).
If you don’t know where to sell prior to entering a trade, do NOT enter the trade. Period.

2- Be rational
When in a losing position, we’ll often rationalize that we still haven’t taken the loss as long as we haven’t sold, while hoping the stock will come back to our breakeven point – even though it sometimes never does.
Well, here is the reality: you ALREADY have the loss. Whether you call that a “paper” loss or a losing position, the loss is very real. If you needed the money right away, you wouldn’t be able sell the stock for the price you paid for.
Also in this type of situations, you start being married “til death do us part” to your position. But there are undoubtedly other better trades that will come along the way.
While what’s left of your money is stuck in that losing position, you could be missing on a huge winner that would have not only helped you recoup the money you lost but also made you a profit.
So staying in a losing position is a bit like getting a surgery from a surgeon who killed his last patient. In the same way as you would get a better surgeon, get rid of your losing position and wait for a better one.

3- Stop looking at your position all day long
The daily fluctuations can drive you absolutely crazy and will tempt you to deviate from your plan.

The market moves in ways that will consistently tempt you into believing you don’t need to follow your rule this time” – Mark Douglas

Once in a position, just stop looking at it and do something else until a real sell signal (as per your own rules) occurs.
Enter your stop loss in the system or setup an alert, and go enjoy life.

4- Stop looking at your P&L
If you really have to watch your positions from time to time, you should not watch the profit & loss amount or percentage.
You should watch the chart instead. Seeing dollar figures or percentage figures will accentuate your proneness to loss aversion.
Do NOT watch your P&L but watch only the chart instead. Just place your stop loss level on the chart, and when it’s hit, just sell accordingly.

Les élites n’ont plus aucune crédibilité.

« Nous vivons dans un monde ou les médecins détruisent la vie, les magistrats la justice, les universités la connaissance, la presse l’information, et les banques l’économie. »


David North : – Comment interprétez-vous cette fixation sur la Russie et toute cette réinterprétation de l’élection présidentielle comme si elle avait été manipulée par Poutine ?

Chris Hedges : – C’est aussi ridicule que pour les armes de destruction massive de Saddam Hussein. C’est une accusation absolument non fondée utilisée pour instiller cette idée très effrayante : les critiques du capitalisme d’entreprise et de l’impérialisme sont des agents étrangers travaillant pour la Russie.

Je ne doute pas que les Russes investissent temps, énergie et argent pour tenter d’influer sur les événements ayant cours aux États-Unis de manière à servir leurs intérêts, comme nous l’avons fait et le faisons encore en Russie et dans bien d’autres pays du monde. Je ne dis donc pas qu’il n’y a pas eu d’influence ou tentative d’influence sur certains événements.

Mais l’idée que les Russes aient pu faire basculer les élections en faveur de Trump est absurde. Tout cela est fondé sur l’affirmation non prouvée que la Russie a fourni les courriels piratés de Podesta à WikiLeaks, et que leur publication a poussé des dizaines, voir des centaines de milliers de partisans de Clinton à voter Trump. Cela n’a aucun sens. Soit ça, soit, selon le directeur du renseignement national, que Russia Today America, où j’anime une émission, a manipulé tout le monde pour qu’ils votent pour le Green Party.

Cette obsession pour la Russie est une tactique utilisée par l’élite dirigeante, en particulier le Parti démocrate, afin d’éviter de faire face à une réalité très désagréable : leur impopularité est le résultat de leur politique de désindustrialisation et de l’assaut contre les travailleurs et les pauvres de couleur. C’est le résultat d’accords commerciaux désastreux comme l’ALENA qui ont supprimé des emplois syndiqués bien rémunérés et les ont expédiés dans des endroits comme le Mexique, où les travailleurs sans avantages sociaux reçoivent 3 $ de l’heure. C’est le résultat de l’explosion d’un système d’incarcération de masse, entamé par Bill Clinton avec sa loi sur la criminalité de 1994, qui a entrainé le triplement et le quadruplement des peines d’emprisonnement. C’est le résultat de la réduction des services gouvernementaux de base, y compris, bien sûr, ceux du service de santé, que Clinton a éviscérés ; la déréglementation, une infrastructure en décomposition, qui touche même les écoles publiques, et l’évitement fiscal de facto par les entreprises. C’est le résultat de la transformation du pays en une oligarchie. La révolte nativiste de droite et l’insurrection avortée au sein du Parti démocrate ont du sens quand on voit ce qu’ils ont fait au pays.

Les forces de police ont été transformées en entités quasi militaires qui terrorisent les communautés marginales, où les gens ont été privés de tous leurs droits et sur qui on peut tirer en toute impunité. Plus de trois personnes sont tuées par jour, c’est un fait. L’État tire sur les pauvres gens de couleur ou les emprisonne comme une forme de contrôle social. Et il est tout disposé à employer la même forme de contrôle social sur n’importe quel autre segment de la population qui deviendrait rétive.

Le Parti démocrate, en particulier, conduit toute cette chasse aux sorcières russe. Il ne peut pas reconnaitre sa complicité dans la destruction de nos libertés civiles, mais rappelez-vous que l’attaque de Barack Obama contre les libertés civiles a été pire que celle de George W. Bush, et dans la destruction de notre économie et de nos institutions démocratiques.

Des politiciens comme les Clinton, Pelosi et Schumer sont des créations de Wall Street. C’est pourquoi ils ont été si virulents pour repousser les partisans de Sanders dans le Parti démocrate. Sans l’argent de Wall Street, ils n’auraient pas le pouvoir politique. Le Parti démocrate ne fonctionne pas comme un vrai parti. Il s’agit surtout de mobiliser une masse de gens et d’en faire un outil de relations publiques en agitation perpétuelle, tout cela financé par des grosses entreprises. La base du parti n’a pas vraiment son mot à dire dans sa direction ou la politique qu’il mène, comme l’ont découvert Bernie Sanders et ses partisans. Ils ne sont que des accessoires dans un théâtre politique stérile.

Les élites de ce parti, rongées par la cupidité, la myopie et un profond cynisme, ont une emprise mortelle sur le processus politique. Elles ne vont pas lâcher prise, même si tout doit imploser.

– Chris, vous avez travaillé pour le New York Times. Quand était-ce, exactement ?

– De 1990 à 2005.

– Puisque vous avez l’expérience de cette institution, quels changements y voyez-vous ? Nous savons qu’elle s’est faite un lectorat parmi la classe moyenne supérieure aisée.

– Le New York Times cible les 30 millions d’Américains formant la classe moyenne supérieure et les riches. C’est un journal national ; seul environ 11% de son lectorat réside à New York. Il est très facile de voir à qui s’adresse le Times en consultant ses sections spéciales sur l’immobilier, la mode, les affaires ou le tourisme. Ici, des articles expliquent la difficulté d’entretenir, par exemple, une deuxième maison dans les Hamptons. Il lui arrive de faire de bonnes enquêtes, bien que peu souvent. Il couvre les affaires étrangères. Il reflète essentiellement la pensée des élites. Je lis le Times tous les jours, peut-être pour équilibrer la lecture de votre site web.

– Eh bien, j’espère que nous lire fait plus que de l’équilibrer.

– Oui, c’est le cas. Le Times a toujours été une publication élitiste, mais il a complètement embrassé l’idéologie du néo-conservatisme et du néolibéralisme dans une période de détresse financière, quand Abe Rosenthal en était le rédacteur en chef. C’est lui qui a créé les sections spéciales s’adressant à l’élite. Et il a imposé une censure de facto pour exclure les critiques du capitalisme sans entraves et de l’impérialisme, tels que Noam Chomsky ou Howard Zinn. Il a harcelé des journalistes comme Sydney Schanberg, qui a défié les promoteurs immobiliers de New York, ou Raymond Bonner, qui a enquêté sur le massacre El Mozote au Salvador.

Il déjeunait chaque semaine, avec son éditeur, William F. Buckley. Cette bascule dans les bras des forces les plus rétrogrades du capitalisme d’entreprise et des partisans de l’impérialisme américain a, pendant un certain temps, permis au journal de devenir très rentable. Puis l’essor de l’internet, la perte d’annonces publicitaires, qui représentaient environ 40% de l’ensemble des revenus des journaux, ont touché le Times comme tous les autres. L’information papier a perdu le monopole qui autrefois reliait les vendeurs aux acheteurs. Les journaux sont piégés dans un vieux système d’information sur lequel ils collent une étiquette d’« objectivité » et d’« équilibre », des formules conçues pour cacher le fait qu’ils servent les puissants et les riches et obscurcissent la vérité. Mais, comme toutes les cours byzantines, le Times continuera à s’accrocher à son Saint Graal.

Le sérieux intellectuel du journal, en particulier la Revue des livres et la Revue de la semaine, a été dégradé par Bill Keller, lui-même un néocon, qui, en tant que chroniqueur, fut une des pom-pom girls de la guerre en Irak. Il a amené des personnages comme Sam Tanenhaus. À ce moment-là, le journal a embrassé, sans aucune dissidence, l’idéologie utopique du néolibéralisme et la primauté du pouvoir des grandes entreprises comme étant la voie inévitable du progrès humain. Le Times, comme les écoles de commerce, les départements d’économie des universités et les experts promus par le milieu des grosses entreprises, ont propagé l’idée absurde que nous serions tous mieux lotis si nous prosternions tous les secteurs de la société devant les exigences du marché. Il faut une sorte de stupidité incroyable pour y croire. On a vu des étudiants de la Harvard Business School faire des études de cas sur Enron et de son brillant business model, jusqu’à ce qu’Enron s’effondre et soit exposé comme une gigantesque escroquerie. En réalité cela n’a jamais été un débat d’idées. C’était juste de la pure cupidité. Elle a été imposée par des personnes soi-disant les mieux instruites parmi nous, comme Larry Summers, qui propageait le mensonge que notre déclin est dû à des niveaux d’instruction déficients. Il est surtout dû à une élite amorale et en faillite et aux institutions financières criminelles qui les ont rendus riches.

La pensée critique, sur la page opinion, la Revue de la semaine ou la Revue des livres, qui n’avait jamais été très pointue, s’est complètement évaporée sous Keller. La globalisation y était au-delà de toute critique. Le Times, comme toutes les institutions d’élite, est devenu une chambre d’écho hermétiquement scellée ; ils ne se rendent pas compte à quel point ils sont devenu ridicules et à coté de la plaque. Thomas Friedman et David Brooks pourraient tout aussi bien écrire pour The Onion.

Je travaillais à l’étranger. Je n’étais pas très présent dans la salle de rédaction, mais le journal est un endroit confit d’angoisse. Les règles ne sont pas écrites sur les murs, mais tout le monde connait, même si elle n’est pas clairement articulée, la devise non officielle du journal : ne pas s’aliéner de manière significative ceux sur qui nous dépendons pour l’argent et l’accès ! Vous pouvez quelquefois les critiquer. Mais si vous êtes un journaliste sérieux, comme Charlie Leduff ou Sydney Schanberg, qui veulent donner une voix à des gens qui n’en ont pas ou aborder les questions raciales, de classe, d’exploitation capitaliste ou d’empire, vous pouvez alors rapidement devenir un problème pour la direction et être expulsé. Ceux qui progressent dans ce type d’organisation et détiennent le pouvoir sont des carriéristes avérés. Leur loyauté est à la mesure de leur ambition et de la stature et la rentabilité de l’institution, ce qui explique pourquoi la hiérarchie du journal est remplie de gens médiocres. Le carriérisme est le plus grand talon d’Achille du journal. Il ne manque pas de talent. Mais il manque d’indépendance intellectuelle et de courage moral. Cela me rappelle Harvard.

– Revenons à cette histoire de piratage russe. Vous avez soulevé la capacité de générer une histoire, qui n’a absolument aucun fondement factuel, rien que des affirmations de diverses agences de renseignement, présentées comme une information ne pouvant être remise en question. Quelle est votre avis sur ce point ?

– Les réseaux d’informations télévisées, notamment CNN et MSNBC, ne font pas de journalisme, ou à peine. Leurs célèbres journalistes ne sont que des représentants de l’élite. Ils amplifient et spéculent sur les commérages de la cour, ce que sont toutes les accusations à propos de la Russie, et ils répètent ce qu’on leur dit de répéter. Ils sacrifient le journalisme et la vérité pour l’audience et le profit. Ces informations câblées constituent l’un des nombreux flux de revenus d’une structure d’entreprise. Ils sont en concurrence avec d’autres sources de revenus. Le directeur de CNN, Jeff Zucker, qui a aidé à créer la personnalité fictive de Donald Trump dans Celebrity Apprentice, a transformé la politique sur CNN en une émission de télé-réalité 24 heures sur 24. Toute nuance, ambiguïté, signification et profondeur, ainsi que tout fait vérifiable, sont sacrifiés pour un divertissement salace. Le mensonge, le racisme, la bigoterie et les théories du complot sont publiés et considérés comme de l’information sérieuse, souvent par des personnes dont le trait de caractère dominant est leur déséquilibre. C’est de l’information burlesque.

Je faisais parti de l’équipe d’enquête du New York Times pendant la période précédant la guerre en Irak. J’étais basé à Paris et couvrait al-Qaïda en Europe et au Moyen-Orient. Lewis Scooter Libby, Dick Cheney, Richard Perle et peut-être quelqu’un travaillant pour une agence de renseignement, allaient confirmer toute l’histoire que l’administration tentait de lancer. Les règles journalistiques du Times disent que vous ne pouvez pas publier un article basé sur une unique source. Mais si vous avez trois ou quatre sources prétendument indépendantes confirmant le même récit, alors vous pouvez y aller, c’est ce qu’ils ont fait. L’article n’a pas enfreint les règles enseignées à l’école de journalisme de Columbia, et malgré tout, ce qu’ils ont écrit était pur mensonge.

Tout l’exercice relevait du burlesque. La Maison Blanche allait raconter une histoire bidon à Judy Miller ou à Michael Gordon, puis ensuite déclarerait : « comme le Times le montre… ». Cela a permis de donner à ces mensonges le vernis de l’indépendance et du journalisme de renom. Ce fut un échec institutionnel massif, que le journal n’a jamais reconnu.

– La CIA invente l’histoire, puis le Times la vérifie auprès de ceux qui l’ont inventée.

– Ce n’est pas toujours inventé. Et cela n’est pas venu de la CIA. La CIA ne soutenait pas l’hystérie sur les « armes de destruction massive ».

– Ça marche aussi dans l’autre sens ?

– Bien sûr. Parce que si vous essayez d’avoir accès à un haut fonctionnaire, vous allez constamment faire des demandes, et ce sera ces fonctionnaires qui décideront quand ils veulent vous voir. Et quand ils veulent vous voir, c’est généralement parce qu’ils ont quelque chose à vous vendre.

– Le discours anti-russe des médias a été adopté par de larges portions de ce qui se présente comme la « gauche ».

– Eh bien, ne me lancez pas sur la gauche américaine. Tout d’abord, il n’y a pas de gauche américaine, pas de gauche digne de ce nom, qui comprenne les théories politiques ou révolutionnaires, qui soit imprégnée d’étude économique, qui comprend comment fonctionnent les systèmes de pouvoir, en particulier le pouvoir corporatif et impérial. La gauche est prise dans le même genre de culte de la personnalité qui afflige le reste de la société. Elle se concentre sur Trump, comme si Trump était le problème central. Trump est le résultat, le symptôme d’un système défaillant et d’une démocratie dysfonctionnelle, il n’est pas la maladie.

Si vous tentez de débattre de cela avec la plupart de ceux qui sont supposément de gauche, ils réduisent la discussion à cette vision caricaturale de la politique.

La gauche sérieuse dans ce pays a été décimée. Cela a commencé avec la suppression des mouvements radicaux sous Woodrow Wilson, puis les « Red Scares » dans les années 1920, quand ils ont pratiquement détruit notre mouvement syndical et notre presse radicale, puis toutes les purges des années 1950. Pour faire bonne mesure, ils ont purgé la classe libérale – regardez ce qu’ils ont fait à Henry Wallace – de sorte que les « libéraux » de la guerre froide assimilaient le capitalisme à la démocratie et l’impérialisme à la liberté. J’ai vécu en Suisse et en France. Il y a encore quelques restes d’une gauche militante en Europe, ce qui donne aux Européens une base sur laquelle s’appuyer. Mais ici, nous avons presque à recommencer de zéro.

Je me bats en permanence contre les Antifas et le Black Bloc. Je pense qu’ils sont une sorte de poster pour enfants pour ce que je considérerais comme une phénoménale immaturité politique. La résistance n’est pas une forme de catharsis personnelle. Nous ne combattons pas la montée du fascisme dans les années 1930. Les élites que nous devons renverser ont déjà le pouvoir. Et à moins que nous ne construisions un vaste mouvement de résistance populaire, qui exigera beaucoup de patience et d’organisation parmi les travailleurs et les travailleuses, nous allons être progressivement terrassés.

Trump n’est donc pas le problème. Mais cette phrase seule va tuer la plupart des discussions avec des gens qui se considèrent comme faisant partie de la gauche.

Le pouvoir des grandes entreprises rend très difficile de gagner sa vie si vous vous accrochez à cette critique radicale. Vous ne serez jamais titularisé. Vous n’obtiendrez probablement pas de rendez-vous académiques. Vous ne gagnerez pas de prix. Vous ne recevrez pas de subventions. Le New York Times, si même il décidait d’examiner votre livre, le remettrait à un mandarin dévoué comme George Packer pour qu’il le détruise, comme il l’a fait avec mon dernier livre. Les écoles d’élite, et j’ai enseigné en tant que professeur invité dans quelques-unes d’entre elles, Princeton et Columbia par exemple, reproduisent la structure et les objectifs des entreprises. Si vous voulez passer par un comité de doctorat, vous devez le jouer vraiment, vraiment, en toute sécurité. Vous ne devez pas contester la position favorable aux grandes entreprises qui imprègne l’institution et est imposée par des dons de celles ci et les diktats des riches anciens étudiants. La moitié des membres de la plupart de ces conseils d’administration devraient être en prison !

Au XVIIe siècle en Grande-Bretagne, la spéculation était un crime. Les spéculateurs étaient pendus. Aujourd’hui, ils dirigent l’économie et le pays. Ils ont accaparé les richesses pour détruire la vie intellectuelle, culturelle et artistique du pays et étouffer notre démocratie. Il y a un mot pour ces gens : des traîtres.

– Quel est, selon vous, l’impact de la politique identitaire aux États-Unis ?

– Eh bien, la politique identitaire montre bien l’immaturité de la gauche. Le pouvoir des grandes entreprises a adopté la politique identitaire. Nous avons vu où la politique identitaire nous a amenés avec Barack Obama, pire que nulle part. Il n’était, comme l’a dit Cornel West, qu’une mascotte noire pour Wall Street, et maintenant il donne des conférences très bien payées en récompense pour nous avoir vendus.

Mon anecdote préférée à propos de la politique identitaire : Cornel West et moi-même, ainsi que d’autres, avons dirigé une marche des sans-abris à la session de la Convention nationale démocrate, à Philadelphie. Il y avait un rassemblement cette nuit-là, des centaines de personnes, surtout des partisans de Bernie Sanders en colère. On m’avait demandé de venir y parler. Et dans l’arrière-salle, il y avait un groupe de jeunes militants qui disait : « Nous ne laisserons pas le Blanc parler en premier ». Puis l’un d’eux se leva et prononça un discours enjoignant tout le monde à voter pour Hillary Clinton. C’est en quelque sorte là où la politique d’identité vous mène. Il y a une grande différence entre les leurres qu’utilisent le capitalisme d’entreprise et l’impérialisme, comme Corey Booker et Van Jones, et de véritables militants comme Glen Ford et Ajamu Baraka. Le pouvoir des grandes entreprises sélectionne et encourage soigneusement les femmes ou les personnes de couleur qui vont servir de leurres, de masques, pour mieux cacher leur cruauté et leur exploitation des gens.

De toute évidence, il est extrêmement important que ces voix soient entendues, mais pas celles qui sont vendues à l’élite au pouvoir. Le mouvement féministe en est un parfait exemple. Le vieux féminisme, que j’admire, le genre de féminisme d’Andrea Dworkin, était d’autonomiser les femmes opprimées. Cette forme de féminisme n’a pas tenté de justifier la prostitution en tant que travail sexuel. Il savait qu’il est tout aussi injuste d’abuser d’une femme dans un atelier de misère que dans le commerce du sexe. La nouvelle forme de féminisme est un exemple du poison du néolibéralisme. Il s’agit d’avoir une femme PDG ou une femme présidente, qui, comme Hillary Clinton, servira les systèmes d’oppression. Cette forme de féminisme prétend que la prostitution n’est qu’une question de choix. Quelle femme, ayant un revenu stable et la sécurité, choisirait d’être violée pour gagner sa vie ? La politique identitaire est une non-politique.

– Je crois que vous avez parlé lors d’une conférence sur la Convergence socialiste où vous avez critiqué Obama et Sanders, et vous avez été hué.

– Ah oui ? Je ne m’en souviens même pas. J’ai été hué pour avoir critiqué Obama dans beaucoup d’endroits, y compris à Berkeley. J’ai dû supporter cela pendant longtemps en tant que supporter et auteur des discours de Ralph Nader. Les gens n’aiment pas que l’illusion qu’ils entretiennent pour leurs personnalités, leurs acteurs, leurs sauveurs politiques, soit brisée ; toutes des personnalités créées par les industries de relations publiques. Ils ne veulent pas faire le dur travail de comprendre vraiment comment le pouvoir fonctionne et de s’organiser pour le faire changer.

– Vous avez mentionné que vous lisiez le World Socialist Web Site depuis un certain temps. Vous savez que nous sommes tout à fait en dehors de ce cadre.

– Je ne suis pas marxiste. Je ne suis pas trotskiste. Mais j’aime le site. Vous faites des analyses sérieuses sur des questions importantes et d’une manière différente des autres sites. Vous vous souciez de choses qui sont importantes pour moi : l’incarcération de masse, les droits et les luttes de la classe ouvrière et les crimes de l’empire. Je suis depuis longtemps un lecteur du site.

– Une grande partie de ceux qui prétendent être de gauche, c’est-à-dire la pseudo-gauche, reflète les intérêts de la classe moyenne aisée.

– Précisément. Pendant que tout le monde est en train de plaider pour le multiculturalisme dans les institutions dirigeantes, cela signifie en réalité filtrer quelques personnes de couleur ou des femmes dans les départements universitaires ou les salles de rédaction, tout en lançant cet assaut économique contre les travailleurs pauvres et en particulier les pauvres de couleur vivant dans les poches désindustrialisées des États-Unis. Très peu de ces multiculturalistes arrivent à en prendre conscience. Je suis tout à fait pour la diversité, mais pas quand celle-ci est aux dépens de la justice économique. Cornel West a été l’un des grands champions, non seulement de la tradition prophétique noire, la plus importante tradition intellectuelle de notre histoire, mais aussi un appel au clairon pour la justice, sous toutes ses formes. Il ne peut y avoir de justice raciale sans justice économique. Et tandis que ces institutions élitistes incorporent quelques marionnettes symboliques dans leur hiérarchie, elles continuent à brutaliser la classe ouvrière et les pauvres, en particulier les pauvres de couleur.

Une grande partie de la gauche est trompée par le stratagème de la politique identitaire. C’est un activisme de boutiquier. Il permet au système des grosses entreprises, celui que nous devons détruire, de rester intact. Il lui donne même un visage amical.

– Revenons à la question de la Russie : où cela nous mène-t-il ? Cette atteinte aux droits démocratiques est-elle si sérieuse ? Nous appelons cela le nouveau maccarthysme. Est-ce, à votre avis, une analogie légitime ?

– Oui, bien sûr, c’est du maccarthysme nouveau. Mais reconnaissons à quel point nos voix sont presque inaudibles.

– Je ne suis pas d’accord avec vous là-dessus.

– Eh bien, non audible dans le sens où nous ne sommes pas entendus par la masse populaire. Quand je vais au Canada, je suis sur CBC aux heures de grande écoute. C’est la même chose en France. Cela n’arrive jamais ici. PBS et NPR ne vont jamais le faire. Ils ne vont pas non plus le faire pour tout autre critique sérieux du capitalisme ou de l’impérialisme.

S’il y a un débat sur l’attaque contre la Syrie, par exemple, le débat portera sur bombarder la Syrie ou bombarder la Syrie et envoyer des troupes, comme si c’était les deux seules options. De même avec les soins de santé. Allons-nous adopter Obamacare, une création de la Heritage Foundation, en ligue avec les industries pharmaceutique et les assurances, ou pas d’assurance santé ? Les soins de santé universels pour tous ne sont pas discutés. Nous sommes donc en marge. Mais cela ne signifie pas que nous ne sommes pas dangereux. Le néolibéralisme et la mondialisation sont des idéologies zombies. Elles n’ont plus de crédibilité. L’escroquerie a été découverte. Les oligarques mondiaux sont haïs et vilipendés. L’élite n’a aucun contre-argument face à notre critique. Ils ne peuvent donc pas se permettre de nous avoir dans leurs pattes. À mesure que l’élite du pouvoir deviendra plus effrayée, ils utiliseront des formes de contrôle plus sévères, y compris l’instrument contondant de la censure et de la violence.

– Je pense que cela peut être une grosse erreur de se concentrer sur le sentiment d’isolement ou de marginalisation. Je vais faire une prédiction. Vous aurez, probablement plus tôt que vous ne le pensez, plus de demandes d’interviews et de temps de télévision. Nous sommes dans une période de crise politique colossale. Nous allons voir de plus en plus l’émergence de la classe ouvrière comme force politique puissante.

– C’est pourquoi nous sommes une cible. Avec la banqueroute de l’idéologie dominante, la faillite de la classe libérale américaine et de la gauche américaine, ceux qui tiennent à la profondeur intellectuelle et à l’examen des systèmes de pouvoir, y compris dans l’économie, la culture et la politique, doivent être réduits au silence.

Chris Hedges

interviewé par David North – Le 6 octobre 2017 – Source Word Socialist Web Site :
http://www.wsws.org/en/articles/2017/10/06/hedg-o06.html

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

Chinese Miners Sell Hardware Amidst Regulatory Uncertainties

MM said : commies, if this shit gets cheap enough I’m buying a half dozen

Chinese Miners Sell Hardware Amidst Regulatory Uncertainties
Market. Capitalisation.
$ 100.07 Milliards

It has been reported that an increasing number of Chinese bitcoin miners are liquidating their hardware via second-hand trading platforms. Many of the miners are selling their equipment due to fears that China’s cryptocurrency crackdown may be intensified to target miners.

Many Listings for Undervalued Mining Hardware Have Emerged Following the Chinese Central Government’s Crackdown on Cryptocurrency Exchanges

Chinese Miners Sell Hardware Amidst Regulatory Uncertainties

One miner based in Wuhan is liquidating 50 motherboards at below market value via the Alibaba owned second-hand trading platform Xianyu. The listing stated the “boards were manufactured this June”, and have only been used “for two months”.

A Chinese miner has told reporters that he is selling his equipment in due to the looming threat Beijing may seek to further its crackdown on cryptocurrencies. The miner stated that he doesn’t “care about [the] bitcoin price anymore. There are too many regulat[ory] uncertainties. You know the government always adopts an interventionist approach in its economy. What if the authority one day suddenly announces that it’s illegal to hold coins? Now I just want to sell out all of my miners and ASICs. No more roller coasters in my life.”

Concerns pertaining to the threat of a Chinese crackdown on bitcoin mining are influencing the operations of industrial as well as retail mining entities. An anonymous source has alleged that Bitmain is transferring their mining operations overseas as a precautionary measure designed to evade any future regulatory hurdles that may arise in China.

Not Everyone in China Is Preparing for Regulators to Target Miners

Chinese Miners Sell Hardware Amidst Regulatory Uncertainties

A computer hardware retailer, Mr. Fu, told reporters that he is planning on stocking large quantities of GPUs and ASICs, expressing his expectation that the mining industry will continue to grow in future.

Chinese media outlet Caixin recently published an article that refutes the concerns pertaining to the Chinese government extending its cryptocurrency crackdown to target mining. The publication asserts that an anonymous source who is “close to regulators” have claimed the fears regarding a government attack on miners is “false.”

According to Caixin, an operator of a mining has stressed the benefits reaped by bitcoin mining to the Chinese economy as a deterrent against excessive regulatory interference. The source is cited as depicting bitcoin mining as a nascent boom export industry, stating that “domestic [miners]… mostly export to foreign countries, earn[ing] foreign [currency” that has “to come back into the yuan.”

Do you think that China’s bitcoin miners will be subject to further will continue to operate free from regulatory interference? Share your thoughts in the comments section below!

La Russie va lancer sa propre monnaie virtuelle, le CryptoRouble

Désireuse de réguler le marché des crypto monnaies sans pour autant ériger trop de barrières, la Russie s’apprête à lancer sa propre monnaie virtuelle : le CryptoRouble. C’est aussi l’occasion, pour elle, de devancer ses voisins européens, selon le ministre russe des télécommunications, Nikolaïi Nikiforov.

Alors que la Chine et la Corée du Sud ont récemment décidé d’interdire les levées de fonds liées à la crypto monnaie, la Russie s’apprête à lancer sa propre monnaie virtuelle, le CryptoRouble, comme le rapporte le site spécialisé CoinTelegraph.L’annonce a été officialisée par le ministre russe des télécommunications, Nikolaï Nikiforov : « Je peux affirmer avec certitude que nous lancerons le CryptoRouble pour une raison toute simple : si on ne le fait pas, d’ici deux mois, nos voisins de l’Eurasec[la communauté économique eurasiatique, disparue en 2015 mais dont l’union douanière est conservée] le feront. »

À défaut de pouvoir être minée — une pratique qui se répand de plus en plus sur le web –, le CryptoRouble sera échangeable contre des roubles sans frais. Sauf si leur propriétaire ne peut justifier de sa provenance : dans ce cas, une taxe de 13 % est imposée. Un moyen pour la Russie de limiter les dérives de la crypto monnaie sans pour autant proscrire les pratiques les plus populaires qui entourent cette économie.

bitcoin monnaie virtuelle bitcoins

OBJECTIF : RÉGULER SANS « ÉRIGER TROP DE BARRIÈRES »

L’annonce a été accueillie avec circonspection par de nombreux internautes, qui dénoncent une monnaie-fiat — une devise décrétée par un État. « Ce CryptoRouble n’est pas du tout une crypto monnaie. D’un point de vue matériel, ce n’est même pas une devise Internet puisque quasiment tout, de sa création à sa distribution en passant par son développement, n’a rien à voir avec les crypto monnaies disponibles » regrette ainsi l’un d’entre eux sur le site de CoinTelegraph.

Début octobre, Vladimir Poutine s’inquiétait ouvertement des potentielles dérives de ces monnaies virtuelles (blanchiment d’argent, évasion fiscale…) : « L’utilisation de crypto monnaie comporte de sérieux risques ». D’où son appel à créer un « espace réglementaire » sans pour autant « ériger trop de barrières ».

La solution prônée par le ministre des télécommunications semble assurer l’équilibre recherché tout en permettant potentiellement à la Russie de contribuer à la bonne santé de son économie en gardant la main sur cette crypto monnaie, le tout sans s’appuyer sur des devises étrangères. Aux Émirats arabes unis, Dubaï a pour sa part lancé sa propre crypto monnaie, l’EmCash, pour favoriser l’essor de la blockchain.

En 241 années d’existence, les Etats-Unis ont été en guerre 224 ans

 


Les Etats-Unis ont été en guerre 93% du temps de leur existence depuis leur création en 1776 c’est à dire 222 des 239 années de leur existence

Ci-dessous j’ai reproduit une chronologie année par année des guerres des Etats-Unis, ce qui révèle quelque chose de vraiment intéressant: Depuis que les Etats-Unis ont été fondés en 1776, ils ont été en guerre 214 ans sur les 235 ans de leur existence (NdT: texte de 2011, une mise à jour a été faire en fin d’article donnant le chiffre avancé). En d’autres termes, il n’y a que 21 années dans le calendrier durant lesquelles les Etats-Unis n’ont mené aucune guerre.

Pour mettre ceci en perspective:

  • Prenez n’importe quelle année au hasard depuis 1776 et il y a 91% (93% avec les chiffes ajustés à 2015) de chances que les Etats-Unis étaient impliqués dans une guerre au cours de cette année là.
  • Aucun président des Etats-Unis ne se qualifie vraiment comme étant un président de temps de paix. De fait, tous les présidents des Etats-Unis qui se sont succèdés peuvent être tous considérés comme des “présidents en guerre”.
  • Les Etats-Unis ne sont jamais restés une décennie complète sans être en guerre.
  • La seule fois où les Etats-Unis sont demeurés 5 ans sans être en guerre (1935-40) fut durant la période isolationniste de la Grande Dépression.

Chronologie année par année des guerres majeures dans lesquelles les Etats-Unis ont été impliqués (1776-2011)

1776 – American Revolutionary War, Chickamagua Wars, Second Cherokee War, Pennamite-Yankee War

1777 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Second Cherokee War, Pennamite-Yankee War

1778 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War

1779 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War

1780 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War

1781 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War

1782 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War

1783 – American Revolutionary War, Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War

1784 – Chickamauga Wars, Pennamite-Yankee War, Oconee War

1785 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War

1786 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War

1787 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War

1788 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War

1789 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War

1790 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War

1791 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War

1792 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War

1793 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War

1794 – Chickamauga Wars, Northwest Indian War

1795 – Northwest Indian War

1796 – Pas de guerre majeure

1797 – Pas de guerre majeure

1798 – Quasi-War

1799 – Quasi-War

1800 – Quasi-War

1801 – First Barbary War

1802 – First Barbary War

1803 – First Barbary War

1804 – First Barbary War

1805 – First Barbary War

1806 – Sabine Expedition

1807 – Pas de guerre majeure

1808 – Pas de guerre majeure

1809 – Pas de guerre majeure

1810 – U.S. occupies Spanish-held West Florida

1811 – Tecumseh’s War

1812 – War of 1812, Tecumseh’s War, Seminole Wars, U.S. occupies Spanish-held Amelia Island and other parts of East Florida

1813 – War of 1812, Tecumseh’s War, Peoria War, Creek War, U.S. expands its territory in West Florida

1814 – War of 1812, Creek War, U.S. expands its territory in Florida, Anti-piracy war

1815 – War of 1812, Second Barbary War, Anti-piracy war

1816 – First Seminole War, Anti-piracy war

1817 – First Seminole War, Anti-piracy war

1818 – First Seminole War, Anti-piracy war

1819 – Yellowstone Expedition, Anti-piracy war

1820 – Yellowstone Expedition, Anti-piracy war

1821 – Anti-piracy war (see note above)

1822 – Anti-piracy war (see note above)

1823 – Anti-piracy war, Arikara War

1824 – Anti-piracy war

1825 – Yellowstone Expedition, Anti-piracy war

1826 – Pas de guerre majeure

1827 – Winnebago War

1828 – Pas de guerre majeure

1829 – Pas de guerre majeure

1830 – Pas de guerre majeure

1831 – Sac and Fox Indian War

1832 – Black Hawk War

1833 – Cherokee Indian War

1834 – Cherokee Indian War, Pawnee Indian Territory Campaign

1835 – Cherokee Indian War, Seminole Wars, Second Creek War

1836 – Cherokee Indian War, Seminole Wars, Second Creek War, Missouri-Iowa Border War

1837 – Cherokee Indian War, Seminole Wars, Second Creek War, Osage Indian War, Buckshot War

1838 – Cherokee Indian War, Seminole Wars, Buckshot War, Heatherly Indian War

1839 – Cherokee Indian War, Seminole Wars

1840 – Seminole Wars, U.S. naval forces invade Fiji Islands

1841 – Seminole Wars, U.S. naval forces invade McKean Island, Gilbert Islands, and Samoa

1842 – Seminole Wars

1843 – U.S. forces clash with Chinese, U.S. troops invade African coast

1844 – Texas-Indian Wars

1845 – Texas-Indian Wars

1846 – Mexican-American War, Texas-Indian Wars

1847 – Mexican-American War, Texas-Indian Wars

1848 – Mexican-American War, Texas-Indian Wars, Cayuse War

1849 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians

1850 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Yuma War, California Indian Wars, Pitt River Expedition

1851 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, Yuma War, Utah Indian Wars, California Indian Wars

1852 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Yuma War, Utah Indian Wars, California Indian Wars

1853 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Yuma War, Utah Indian Wars, Walker War, California Indian Wars

1854 – Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians

1855 – Seminole Wars, Texas-Indian Wars, Cayuse War, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Yakima War, Winnas Expedition, Klickitat War, Puget Sound War, Rogue River Wars, U.S. forces invade Fiji Islands and Uruguay

1856 – Seminole Wars, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, California Indian Wars, Puget Sound War, Rogue River Wars, Tintic War

1857 – Seminole Wars, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, California Indian Wars, Utah War, Conflict in Nicaragua

1858 – Seminole Wars, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Mohave War, California Indian Wars, Spokane-Coeur d’Alene-Paloos War, Utah War, U.S. forces invade Fiji Islands and Uruguay

1859 Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, California Indian Wars, Pecos Expedition, Antelope Hills Expedition, Bear River Expedition, John Brown’s raid, U.S. forces launch attack against Paraguay, U.S. forces invade Mexico

1860 – Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Paiute War, Kiowa-Comanche War

1861 – American Civil War, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Cheyenne Campaign

1862 – American Civil War, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Cheyenne Campaign, Dakota War of 1862,

1863 – American Civil War, Texas-Indian Wars, Southwest Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Cheyenne Campaign, Colorado War, Goshute War

1864 – American Civil War, Texas-Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Cheyenne Campaign, Colorado War, Snake War

1865 – American Civil War, Texas-Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Colorado War, Snake War, Utah’s Black Hawk War

1866 – Texas-Indian Wars, Navajo Wars, Apache Wars, California Indian Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Snake War, Utah’s Black Hawk War, Red Cloud’s War, Franklin County War, U.S. invades Mexico, Conflict with China

1867 – Texas-Indian Wars, Long Walk of the Navajo, Apache Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Snake War, Utah’s Black Hawk War, Red Cloud’s War, Comanche Wars, Franklin County War, U.S. troops occupy Nicaragua and attack Taiwan

1868 – Texas-Indian Wars, Long Walk of the Navajo, Apache Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Snake War, Utah’s Black Hawk War, Red Cloud’s War, Comanche Wars, Battle of Washita River, Franklin County War

1869 – Texas-Indian Wars, Apache Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Utah’s Black Hawk War, Comanche Wars, Franklin County War

1870 – Texas-Indian Wars, Apache Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Utah’s Black Hawk War, Comanche Wars, Franklin County War

1871 – Texas-Indian Wars, Apache Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Utah’s Black Hawk War, Comanche Wars, Franklin County War, Kingsley Cave Massacre, U.S. forces invade Korea

1872 – Texas-Indian Wars, Apache Wars, Utah’s Black Hawk War, Comanche Wars, Modoc War, Franklin County War

1873 – Texas-Indian Wars, Comanche Wars, Modoc War, Apache Wars, Cypress Hills Massacre, U.S. forces invade Mexico

1874 – Texas-Indian Wars, Comanche Wars, Red River War, Mason County War, U.S. forces invade Mexico

1875 – Conflict in Mexico, Texas-Indian Wars, Comanche Wars, Eastern Nevada, Mason County War, Colfax County War, U.S. forces invade Mexico

1876 – Texas-Indian Wars, Black Hills War, Mason County War, U.S. forces invade Mexico

1877 – Texas-Indian Wars, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Black Hills War, Nez Perce War, Mason County War, Lincoln County War, San Elizario Salt War, U.S. forces invade Mexico

1878 – Paiute Indian conflict, Bannock War, Cheyenne War, Lincoln County War, U.S. forces invade Mexico

1879 – Cheyenne War, Sheepeater Indian War, White River War, U.S. forces invade Mexico

1880 – U.S. forces invade Mexico

1881 – U.S. forces invade Mexico

1882 – U.S. forces invade Mexico

1883 – U.S. forces invade Mexico

1884 – U.S. forces invade Mexico

1885 – Apache Wars, Eastern Nevada Expedition, U.S. forces invade Mexico

1886 – Apache Wars, Pleasant Valley War, U.S. forces invade Mexico

1887 – U.S. forces invade Mexico

1888 – U.S. show of force against Haiti, U.S. forces invade Mexico

1889 – U.S. forces invade Mexico

1890 – Sioux Indian War, Skirmish between 1st Cavalry and Indians, Ghost Dance War, Wounded Knee, U.S. forces invade Mexico

1891 – Sioux Indian War, Ghost Dance War, U.S. forces invade Mexico

1892 – Johnson County War, U.S. forces invade Mexico

1893 – U.S. forces invade Mexico and Hawaii

1894 – U.S. forces invade Mexico

1895 – U.S. forces invade Mexico, Bannock Indian Disturbances

1896 – U.S. forces invade Mexico

1897 – Pas de guerre majeure

1898 – Spanish-American War, Battle of Leech Lake, Chippewa Indian Disturbances

1899 – Philippine-American War, Banana Wars

1900 – Philippine-American War, Banana Wars

1901 – Philippine-American War, Banana Wars

1902 – Philippine-American War, Banana Wars

1903 – Philippine-American War, Banana Wars

1904 – Philippine-American War, Banana Wars

1905 – Philippine-American War, Banana Wars

1906 – Philippine-American War, Banana Wars

1907 – Philippine-American War, Banana Wars

1908 – Philippine-American War, Banana Wars

1909 – Philippine-American War, Banana Wars

1910 – Philippine-American War, Banana Wars

1911 – Philippine-American War, Banana Wars

1912 – Philippine-American War, Banana Wars

1913 – Philippine-American War, Banana Wars, New Mexico Navajo War

1914 – Banana Wars, U.S. invades Mexico

1915 – Banana Wars, U.S. invades Mexico, Colorado Paiute War

1916 – Banana Wars, U.S. invades Mexico

1917 – Banana Wars, World War I, U.S. invades Mexico

1918 – Banana Wars, World War I, U.S invades Mexico

1919 – Banana Wars, U.S. invades Mexico

1920 – Banana Wars

1921 – Banana Wars

1922 – Banana Wars

1923 – Banana Wars, Posey War

1924 – Banana Wars

1925 – Banana Wars

1926 – Banana Wars

1927 – Banana Wars

1928 – Banana Wars

1930 – Banana Wars

1931 – Banana Wars

1932 – Banana Wars

1933 – Banana Wars

1934 – Banana Wars

1935 – Pas de guerre majeure

1936 – Pas de guerre majeure

1937 – Pas de guerre majeure

1938 – Pas de guerre majeure

1939 – Pas de guerre majeure

1940 – Pas de guerre majeure

1941 – World War II

1942 – World War II

1943 – Wold War II

1944 – World War II

1945 – World War II

1946 – Cold War (U.S. occupies the Philippines and South Korea)

1947 – Cold War (U.S. occupies South Korea, U.S. forces land in Greece to fight Communists)

1948 – Cold War (U.S. forces aid Chinese Nationalist Party against Communists)

1949 – Cold War (U.S. forces aid Chinese Nationalist Party against Communists)

1950 – Korean War, Jayuga Uprising

1951 – Korean War

1952 – Korean War

1953 – Korean War

1954 – Covert War in Guatemala

1955 – Vietnam War

1956 – Vietnam War

1957 – Vietnam War

1958 – Vietnam War

1959 – Vietnam War, Conflict in Haiti

1960 – Vietam War

1961 – Vietnam War

1962 – Vietnam War, Cold War (Cuban Missile Crisis; U.S. marines fight Communists in Thailand)

1963 – Vietnam War

1964 – Vietnam War

1965 – Vietnam War, U.S. occupation of Dominican Republic

1966 – Vietnam War, U.S. occupation of Dominican Republic

1967 – Vietnam War

1968 – Vietnam War

1969 – Vietnam War

1970 – Vietnam War

1971 – Vietnam War

1972 – Vietnam War

1973 – Vietnam War, U.S. aids Israel in Yom Kippur War

1974 – Vietnam War

1975 – Vietnam War

1976 – Pas de guerre majeure

1977 – Pas de guerre majeure

1978 – Pas de guerre majeure

1979 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan)

1980 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan)

1981 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua), First Gulf of Sidra Incident

1982 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua), Conflict in Lebanon

1983 – Cold War (Invasion of Grenada, CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua), Conflict in Lebanon

1984 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua), Conflict in Persian Gulf

1985 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua)

1986 – Cold War (CIA proxy war in Afghanistan and Nicaragua)

1987 – Conflict in Persian Gulf

1988 – Conflict in Persian Gulf, U.S. occupation of Panama

1989 – Second Gulf of Sidra Incident, U.S. occupation of Panama, Conflict in Philippines

1990 – First Gulf War, U.S. occupation of Panama

1991 – First Gulf War

1992 – Conflict in Iraq

1993 – Conflict in Iraq

1994 – Conflict in Iraq, U.S. invades Haiti

1995 – Conflict in Iraq, U.S. invades Haiti, NATO bombing of Bosnia and Herzegovina

1996 – Conflict in Iraq

1997 – Pas de guerre majeure

1998 – Bombing of Iraq, Missile strikes against Afghanistan and Sudan

1999 – Kosovo War

2000 – Pas de guerre majeure

2001 – War on Terror in Afghanistan

2002 – War on Terror in Afghanistan and Yemen

2003 – War on Terror in Afghanistan, and Iraq

2004 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen

2005 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen

2006 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen

2007 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, Somalia, and Yemen

2008 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen

2009 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen

2010 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, and Yemen

2011 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Pakistan, Somalia, and Yemen; Conflict in Libya (Libyan Civil War)

Dans la vaste majorité de ces guerres, les Etats-Unis furent à l’offensive. Danios admet que quelques unes de ces guerres furent défensives ; mais il laisse aussi de côté toutes les opérations secrètes de la CIA renversant des régimes (la liste est longue) et d’autres actes qui pourraient aussi être considérés comme actes de guerre.

2012 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Somalia, Syria and Yemen

2013 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Somalia, Syria and Yemen

2014 – War on Terror in Afghanistan, Iraq, Somalia, Syria and Yemen; Civil War in Ukraine

2015 – War on Terror in Somalia, Syria and Yemen; Civil War in Ukraine

2016 – War on Terror in Somalia, Syria and Yemen

2017 – War on Terror in Somalia, Syria and Yemen

Donc, nous pouvons ajouter 4 années supplémentaires de guerre. Ceci veut dire 222 sur 239 ou 93% du temps, les Etats-Unis ont été en guerre. (On peut pinailler sur le chiffre exact, mais le haut pourcentage de temps où les Etats-Unis ont été en guerre est clair et sans erreur possible…)

En fait, quasiment toutes les opérations militaires qui ont été lancées depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l’ont été par les Etats-Unis.

De plus, les dépenses militaires des Etats-Unis (NdT: son budget de “l’offensive” pour son ministère de l’offensive…) écrasent celles de toutes les autres nations du monde mises ensemble.

Pas étonnant donc que le monde pense de manière dominante que les Etats-Unis sont la menace mondiale #1 pour la paix globale.

Source: Infowars

Damas étale les armes occidentales prises aux terroristes

Le mot de M. Menier : Bien entendu ceci est un secret de polichinelle… en plus des armes, ils ont eu accès à des données satellites ce qui facilita grandement leurs réussites sur les armées Syrienne et Irakienne au moins au début de la guerre, ils ont disposé en outre de d’autres divers avantages de la part de l’axe du bien, de tous ces diables propres sur eux et de leurs populations de décérébrés apathiques, perméables à la propagande tel des


Les combattants de Daech et du Front al-Nosra ont reçu des roquettes, des mitrailleuses, des armes antiaériennes et même des chars en échange du pétrole volé en Syrie et en Irak, affirme le ministère syrien de la Défense.

Le ministère syrien de la Défense a publié une vidéo dans laquelle sont présentées les armes prises aux membres de diverses organisations terroristes opérant dans le pays, dont Daech et le Front al-Nosra. Dans le rapport qui accompagne ce document, il est précisé que la plupart de ces armes ont été fabriquées aux États-Unis ou dans des pays alliés, relate l’agence SANA.

Selon le ministère, les armes en question ont été livrées aux terroristes par divers canaux et sociétés installées en Europe de l’Est et ayant des liens avec les services de reconnaissance américains et otaniens. Ces armes sont arrivées sur le territoire syrien «depuis des ports européens et la base aérienne de Ramstein en Allemagne via la Turquie et l’Arabie saoudite», précise le ministère.

Les terroristes recevaient «des roquettes, des fusils d’assaut, des mitrailleuses, des armes antiaériennes et même des chars en échange du pétrole qu’ils volaient des puits en Syrie comme en Irak», indique le rapport.

Le ministère accuse Washington d’utiliser en Syrie la tactique déjà éprouvée en Afghanistan dans les années 1980, lorsque les armes envoyées par les États-Unis et l’Arabie saoudite au renseignement pakistanais finissaient par tomber entre les mains des Talibans.

Toujours d’après la partie syrienne, Israël est également responsable de la livraison de «divers types d’armes» aux djihadistes du Front al-Nosra et d’autres groupes terroristes actifs en Syrie.

Lucien Chen join the TRON

Le mot de M. Menier : Actuellement disponible sur la salle de marché Liqui.io à un prix très intéressant, je vous garanti une plus-value mirobolante fin 2018.

Lucien Chen TRON

Lucien Chen a déclaré: «Je pense que la blockchain est la base de tous les développements technologiques futurs, et le projet TRON est le point de départ de la future scène du divertissement en ligne. Je suis impatient de grandir avec TRON et de travailler ensemble pour créer un nouveau monde. »

Previously, Chen has worked for Tencent

announced the hiring of renown Big Data expert Lucien Chen, who will join the TRON team, effective immediately.The Singapore-based TRON Foundation and has Alibaba, and has officially joined the TRON team as Technical Lead, responsible for the main chain development of TRON. Chen will make the coordinated plan for TRON’s global technical teams and arrange all project development schedules.

Lucien Chen has served in many first-tier Internet companies, such as Netease (NASDAQ:NTES), Youdao, Tencent (00700.HK), Qihoo 360(NASDAQ:QIHU) and SM search (Alibaba P8 +). With capabilities of developing million-level system architecture, Chen has rich experience in big data, advertising algorithms, DMP systems, BT systems, CTR platforms and high concurrent system framework designs.

Chen also has proven experience in operations,strategicplanning and business integration, plus a deep understanding of cryptography, following and investing in Bitcoin from an early stage.

Lucien Chen said, « I believe that the blockchain is the base for all future technological developments, and the TRON project is the starting point for the future online entertainment scene. I am looking forward to growing with TRON, and working together to create a new world.”

Justin Sun, the founder of TRON, said, “Mr. Chen has an excellent occupational background and profound professional expertise. His technical strength and knowledge will help TRON reach its professional goals according to the challenging timescales we have set. I believe that with Mr. Chen leading our team, TRON will live up to the expectations of our supporters.

TRON is a blockchain-based decentralized protocol that aims to construct a worldwide free content entertainment system, complete with distributed storage technology. The protocol allows each user to freely publish, store and own their own data. As the TRON blockchain is in an autonomous form, the platform decidesthedistribution,subscription and push of content, thus forming a decentralized content entertainment ecosystem.

TRON was founded by Justin Sun, the former Chief Representative of Ripple in Greater China, and according to coinmarketcap.com, the authoritative virtual currency information website, the total market value of TRON official tokens (TRX) has ranked in the Top 40 with a value of more than $160 million.


IN TRON WE TRUST

Article spécialement relayé pour mes lecteurs des USA, ravi de voir que vous semblez apprécier mon journal, je vous livre ici ma (précieuse) recommandation, nul doute que vous saurez en tirez profit et ainsi remercier gracieusement – peut-être – votre généreux prescripteur.

Sans titre

Adresse BTC : 1GNFdasNmuc33wndXpps6e5d9trND9GHHp

 

 

 


Could This Millennial ‘Crypto’ Tech Visionary Be The Next Jack Ma?

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There are not many people who are truly believed to be the ‘next Jack Ma’, founder and executive chairman of Alibaba. Enter, stage right, Justin Sun, an ingenious visionary with the determination to make his businesses global game changers. Now could he really be the next Jack Ma in the making?

Sun is the founder and CEO of TRON, a blockchain-based and open-source platform for the global digital entertainment industry, with an upcoming Initial Coin Offering (ICO) scheduled for this September.

TRON has already transcended Bitcoin and Ethereum to become the first smart contract blockchain protocol with over 10 million (m) wallet users in the world.

As a decentralized digital entertainment protocol based on the blockchain, TRON enhances digital entertainment platforms around the world, including live shows, social networks, online casinos and games as well as mobile games, by providing functions of payment, development, storage and credit sharing.

And, there was me thinking of the 1982 sci-fi action film ‘Tron’ starring Jeff Bridges as a computer programmer transported inside the software world of a mainframe computer, where he interacts with programs in his effort to escape.

Fast forward and now for the first time in history, TRON introduces the concept of the shared economy into the digital entertainment. It puts texts, pictures, videos and live broadcasts in distributed storage with the users on the platform being content producers.

Justin Sun CEO and Founder of Chinese blockchain-based and open-source platform TRON.

The protocol used by TRON currently enables the digital entertainment content providers to interact with ordinary users to what is touted as an unprecedented level – without having to pay a high price for Google Play, Apple Store and other distribution platforms.

Interest in TRON is running on high as it is already showing the same magnitude and growth path as Chinese e-commerce giant Alibaba, gaining the financial backing and seals of approval from some of the biggest business names in the world. Well, in China to be precise.

The list of protagonists include Tang Binsen, the founder of Clash of Kings; Dai Wei, the founder and CEO of OFO bike, one of the largest sharing economy companies in China; Chaoyong Wang, founder of China Equity Group, one of the largest investment groups in China with market value of over $2 billion (bn); Yin Mingshan, LiFan group founder and one of the largest motor manufacturers in China; Yang Linke, the founder of BTCC.com.

They are joined by Xue Manzi, one of the most famous Angel Investors in China, Huobi.com and Jubi.com amongst others.

The global market for digital entertainment products has been estimated according to various sources to be worth approximately $1 trillion, split between lifestyle ($200bn), online betting ($500bn), online gaming (c.$100bn) and information sharing ($100bn).

Sun, who has appeared among the ranks of the Forbes China « 30 under 30 » in both 2015 and 2017 plus Forbes Asia « 30 under 30 » this year, was personally invited to become one of the first students of Hupan University. Located in Hangzhou in eastern China’s Zhejiang Province, the university was founded by Chinese business magnate Jack Ma who has net worth of around $36.4bn.

There were less than forty students lucky enough to be enrolled in this ‘life-changing’ course, where one of the lecturers was none other former English lecturer Mr. Ma himself.

Alibaba Group Chairman Jack Ma speaks during the Boao Forum For Asia Annual Conference on March 23 2016 in Qionghai, Hainan Province of China. (Photo by VCG/Getty Images).

Sun, a 26-year-old who is based in the Haidian District of Beijing and hails originally from Shandong Province on the coast by the Bohai Sea, became part of the cryptocurrency community back in 2012 with his first purchases of Bitcoin.

A year later he joined Ripple and worked as the chief representative of Greater China. He helped Ripple with the successful completion of their first-round financing, which totaled $30m and subsequently it them becoming one of the world’s top three virtual currency systems.

Peiwo App & Smart Contract Protocol

In 2015, Sun, who graduated from the University of Pennsylvania with a Masters Degree after studying for a Bachelor’s at Peking University, started a project called Peiwo, an app that is now one of the largest audio-based live show platforms in China, with over 10m registered users and around 1m monthly active users.

This September the Peiwo app will become the first TRON-compatible entertainment app and the first live show software in the world to support a ‘smart contract protocol’ of virtual currency, allowing those 10m registered users to benefit from the additional functions of virtual currency.

Commenting on developments, Sun said: “This is only the first move of TRON. Next, we will provide the infrastructure construction for entertainment systems around the world, including online casino and games. Additionally API access will be provided to facilitate robust settlement services. Our first move, though, is for TRON to make the Peiwo app benefit from its blockchain network.”

What TRON provides is a shared platform for the whole entertainment market to maintain user information and share it between systems, and is claiming that in so doing it is “breaking down information barriers” between apps.

It is explained that in this way users can significantly reduce information input efforts in specific apps, while developers can realize highly effective interactions in the realm of user identification, reducing duplicate identification costs, and preventing the risk of user information being stolen and leaked by intermediate agencies.

TRONIX Token

The token of the TRON platform, TRONIX, tracks users’ entertainment behaviors and shares credit data with apps within the TRON network.

TRX has additional values of information storage and identification, with records about user acquisition and TRX spending stored in the blockchain. Core information will be accessed by all TRON apps, acting as the only credential for users to play in the global entertainment system.

While TRON will support all kinds of virtual currencies, as the official currency of the platform, TRX will be used for the conversion and circulation of the entire world’s virtual currencies in TRON.

Sun boldly added: “We are very confident that TRON will reach a target of one million wallets registered within a year. The first  million registered users will be rewarded with considerable TRX tokens by registering on the TRON platform.”

Justin Sun, CEO and Founder of TRON, at work.

Information, Credit Sharing & Global Payments

Nowadays, as entertainment apps and systems have short monetization cycles and lifecycles, individual developers cannot store or maintain users’ credit information in a particular entertainment system, so every entertainment system is almost like an information silo.

Before TRON, a global digital entertainment system would be faced with various problems with respect to payments. For example, if an Iranian wants to buy digital product from Japan, it is a problem for the user to pay the Japanese company in question. The payment chain and procedure are prolonged as it is impossible for a user to open a bank account in Japan only for this purpose. Through this platform, global payments are much more simplified.

Removing Barriers & Reducing Costs

The traditional online entertainment industry features high gross profits and high transaction volumes on a global scale. However, each entertainment system has its inherent token barrier. As a result, a user of a particular system using a different sub-system or app will incur a high transaction fee, so making it more difficult for users to switch between systems and apps.

Based on the TRON network, token barriers will be removed – or at least that is the theory. In the entertainment network, a payment settlement interface between systems will be created, realizing a trustworthy transaction information flow. This way, trust between people in numerous social and gaming links will evolve into trust between humans and technology.

Deep Integration

The TRON network has built an entire set of consensus mechanisms, which uses minimum costs to solve identification and personal credit issues in online transactions. It uses ‘point-to-point’ transactions to avoid traditional centralized settlement structure.

Furthermore, the network can play the host role between users and developers, to ensure authenticity and compliance of credit information. These advantages are being held up as “significantly improving” the efficiency of the global entertainment economy.

A decentralized economy is itself a typical feature of a market economy. Reduction in transaction costs will stimulate great increases in consumer demand, ushering in a new, vibrant growth of the global entertainment economy.

Blockchain Networks & Smart Contract Systems

TRON supports various kinds of blockchain networks and smart contract systems including Bitcoin, Ethereum, EOS, Qtum, and provides developers with multi-protocol infrastructure for entertainment app development and allows users to benefit from what it is described as “smooth” multi-protocol smart networks.

The TRON protocol has brought forth the new era in autonomous and trustworthy gambling, solving the issues of trust and providing developers the best environment for gambling game development.

Gaming companies are allowed to issue any platform-specific gaming currency and trade freely with the other game publishers within the TRON protocol, which will offer an intelligent contract guarantee system for the trades of different gaming currencies.

This is trumpeted as ensuring that all transactions are complete and smooth, thereby laying the foundation for a globalized and deregulated gaming environment.

In terms of the timeline for TRON going forward between now and December 2018, there are plans for the protocol preparation, the APP release and protocol go-live. Completed development of TRON’s first betting APP is set for early next month (September 7).

Justin Sun believes the future is bright. “I believe TRON will bring some major changes to today’s online entertainment industry and will endow the entire digital entertainment industry with a sense of globalization.”

He added: “Previously, as laws and regulations vary in different countries, there is not a universal digital currency system for the digital entertainment industry. With our current and future developments, we would like to think that we are set to shake the global, digital entertainment sector to the core.”

Given that Sun is half the age of Jack Ma he has many years ahead of him to emulate the Chinese billionaire, succeed and also make a few mistakes along the way. As Ma himself has revealed he was rejected from every job he applied for after college – including KFC – and in 2015 told journalist and talk show host Charlie Rose that he was rejected by Harvard ten times. So, get used to failure and learn lessons from it.

But no doubt his protégé will have gleaned some pearls of wisdom from the tycoon during his time at Hupan University. We could all do with some of that.

The forthcoming Initial Coin Offering (ICO) for TRON, which is being advised by Hai Liu, CEO and co-founder of Beico and partner at GSR Values, together with angel investors Weixing Chen and Charles Xue, is scheduled to commence on September 9, 2017.  


Follow Roger, who has penned various investment stories over the years, on Twitter @AitkenRL, LinkedIn, Forbes, Google+. He is involved with the Campaign For Fair Finance in the UK.

2067, quand argent et valeur se réinventent

Le 20.09.2017 Par : Cyril Fiévet - Usbek & Rica

[Copublication] L’univers de Star Trek – la série de science-fiction qu’il n’y a guère besoin de présenter – se caractérise notamment par la disparition de l’argent, devenu totalement obsolète. Le travail est indissociable du loisir, les ressources sont abondantes, distribuées et partagées, intelligences artificielles et robots assurent les tâches ingrates, tandis que des réplicateurs, librement disponibles, permettent de tout produire à la demande.

D’autres auteurs ont caressé des utopies similaires. Cory Doctorow, journaliste et blogueur émérite, décrivait dans un roman de science-fiction en 2003 une société où la monnaie traditionnelle a été supprimée pour devenir entièrement basée sur la réputation des personnes. La richesse provient alors de leurs actions et comportements, et de la façon dont ils sont jugés et appréciés par les autres.

Quelques années plus tard, le film In Time OUT proposait une vision plus pessimiste, avec un monde où la monnaie universelle est le temps de vie. Les humains sont génétiquement programmés pour mourir à 25 ans, mais chacun peut acheter/vendre des minutes de vie supplémentaires…

S’il est probable que argent et monnaie n’auront pas disparu en 2067, on peut s’attendre à de vastes transformations dans ces domaines, suivant des tendances émergentes apparues dans les années 2010. Les nouveaux acteurs affluent dans le monde de la banque et du crédit, tandis que Bitcoin et les blockchains font la une des médias et font germer l’idée d’une pluralité monétaire inédite. Les monopoles semblent prêts à vaciller et la création de valeur semble se déplacer.

La monnaie en questions

La création de monnaie sous sa forme actuelle est de plus en fustigée. « Contrairement à ce qu’on croit, ce ne sont pas les Etats ou les banques centrales qui créent la monnaie, mais les établissements bancaires privés. Et ils le font via le crédit (aux particuliers, aux entreprises et aux Etats). Nous utilisons tous des euros privés créés par les banques, en vertu d’un oligopole privé établi par la loi », rappelle Ariane Trichit, maître de conférences en économie à l’Université d’Auvergne qui concentre ses recherches sur les monnaies non bancaires  (Usbek & Rica, juin 2017). Un principe qui, selon elle, confère au système monétaire et financier actuel « une instabilité intrinsèque, générant des crises de plus en plus fréquentes, susceptibles d’aboutir à son effondrement »Elle conclut :

Nous avons besoin de revenir à une diversité monétaire, garante d’un système monétaire et financier stable : différentes monnaies pour faire différentes choses.

De fait, l’avenir semble pointer vers un système monétaire autrement plus diversifié. Des alternatives aux monnaies traditionnelles se multiplient et gagnent en popularité, commençant à peser un poids non négligeable sur l’économie globale.

D’un côté, les monnaies locales complémentaires – une cinquantaine en France – entendent répondre au besoin d’une communauté géographique délimitée. L’Abeille dans le Lot et Garonne, la Doume à Clermont-Ferrand ou l’Eusko dans le pays Basque reposent sur des principes similaires : favoriser le commerce de proximité, renforcer le tissu social, soutenir l’économie locale, et s’opposer à la spéculation monétaire en misant sur le développement durable.

De l’autre, les crypto-monnaies, nées dans le sillage de Bitcoin, connaissent une effervescence médiatique et financière sans précédent, tout en imposant la blockchain comme une technologie protéiforme capable d’instaurer de nouveaux modèles, dans quasiment tous les domaines. Plus de 1000 crypto-monnaies de types multiples, pesant globalement quelques 160 milliards de dollars en capitalisation de marché (dont 45% représenté par Bitcoin), entendent devenir autant d’alternatives aux paiements et échanges interbancaires, ou servir de monnaies spécialisées pour des usages précis (du jeu vidéo à l’achat de musique ou à la gestion des droits d’auteur, des services notariés au calcul partagé). On a même vu récemment, en Russie, la chaîne de fast food Burger King récompenser les acheteurs de ses hamburgers de WhopperCoin, une crypto-monnaie créée sur mesure et destinée à fidéliser les consommateurs. Chaque grande marque ou même toute entreprise – mais aussi artistes et célébrités, voire des pays – pourrait un jour disposer de leur propre crypto-monnaie.

Paradoxalement, si Bitcoin – officiellement reconnu comme monnaie de fait au Japon depuis avril 2017 et bientôt au Vietnam – semble s’imposer comme la toute première monnaie universelle et globale, un scénario possible est donc une forte fragmentation monétaire, chacun utilisant différentes monnaies selon les usages. Pour Ariane Trichit, il est ainsi « fort probable que nous voyions émerger dans les années à venir des monnaies décentralisées ou centralisées à différentes échelles : mondiale, nationale, régionale, départementale ou de plus petite taille encore, quartier ou village visant à promouvoir différentes choses : l’économie locale, la musique, la peinture, l’entraide dans l’éducation, les services à la personne, le social, certaines pour financer un revenu d’existence (local ou national)… ». L’universitaire anticipe :

Dans le futur, peut être dans une génération, il nous semblera bien étrange d’avoir, pendant une période de notre histoire, utilisé une seule monnaie.

« Je pense plutôt qu’il n’y aura pas de fragmentation monétaire », avance en contrepoint Jean-Paul Delahaye, professeur émérite à l’Université de Lille dont les recherches sont notamment consacrées aux blockchains, soulignant tout de même que « la montée en puissance des monnaies cryptographiques (dont la capitalisation a été multipliée par plus de 10 en un an) suggère que le phénomène est vraiment important et qu’elles pourraient à terme réellement concurrencer les monnaies fiduciaires »« Seule une poignée de ces monnaies surnageront (sans doute Bitcoin lui-même), mais les principales d’entre elles serviront de point d’appui à d’autres systèmes de transfert de valeurs, tout cela redéfinissant profondément la façon dont l’argent circule et est utilisé par chacun », prédit-il.

Pour Pierre Noizat, fondateur et PDG du bureau de change de crypto-monnaies Paymium et auteur de trois livres sur Bitcoin (dont Bitcoin, mode d’emploi en 2015), « avec ces technologies, chacun peut créer sa propre monnaie comme réseau social de mesure de la valeur et chacun est libre d’utiliser celles qui lui conviennent le mieux. Donc nous ne sommes certes qu’au début d’une fragmentation inéluctable, mais ces réseaux monétaires seront connectés entre eux par différents mécanismes ».

Si la fin de la dominance des monnaies uniques est possible, cela ne signifie pas que les monnaies traditionnelles (dites « fiat », comme l’Euro et le Dollar) vont disparaître. « Les monnaies traditionnelles devront accepter de côtoyer les nouvelles monnaies », conclut Jean-Paul Delahaye.

La fin des banques ?

Le rôle des banques (centrales ou privées) est lui aussi de plus en plus critiqué et le modèle bancaire traditionnel, vieillissant et peu aimé, est attaqué de toutes parts.

Le secteur des Fintech est florissant et de sérieuses alternatives aux banques traditionnelles, sans guichet, à frais réduit et se résumant souvent à une application mobile efficace, apparaissent et se démocratisent. Les « néo-banques » ébranlent le marché et séduisent le public. En Europe, N26 a atteint le seuil des 500.000 clients en août 2017, Monese a enregistré plus de 500 millions d’euros de transactions. Et une bonne douzaine d’autres acteurs sont sur les rangs, comme Atom ou Monzo en Grande Bretagne, ou Compte Nickel en France

Mais si les néo-banques sont encore très proches de la banque classique, au moins au plan culturel et légal (certaines disposent de licences bancaires en bonne et due forme, d’autres, comme Simple, ont été absorbées par des banques traditionnelles), une autre famille d’acteurs entend également secouer le marché.

On pourrait les appeler des « crypto-banques », car elles sont directement issues de l’univers de Bitcoin et des crypto-monnaies. Ici, les comptes sont libellés en Bitcoin, Ethereum ou d’autres monnaies électroniques, et l’utilisateur gère ses fonds avec une appli mobile, à laquelle est assortie une carte de paiement (Visa ou MasterCard). L’utilisateur dispose alors du meilleur des deux mondes : côté crypto, un porte-monnaie électronique pour émettre et recevoir des fonds quasi instantanément et à frais négligeable ; côté traditionnel, une carte de paiement classique pour effectuer des achats dans la vraie vie (l’achat est acquitté dans la monnaie locale, le montant est prélevé en crypto-monnaie après conversion, sans aucune intervention de l’utilisateur). Le tout sans jamais passer par la case banque.

Là aussi, une dizaine d’acteurs défendent le modèle, initié par une poignée de précurseurs comme Xapoou Wirex. Plusieurs nouveaux entrants, comme Monaco et TenX, ont mené récemment des campagnes de financement public massives et parfois fulgurantes – 34 millions de dollars levés en 7 minutes pour TenX –, en créant au passage leur propre crypto-monnaie. Des efforts particuliers sont menés auprès des populations non bancarisées, pour offrir des services mobiles simples et utiles sans avoir recours aux banques, en s’appuyant totalement sur les blockchains : Humaniq, une crypto-banque également propulsée par sa propre monnaie, a démarré les tests de son service au Ghana en août 2017.

Les partisans des crypto-monnaies entendent réaliser l’utopie d’un monde où « chacun peut devenir sa propre banque », et ces services montrent le chemin. Est-ce à dire que la banque traditionnelle va disparaître ?

« Les banques sont les points d’accès à l’argent-dette et ne vont donc sans doute pas disparaitre car il est complémentaire de l’argent-valeur, qui ne le remplace pas », estime Pierre Noizat, plaidant toutefois pour « une réforme de la gouvernance des banques, pour les empêcher de financer avec la dette des projets qui détruisent l’environnement »« Tant que les gens ne s’interrogent pas profondément sur la création monétaire et le fonctionnement du système financier, les banques perdureront. » Ariane Trichit souligne :

Les gens ont profondément besoin de sécurité, notamment matérielle et structurelle, et les banques standards leur apparaissent comme les institutions les plus garantes de cette sécurité.

Malgré tout, des changements sont à anticiper. « Les banques vont s’emparer des crypto-monnaies et de la blockchain pour attirer et garder certains clients et surfer sur l’image de modernité que cela leur confère. Mais plus fondamentalement encore, si elles se mettent à gérer leurs relations via une blockchain, plus besoin de comptes à la banque centrale ni d’organismes de clearing et donc de monnaie centrale. Pour moi, c’est donc surtout l’avenir des banques centrales et plus généralement des organes de contrôle qui est remis en question », analyse-t-elle.

De nouveaux paradigmes dans la création de valeur

Si l’avenir de la banque et de la finance à moyen terme se conjugue à l’aune de Bitcoin et des blockchains, on est encore loin d’un scénario à la Star Trek, où la notion de travail a disparu. Malgré tout, on note aussi un déplacement dans la création de valeur.

Tandis que plusieurs pays étudient sérieusement la possibilité d’un revenu universel, versé à chaque citoyen indépendamment de son activité ou statut, On constate que l’individu multiplie les moyens de création de valeur, vendant ou échangeant son temps (Uber), ce qu’il possède (Airbnb) ou ce qu’il produit (énergie solaire par exemple).

A cela s’ajoutent les crypto-monnaies, qui instaurent de nouveaux modèles. Toutes les crypto-monnaies sont basées sur la création de nouvelles unités monétaires en récompense d’un effort visant à sécuriser collectivement les transactions et le réseau qu’elles forment. Deux principaux modèles ont émergé : le Proof of Work (où des mineurs effectuent de lourds calculs mathématiques, comme c’est le cas pour Bitcoin) et le Proof of Stake (le simple fait de posséder une monnaie suffit à contribuer à la sécuriser). Dans les deux cas, les organismes chargés de réguler et de garantir la valeur de la monnaie sont remplacés par des entreprises, des individus, et la loi de de l’offre et la demande.

Ce qui fait dire à Jean-Paul Delahaye :

Nous sommes en train de passer d’une économie fortement fondée sur l’énergie et la matière à une économie où les contenus en calcul et en intelligence sont centraux.

« Un monde où c’est à la fois les contenus en intelligence qui sont échangés (logiciels, œuvres musicales, cinématographique, etc.), et où calculer crée de la valeur ». Outre le calcul, les actions en ligne de chacun pourrait d’ailleurs elles aussi générer de la valeur, selon le modèle défendu par Synereo ou Steemit. Ce dernier, un réseau social calqué sur Reddit, est doté de sa propre monnaie (Steem, 21e crypto-monnaie en capitalisation de marché), et l’activité et la popularité des utilisateurs y est récompensée financièrement. Un schéma pas si éloigné que ça de la prédiction de Cory Doctorow.

Une copublication Inria – Usbek & Rica


Crédits et légendes photos : CCO Public Domain, Pixabay ; Image extraite de la série Black Mirror, par Davblog.com ; Le loup de Wall-Street, Allocine.fr

Vu sur syti.net  – Le FMI prêt à discuter des monnaies virtuelles et de la Blockchain

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