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Une démocratie mondiale de façade. La fin programmée des états.

«Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les événements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s’accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s’est produit en réalité.» Nicholas Murray Butler, président de la Pilgrim Society

Le monde va mal! Cela devient lancinant de toujours le proclamer!

Il est même possible que ceux qui interdisent de porter ce jugement sont ceux-là même qui mènent le monde dans la direction qu’ils veulent, à savoir à l’échelle planétaire l’avènement inexorable d’une oligarchie mondiale qui se veut œcuménique tant qu’on obéisse au money-théisme. Le catéchisme est connu, il faut s’enrichir aux dépens des plus faibles en les exploitant dans un esclavage déguisé, hard, des multinationales qui font travailler des enfants comme au bon vieux temps décrit par Zola dans Germinal ou encore un esclavage d’un autre type qui consiste à dresser les faibles les uns contre les autres au nom de la compétitivité. Ce sera les délocalisations sauvages qui consistent à repérer les pays vulnérables, ce qui permet au capital d’extraire de la valeur.

Barnevick ancien P-DG de ABB avait en son temps décrit la mondialisation:

«Je définirais dit-il la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.» En clair, c’est la liberté du renard dans le poulailler. Cette mise au pas du monde ne peut pas se faire sans un bréviaire, les accords de Bretton Woods et un clergé, le FMI, la Banque mondiale, l’OMC avec naturellement un bras armé, l’Otan et la CPI pour les récalcitrants. «Des recherches de l’université de Carnegie Mellon estiment que les Etats-Unis ont été impliqués d’une manière ou d’une autre dans 81 élections différentes depuis la Seconde Guerre mondiale. La Russie l’a fait 36 fois.». (1)

L’illusion lors de l’élection de Donald Trump

On a cru un moment qu’à l’instar du Christ, Donald Trump allait renverser les tables des marchands du Temple de la mondialisation qu’Alain Minc, économiste tout terrain, toute tendance, nous avait fait la promesse heureuse. Il n’en sera rien! Trump sera rapidement pris en charge et on constate une veillée d’armes pluri- dimensionnelle avec un monde plus chaotique que jamais avec des feux illuminant la Terre çà et là comme dans le texte atemporelle de Leo Ferré «un jour le diable vint sur Terre pour surveiller ses intérêts». La publication suivante est édifiante elle nous explique que de fait, le président est sous contrôle:

«Suivre l’argent est toujours l’élément clé et crucial pour déterminer ‘la cause probable / le modus operandi » des actions des globalistes. Bien qu’il y en a beaucoup qui croient que le président Trump est la panacée à tous nos problèmes, il y a beaucoup de choses que le président ignore. C’est intentionnel de la part des intérêts monétaires qui contrôlent le tissu même de notre société. Les intérêts sont des entreprises, des politiques et des religieux: un niveau de contrôle à trois niveaux sur toutes les facettes de la société humaine. (…) » (2)

« Le problème réside dans le fait que derrière ces intérêts, il y a des élites qui croient en l’imposition forcée de leurs philosophies aux masses. Ils croient également pouvoir «abattre sélectivement le troupeau» et maintenir une population servile à des niveaux minimaux pour mener à bien le travail domestique et la production industrielle (les Delta et les Epsilon du livre Le meilleur des mondes de Huxley) sous leur direction. Patiemment, ces élitistes attendaient le jour où leur société «1984» sera une réalité, travaillant à ce projet et l’élaborant depuis des décennies. Le poids de l’humanité pose un problème, car ils ne peuvent pas éradiquer efficacement tout ce qui est en trop sans une épidémie ou une guerre à grande échelle, mais après un tel événement, la planète elle-même pourrait être invivable». (2)

La fin programmée de la démocratie

Une publication savoureuse résume en quelques pages la condition humaine actuelle et permet d’expliquer des incohérences constatées par le profane alors que tout est sous contrôle de personnes non élues, mais qui dirigent des hommes politiques élus pour diriger les pays selon leur directive. On se souvient des propos de Danièle Mitterrand qui reprochait à son mari le président français François Mitterrand de ne pas appliquer ses promesses de campagne. Réponse de l’intéressé, je ne contrôle rien et je ne peux rien contre les banques… Nous le voyons avec la condition des citoyens européens qui sont sous les fourches caudines des oligarques de Bruxelles non élus par les peuples européens, mais qui assassinent le quotidien des citoyens à coups de directives supranationales.

Nous lisons dans cette contribution:

«Les véritables maîtres du monde ne sont plus les gouvernements, mais les dirigeants de groupes multinationaux financiers ou industriels, et d’institutions internationales opaques (FMI, Banque mondiale, OCDE, OMC, banques centrales). Or ces dirigeants ne sont pas élus, malgré l’impact de leurs décisions sur la vie des populations. Le pouvoir de ces organisations s’exerce sur une dimension planétaire, alors que le pouvoir des Etats est limité à une dimension nationale. Par ailleurs, le poids des sociétés multinationales dans les flux financiers a depuis longtemps dépassé celui des Etats. A dimension transnationale, plus riches que les Etats, mais aussi principales sources de financement des partis politiques de toutes tendances et dans la plupart des pays, ces organisations sont de fait au-dessus des lois et du pouvoir politique, au-dessus de la démocratie. La démocratie a déjà cessé d’être une réalité. Les responsables des organisations qui exercent le pouvoir réel ne sont pas élus, et le public n’est pas informé de leurs décisions. La marge d’action des Etats est de plus en plus réduite par des accords économiques internationaux pour lesquels les citoyens n’ont été ni consultés, ni informés. Tous ces traités élaborés ces cinq dernières années (Gatt, OMC, AMI, NTM, Nafta) visent un but unique: le transfert du pouvoir des Etats vers des organisations non-élues, au moyen d’un processus appelé ‘mondialisation »» (3)

L’auteur nous apprend qu’il n’est pas question de créer des révolutions, il faut y aller en douceur:

«Une suspension proclamée de la démocratie n’aurait pas manqué de provoquer une révolution. C’est pourquoi il a été décidé de maintenir ‘une démocratie de façade », et de déplacer le pouvoir réel vers de nouveaux centres. Les citoyens continuent à voter, mais leur vote a été vidé de tout contenu. Ils votent pour des responsables qui n’ont plus de pouvoir réel. Depuis le début des années 1990, l’information a progressivement disparu des médias destinés au grand-public. Les responsables du pouvoir économique sont quasiment tous issus du même monde, des mêmes milieux sociaux. Ils partagent donc tout naturellement la même vision de ce que devrait être le monde idéal futur.» (3)

L’objectif étant de réduire le rôle d’un Etat stratège et protecteur des plus faibles. C’était d’ailleurs la doctrine de Ronald Reagan pour qui ‘l’Etat était le problème et pas la solution ». Il eut un excellent disciple en la personne de Margaret Thatcher qui elle, déclarait sans ambages:

«Je ne connais pas de citoyens, je connais le consommateur.» «Il est dès lors naturel poursuit l’auteur de la contribution parlant des «dirigeants du monde» qu’ils s’accordent sur une stratégie et synchronisent leurs actions respectives vers des objectifs communs, en induisant des situations économiques favorables à la réalisation de leurs objectifs, à savoir: «Affaiblissement des Etats et du pouvoir politique. Déréglementation. Privatisation des services publics. Désengagement total des Etats de l’économie, y compris des secteurs de l’éducation, de la recherche, et à terme, de la police et de l’armée, destinés à devenir des secteurs exploitables par des entreprises privées. Endettement des Etats au moyen de la corruption. Plus un gouvernement est sous le contrôle des «Maîtres du monde», et plus il fait augmenter la dette de son pays. Précarisation des emplois et maintien d’un niveau de chômage élevé, entretenu grâce aux délocalisations et à la mondialisation du marché du travail. Réduction des aides sociales, pour accroître la motivation du chômeur à accepter n’importe quel travail. Empêcher la montée des revendications salariales dans le tiers-monde, en y maintenant des régimes totalitaires ou corrompus.» (3)

«Les organisations multinationales privées se dotent progressivement de tous les attributs de la puissance des Etats: réseaux de communication, satellites, services de renseignements, fichiers sur les individus, institutions judiciaires (établies par l’OMC et l’AMI, accord grâce auquel une multinationale pourra traîner un Etat devant une cour de justice internationale privée). L’étape suivante -et ultime- pour ces organisations sera d’obtenir la part de pouvoir militaire et policier qui correspond à leur nouvelle puissance, en créant leurs propres forces armées, car les armées et polices nationales ne sont pas adaptées à la défense de leurs intérêts dans le monde. Mais à l’étape ultime du plan, ces armées privées serviront les intérêts des grandes multinationales, et attaqueront les Etats qui ne se plieront pas aux règles du nouvel ordre économique. (…) La majeure partie du commerce mondial a lieu sans monnaie-papier, et seulement 10% des transactions financières quotidiennes correspondent à des échanges économiques dans le «monde réel». Les marchés financiers eux-mêmes constituent un système de création d’argent virtuel, de profit non-basé sur une création de richesses réelles. Cette création d’argent sans création de richesses économiques correspondantes est la définition même de la création artificielle de monnaie.» (3)

La dimension environnementale pourrait gripper la machine

L’auteur nous apprend qu’il n’y a que l’environnement qui pourrait freiner cette machine du diable non par une quelconque empathie envers la nature mais par l’atteinte des limites que l’overshoot day ( le jour du dépassement) nous alerte chaque année sur l’impossibilité d’assurer une production pour contenir la gabegie des puissants en terme d’énergie, d’eau et naturellement cela se paye par les convulsions climatiques qui font que les pays vulnérables sont en première ligne pour l‘ardoise à payer en terme économique mais aussi humain.

«Un système économique libéral, dont le but est la recherche du profit à court-terme pour des intérêts particuliers, ne peut prendre en compte les coûts à long terme tels que la dégradation de l’environnement. Si nos modèles économiques intégraient le coût réel de la destruction de la nature, de la pollution, des modifications climatiques, cela changerait radicalement notre estimation de ce qui est «rentable» et de ce qui ne l’est pas. La production de la nature a été évaluée à 55 000 milliards de dollars par an par un groupe de scientifiques de l’Institute for Ecological Economics de l’université du Maryland en 1997. La disparition de la nature est inévitable, car elle est voulue par le nouveau pouvoir économique. Pourquoi? pour trois raisons: La disparition de la nature et l’augmentation de la pollution vont rendre les individus encore plus dépendants du système économique pour leur survie (…). La contemplation de la beauté et de la perfection de cet ordre est subversive: elle amène l’individu à rejeter la laideur des environnements urbanisés, et à douter de l’ordre social qui doit demeurer la seule référence. L’urbanisation de l’environnement permet de placer les populations dans un espace totalement contrôlé, surveillé, et où l’individu est totalement immergé dans une projection de l’ordre social. Enfin, la contemplation de la nature incite au rêve et intensifie la vie intérieure des individus, développant leur sensibilité propre, et donc leur libre-arbitre. Ils cessent dès lors d’être fascinés par les marchandises. Délivrés de leurs chaînes, ils commencent à imaginer une autre société possible, fondée sur d’autres valeurs que le profit et l’argent. Tout ce qui peut amener les individus à penser et à vivre par eux-mêmes est potentiellement subversif. Le plus grand danger pour l’ordre social est la spiritualité car elle amène l’individu à bouleverser son système de valeurs et donc son comportement, au détriment des valeurs et comportements précédemment implantés par le conditionnement social. Pour la stabilité du «nouvel ordre social», tout ce qui peut stimuler l’éveil spirituel doit être éliminé.» (3)

Tout est dit, nous allons vers la robotisation du monde avec les promesses prévues par Orwell dans son fameux roman 1984. Il laissa pour la postérité cette fameuse phrase qui n’a pas pris une ride:  « A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. »

Les contre-pouvoirs pour résister

En son temps le forum brésilien de Porto Alegre avait apporté un vent d’espoir vite dissipé. Ce fut ensuite un peu partout les Indignés de Stéphane Hessel qui nous incitait à «nous indigner» en vain! Ce sera en France «Nuit Debout». Tous ces mouvements comme Podemos en Espagne qui se veulent une alternative au tout-marchand n’ont pas tenu la route. On voit comment Syriza est rentré dans le rang et les citoyens grecs n’en finissent pas de payer des dettes pour un argent qu’ils n’ont pas dépensé. Même en France le mouvement «la France insoumise» avec Jean-Luc Melenchon et qui a récolté près de 20% aux élections en France risque aussi de s’évanouir. L’auteur appelle à une coordination mondiale, une de plus dirions-nous:

«Pour ne pas être définitivement exclus du jeu, les contre-pouvoirs au pouvoir économique (syndicats, associations de consommateurs, mouvements écologistes) doivent répondre en se plaçant sur le même niveau d’organisation, au niveau mondial et non plus national, en unifiant et en synchronisant leurs actions, à l’échelle de groupes d’Etats pesant un poids suffisant dans les flux économiques mondiaux.» (3)

De fait, en Occident les citoyens se croient libres de dire et de faire ce qu’ils veulent. Rien n’est plus faux. Ils sont des esclaves consentants à qui «le divin marché» selon la belle expression du philosophe Dany Robert Dufour on donne l’illusion qu’il est en démocratie. Le regretté Coluche avait l’habitude de dire: «Dans les pays où les libertés sont réduites c’est: « Ferme ta gueule! », dans les pays dits démocrates, c’est « cause toujours ». Nous le voyons tous les jours avec cette mondialisation-laminoir qui flatte leurs ego en leur donnant le sentiment factice d’une hyper-puissance alors qu’en fait, ils sont des marionnettes conditionnées à dépenser, mais pas à penser. En toute logique, les combats ne sont pas entre faibles dans chaque pays, mais entre les faibles du monde et l’oligarchie qui le gouverne.

Dans cet ordre, l’essai de Thierry Meyssan Le monde tel qu’il est dépeint loin de l’idéal de la naïveté de chacun, loin de l’éthique tous les coups sont permis, même les plus bas. Comme l’écrit le chercheur canadien Marshall McLuhan: «Seuls les plus petits secrets ont besoin d’être protégés. Les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique.»

«Il décortique, nous dit François Xavier, les Printemps arabes vus de Paris, vécus par les Frères musulmans, et organisés depuis Washington. Révélateur de la duperie dans laquelle nous vivons, ce livre apportera surtout à ceux qui veulent prendre leur destin en main, les données indispensables pour comprendre ce qui se passe. Car il n’est pas joli-joli le mandat Sarkozy, et l’ombre du reniement face au peuple lors du référendum sur l’Europe n’est rien comparé à ce qu’il orchestra en Libye. Le témoignage de Walter E. Fauntroy, ancien membre du Congrès des États-Unis et ancien assistant de Martin Luther King Jr est glaçant: il a vu des soldats réguliers français et danois, aux côtés d’Al-Qaïda, décapiter des Libyens… Puis, le 5 septembre 2011, le président Sarkozy recevra le patriarche maronite, S. B. Béchara Raï, et lui expliquera sans détour que l’Empire va placer les Frères musulmans au pouvoir à Damas et qu’il faut songer à rapatrier les chrétiens d’Orient en France. Après la Libye, la Syrie… Ainsi il en va du monde moderne où les forces spéciales françaises (sous l’autorité du général Puga) aident les djihadistes à attaquer Maâloula, puis encadrent les takfiristes à Baba où ils proclament un Émirat islamique (…)».(4)

Cela a commencé comme documenté avec les révolutions brutales des pays pétroliers comme l’Iran – le premier ministre Mossagegh qui voulait contrôler les richesses nationales de l’Iran fit face à un coup d’état en bonne et due forme. Le Chah le démit et mit à sa place le général Zahedi plus conciliant avec l’Angleterre et les Etats Unis . Bien plus tard, Margareth Albright reconnaissait que c’était la CIA qui a été à la manœuvre. Ce sera ensuite, le Chili  qui vit un coup d’état fomenté par les Américains, car Allende voulait récupérer les richesses de son pays. Il en mourut.  C’était partout la démocratie aéroportée jusqu’en 2003, qui vit l’occupation de l’Irak, l’installation d’un vice roi  (administrateur général) en  la personne de Paul Bremer suivi de  la pendaison de  Saddam Hussein. Les Irakiens se déchirent encore et toujours, mais le pétrole coule à flot, direction les Etats Unis  d’Amérique.

Par la suite, le soft power a permit l’émergence des révolutions arabes qui emportèrent la Libye, son guide fut lynché, l’Egypte ; la Syrie que l’on veut à tout prix et comme le recommande  Kissinger la reshaper pour le plus grand bien d’Israël . Ce sera la Tunisie et sa révolution dite de jasmin . Ce sera la seule révolution mise en œuvre pour créer un chaos de plus chez les Arabes, et qui risque  contre toute attente des architectes du chaos ,de réussir du fait de la résilience du peuple tunisien.

En  fait la théorie du  chaos organisateur Ordo ab chaos   qui avait les préférences de Candy Rice en son temps, a été  mise en œuvre auprès des pays faibles . Le néo-libéralisme à la manœuvre  continue encore son travail destructeur des nations, notamment en créant la zizanie inter-pays  et bloc, comme c’est le cas de l’Alliance au vu et au su de tout le monde , de l’Arabie Saoudite et d’Israël –  Une ambassade saoudienne et en  construction en Israël – Cette alliance est notamment  en œuvre pour détruire le Yemen qui fait face en prime à une terrible épidémie de choléra.

En fait ce qui a été fait pour les pays faibles est en train de gagner les  faibles des pays  développés .A  partir des années 2005  apparurent les révolutions de couleur, en Géorgie, en Ukraine… Le chaos s’y est installé.  Cela ne suffit pas au néo-libéralisme  car après avoir laminé les peuples faibles  il s’occupe des démocraties des pays dits développés, l’objectif et d’arriver à terme à supprimer les Etats  en tant que tels pour n’avoir en face que des peuples consommateurs consentants avec des ersatz de liberté en fait   c’est un asservissement au marché. C’en est fini des solidarités et du rôle d’un Etat stratège de tous ses citoyens pauvres ou riches, qui assure un smic de dignité aux citoyens.

D’où viendrait le sursaut salvateur d’une prise de conscience de tous les hommes sous toutes sous toutes latitudes ? Suffit il de s’indigner ? Suffit -il de passer de veiller et de refaire le monde auprès d’un brasier , pour qu’il change  ?, En leur temps des hommes illustres ont payé de leurs vies cette utopie d’un monde plus juste ; d’un monde où le travail est un motif de fierté qui donne de la dignité. Je veux citer tous les Lumumba, Che Guevara, les Sankara Nous savons que tous les mouvements altermondialistes de Porto Allegre et d’ailleurs ont tenté en vain d’influer sur le cours des choses . Nous l’avons vu avec la loi El Khomry qui détricote les solidarités et marginalise les mouvements syndicaux, livrant le citoyen au bon vouloir des patrons. Ainsi Nuit Debout à Paris, Indignés, Occupy Wall Street… les mouvements spontanés qui se multiplient depuis l’an 2000 mais n’ont pas encore trouvé de vrai débouché politique.

A bien des égards ce qui va se passer en France est d’une certaine façon un laboratoire des confrontations de ce qui reste de la contestation avec un pouvoir acquis qui annonce la couleur.

Les certitudes des architectes du Nouvel ont toujours étaient clairs . Elle sont plus que jamais d’une brûlante réalité  Déjà en 1920 Paul Warburg Grand banquier, premier président du CFR en 1920 écrivait : « Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise ou non. La seule question sera de savoir si il sera créé par conquête ou par consentement » David Rockefeller le bien nommé parlait carrément de Nouvel Ordre inéluctable : « Nous sommes à la veille d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial » Sombres jours pour les sans dents du monde…

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger
1. http://fr.whatsupic.com/nouvelles-politiques-monde/1494415152.html
2.http://lesakerfrancophone.fr/une-catastrophe-mondiale-est-orchestree-par-les-elites-il-y-a-beaucoup-de-choses-que-le-president-ne-sait-pas
3.http://www.syti.net/Topics2.html
4.http://reseauinternational.net/thierry-meyssan-le-monde-tel-quil-est/#rTgLj9HGBTZPmx5t.99
Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/266810-la-fin-programmee-des-etats.html

Kadima ! En Marche !

par Thierry Meyssan

Après avoir successivement élu à la présidence de la République un agent de la CIA et un employé des émirs du Golfe, les Français se sont fait escroquer une troisième fois, par un produit israélien. Ils croient avoir éloigné le spectre du fascisme en votant pour un candidat soutenu par l’Otan, les Rothschild, toutes les sociétés du CAC40 et la presse unanime. Loin de mesurer leur erreur, ils sont encore sous hypnose et ne devraient pas se réveiller avant la fin des élections législatives.

Dés sa victoire annoncée, le président démocratiquement élu Emmanuel Macron instaure une distance entre lui et le peuple. Refusant tout bain de foule, il traverse longuement, seul, la cour du Louvre où ses supporters se sont rassemblés.

L’équipe du président français élu, Emmanuel Macron, est parvenue à placer les Français sous hypnose. Elle a fait élire son poulain avec deux-tiers des suffrages exprimés ; un jeune homme de 39 ans seulement, dont le parti a été créé sur Internet, il y a tout juste un an, et qui ne s’était jusque là jamais présenté à la moindre élection.

Steele & Holt

Ce tour de force a été réalisé par l’équipe de Steele & Holt, une mystérieuse société, dont le nom fait référence au feuilleton télévisé Remington Steele, une histoire policière où la directrice d’une agence de détectives demande à un voleur (Pierce Brosnan) de jouer le rôle de son patron pour lui servir de couverture

Ne cherchez pas qui se cache derrière ce cabinet. Vous ne trouverez rien. Sinon que ses deux principaux clients sont AXA et la famille Rothschild. Qu’Emmanuel Macron ait travaillé pour les Rothschild, tout le monde le sait, qu’ils aient organisé son parti, c’est un secret bien gardé. Quant à l’assureur AXA, il est présidé par Henri de La Croix cinquième duc de Castries, par ailleurs président du think tank de l’Otan (le groupe de Bilderberg), de l’Institut du Bosphore (le think tank de la Turquie) et, en France, de l’Institut Montaigne (un think tank de droite).

Henry Kissinger avait d’ailleurs invité Macron à la réunion annuelle du Bilderberg, en 2014, aux côtés de François Baroin et de Christine Lagarde.

L’Institut du Bosphore a permis d’identifier et de corrompre diverses personnalités de droite et de gauche qui ont apporté leur soutien à Macron.

C’est dans les locaux de l’Institut Montaigne que se sont tenues les premières réunions du nouveau parti, dont le siège social a été déclaré à l’adresse personnelle du directeur de l’Institut.

Kadima !

Le nom du nouveau parti, En Marche !, a été choisi pour avoir les mêmes initiales que son candidat. Sinon, il se serait appelé En Avant !. En hébreu : Kadima !. Lorsqu’on avait fait remarquer au vieux général Ariel Sharon que le nom de son nouveau parti évoquait le journal de Mussolini (Avanti !), il répliqua que pas du tout. En Avant ! était l’ordre qu’il donna lors de chacune de ses équipées solitaires, par exemple lorsqu’il envahit Beyrouth contre l’avis de son état-major militaire.

Kadima ! et En Marche ! sont des partis centristes rassemblant des personnalités de droite et de gauche —c’est bien connu, Ariel Sharon était un « centriste »—. Il avait créé son parti pour rompre avec Benjamin Netanyahu : Sharon était un colonialiste qui souhaitait créer un État palestinien sur le modèle des Bantoustans sud-africains. L’apartheid était, selon lui, le seul moyen de préserver Israël. Au contraire, Netanyahu est un talmudiste. Il se refuse à admettre l’idée de partager la Palestine avec des goyim. Pour lui, il faut les expulser à défaut de pouvoir les exterminer.

On apprendra sûrement par la suite pourquoi Macron voulait rompre avec le Premier ministre socialiste, Manuel Valls. Il suffit d’observer pour le moment l’insistance avec laquelle celui-ci tente de rejoindre En Marche ! et la désinvolture avec laquelle Macron le repousse pour observer qu’il existe un grave conflit entre eux.

Le fascisme en marche

Pour lancer Macron, Steele & Holt —c’est-à-dire l’Otan et les Rothschild— s’est appuyé sur les anciens réseaux pro-US de la Fondation Saint-Simon. Ensemble, ils ont mis en scène le « péril Le Pen », de sorte que beaucoup d’électeurs intimement opposés à Macron ont cependant voté pour lui de peur d’une possible victoire de la « bête immonde ». N’ayant pas grand-chose à reprocher à Marine Le Pen, ils l’ont accusée des crimes de son père et de bien d’autres encore.

Cette manipulation atteste que, dans la « société du spectacle », la forme est plus importante que le fond. Quelles sont en effet les caractéristiques du fascisme ? La fin de la lutte des classes grâce au corporatisme qui réunit patrons et ouvriers dans les mêmes organisations, la fin de la dialectique droite-gauche grâce à un parti unique, et par voie de conséquence, la fin de toute opposition par l’usage de la force.

Alors que la première de ces trois caractéristiques aurait pu être appliquée à la vision de Jean-Marie Le Pen, aucune ne peut l’être à celle de sa fille, tandis que les deux premières peuvent l’être à celle d’Emmanuel Macron. Il est soutenu par tous les grands patrons du CAC40 aussi bien que par la CGT. Il ne remet pas en question la capacité des partis de droite et de gauche à défendre les valeurs dont ils se réclament, mais appelle les leaders de ces partis à le rejoindre dans le sien pour défendre leurs intérêts communs.

À n’en pas douter, si les élections législatives se passent comme Macron l’espère, la destruction de l’opposition débutera. Au demeurant, l’unanimisme de la presse écrite aux côtés du candidat Macron et la campagne contre les sites internet contestataires donnent un avant goût de ce qui se prépare.

L’Histoire se répète : en 1940, les Français soutinrent Philippe Pétain pour se préserver du nazisme, mais c’est Pétain qui installa le fascisme. En 2017, ils ont voté Macron pour se protéger du fascisme et c’est lui qui l’instaurera.

Une campagne parasitée

Il est vrai que certains électeurs ont été perturbés à la fois par la personnalité inhabituelle des candidats et par l’usage par un camp de méthodes de propagande jamais utilisées en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

À l’âge de 15 ans, Emmanuel Macron a eu une relation sexuelle avec son professeur de théâtre de 23 ans son aînée, il n’a pas tardé à vivre avec elle, et l’a épousée 15 ans plus tard. Marine Le Pen a hérité de son père de la présidence de son parti qu’elle a d’abord nettoyé, puis dont elle l’a exclu. En termes psychanalytiques, le premier a donc épousé sa mère, tandis que la seconde a tué son père.

Surtout, l’équipe d’Emmanuel Macron n’a pas hésité à accuser ses rivaux des pires trahisons, sans aucune logique, sûre que les quotidiens régionaux et nationaux —qu’elle contrôle déjà dans leur totalité— n’oseraient pas émettre la moindre critique. Le candidat de la droite, François Fillon passe désormais pour un voleur alors même qu’aucune des accusations portées contre lui n’est vérifiée. Marine Le Pen est considérée comme l’incarnation du fascisme, alors qu’elle n’a jamais tenu les positions qui lui sont imputées.

Une victoire solitaire

Dès son élection annoncée, le président Macron a prononcé une brève allocution depuis son QG de campagne. Des banalités prononcées avec l’air grave de l’homme qui sent soudain le poids des responsabilités peser sur ses frêles épaules. Puis, il s’est offert un nouveau moment de théâtre avec ses partisans dans la cour du Louvre. Il a traversé Paris dans un cortège aux vitres fumées. Il a longuement traversé, seul, inaccessible, la cour du Louvre pour monter sur le podium dressé en son honneur. Là, aux pieds de la pyramide, tel Bonaparte, il a prononcé un nouveau discours, également fait de banalités, mais sur un ton enflammé, lui qui n’a jamais combattu par les armes. Enfin, il s’est entouré de sa famille et de quelques militants pour chanter La Marseillaise.

Contrairement à tous ses prédécesseurs, jamais durant cette soirée il n’a serré de mains. Jamais personne n’a été autorisé à l’approcher. Il n’a laissé aucune des personnalités politiques qui l’ont soutenu apparaître avec lui et partager sa victoire. Elles ne pourront toucher le prix de la trahison de leurs partis respectifs qu’en les trahissant à nouveau et en le soutenant lors des législatives de juin.

Ce n’est que lorsque le président Macron tiendra tous les rênes du pouvoir qu’il laissera les Français se réveiller. Il sera trop tard.

En avant, marche !

Le sage et les singes – Par le journal de personne


le journal de personne

Peut-on réconcilier la brièveté et la clarté ?
Je ne crois pas mais je vais essayer…
À quel sujet ?
Au sujet du plus vieux sujet : la démocratie pour ne pas la nommer
Qu’est-ce que c’est ?
Disons que c’est le moins pire des régimes
À mi-chemin entre le choléra et la peste !
De quoi s’agit-il ?
D’élire ceux qui vont nous représenter… ou incarner notre volonté.
La volonté générale… celle qui va s’imposer à la sortie des urnes aux volontés particulières.
Une voix de plus, une seule voix suffit pour faire la différence et exprimer notre préférence pour telle ou telle gouvernance.
En somme, c’est nous qui désignons celui qui va décider… le Rouge ou le Noir, le pur ou l’impur, le sacré ou le profane.
Et dans cette grande représentation, au sens théâtral du terme, nous sommes donc tous représentés sous prétexte que c’est nous qui avions choisi nos représentants.
Alors qu’en vérité cette représentation n’a rien à voir avec notre volonté :
Les électeurs ne sont pas contents des élus, ni les gouvernés des gouvernants, ni les dominés des dominants parce que l’illusion selon laquelle c’est nous qui décidons ne tient pas, ne tient plus.
Notre bulletin de vote ne fait que confirmer tout le travail de mystification dont nous sommes les victimes. Le pouvoir continue de nous échapper et de s’exercer à l’insu de notre plein gré. Nous avons tout compte fait l’impression d’être, d’avoir été manipulés par les rouages, les sondages et les clivages, on ne s’y retrouve plus. On est perdu…
Certaines voix s’élèvent et ne cessent de s’élever pour relativiser cette risée générale et sauver les apparences de notre libre arbitre.
L’homme sage essaye depuis longtemps de nous épargner le sort des hommes-singes qui refont l’histoire au lieu de la faire. Que nous dit l’homme-sage ?
Qu’il faut redéfinir les règles, re-rédiger la constitution, réviser le contrat social qui nous relie les uns aux autres.

La thèse est subtile et non moins utile : si la démocratie fonctionne mal ou dysfonctionne c’est parce que nous laissons aux gouvernants le soin de rédiger les règles du jeu, leur constituante ne peut produire une bonne constitution, parce que seuls leurs intérêts sont en jeu, pas les nôtres. Et au final au lieu de nous servir, ils vont se servir et nous asservir pour se maintenir au pouvoir.

Songeons à une sixième République, rédigée par le peuple et pour le peuple, parce que nos intérêts n’intéressent personne. C’est à nous de nous y intéresser en définissant le mode opératoire de tout exercice du pouvoir… sinon nous ne cesserons jamais d’être les éternels cocus de l’histoire.

Je partage et je ne partage pas cet optimisme
Je le partage parce que je suis optimiste…
Je ne le partage pas parce que je ne suis pas naïve…
Théoriquement c’est indémontable mais dans la pratique, c’est intenable !
Pourquoi ?
Parce que la volonté de puissance est humaine, trop humaine
Et qu’à l’usage celle des gouvernés peut s’avérer pire que celle des gouvernants.

Un exemple à la portée :
Jetez un œil sur la dissidence, ce nouveau visage de la résistance aux pressions et aux oppressions. Ils sont tous d’accord pour manifester leur opposition au système de gouvernance, mais entre eux, ils sont tous en désaccord, les uns par rapport aux autres.
Méprisants, haineux, et destructeurs les uns des autres. Parce que même la plus petite particule de l’univers, cherche avant tout, un surplus de puissance… une reconnaissance de son existence.
Les dominés ne sont pas de meilleure constitution que les dominants. Le peuple, tout peuple mérite ses dirigeants.
Les plus petits chercheront toujours à devenir les plus grands.
Non, ce n’est pas une tentation, mais la définition de l’être humain.

Et quelle que soit la constitution juridique, elle ne changera rien à notre constitution ontologique !


Ou … L’expérience de Chypre, d’Aldous Huxley.

Chacun de nous, bien entendu, poursuivit méditativement l’Administrateur, traverse la vie à l’intérieur d’un flacon. Mais si nous nous trouvons être des Alphas, notre flacon est, relativement parlant, énorme. Nous souffririons intensément si nous étions confinés dans un espace plus étroit. On ne peut pas verser du pseudo-champagne pour castes supérieures dans des flacons de caste inférieure. C’est théoriquement évident. Mais cela a également été démontré dans la pratique réelle. Le résultat de l’expérience de Chypre a été convaincant.

Qu’est-ce que c’est que cela ? demanda le Sauvage.

Mustapha Menier sourit.

Ma foi, on peut, si l’on veut, l’appeler une expérience de reflaconnage.

« Cela commença en l’an 473 de N. F. Les Administrateurs firent évacuer l’île de Chypre par tous les habitants existants, et la recolonisèrent avec un lot spécialement préparé de vingt-deux mille Alphas. Tout l’équipement agricole et industriel leur fut confié, et on leur laissa le soin de mener leurs affaires. Le résultat fut exactement conforme à toutes les prédictions théoriques. La terre ne fut pas convenablement travaillée ; il y eut des grèves dans toutes les usines ; les lois étaient tenues pour zéro ; on désobéissait aux ordres donnés ; tous les gens détachés pour effectuer une besogne d’ordre inférieur passaient leur temps à fomenter des intrigues pour obtenir des tâches d’ordre plus relevé, et tous les gens à tâches supérieures fomentaient des contre-intrigues pour pouvoir, à tout prix, rester où ils étaient. En moins de six ans ils étaient en guerre civile de première classe. Lorsque, sur les vingt-deux mille, il y en eut dix-neuf de tués, les survivants lancèrent à l’unanimité une pétition aux Administrateurs Mondiaux afin qu’ils reprissent le gouvernement de l’île. Ce qu’ils firent. Et c’est ainsi que se termina la seule société d’Alphas que le monde ait jamais vue. »

Le Sauvage poussa un profond soupir.

Quand Washington perd le Nord en Corée

Quand Washington perd le Nord en Corée


L’administration Trump est-elle en train de découvrir l’(Extrême) Orient compliqué ?
Le nouveau président américain pensait peut-être qu’après un entretien téléphonique avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, l’annonce tonitruante du retrait du Traité transpacifique (TPP), une poignée de main ferme (et douloureuse) au Premier ministre japonais Abe Shinzo et une chanson traditionnelle chinoise interprétée par sa petite-fille devant un Xi Jinping visiblement peu impressionné, un discours musclé face à la Corée du Nord suffirait à faire de lui un dirigeant fort et résolument engagé en Asie-Pacifique. Mais la diplomatie asiatique est un jeu subtil et difficile, les déconvenues américaines s’y sont multipliées ces dernières années, et l’administration Trump ne semble pas bien armée pour faire face à la complexité des dossiers.Nous assistons pourtant depuis quelques semaines à une hausse des tensions entre Washington et Pyongyang, sur fond de rhétorique très agressive, et de visites à répétition de hauts responsables américains en Corée du Sud. D’abord le secrétaire à la Défense James Mattis, puis le Secrétaire d’État Rex Tillerson, et enfin le vice-président Mike Pence, Donald Trump n’ayant pour sa part pas encore effectué de visite à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir. A chaque fois, le ton est monté d’un cran. « L’ère de la patience stratégique est révolue », a ainsi annoncé depuis Séoul Mike Pence, comme pour signifier que la politique nord-coréenne de Washington va devoir changer. Mais que révèle ce soudain intérêt pour le dossier nord-coréen, sinon d’importantes carences dans l’appareil décisionnel de la politique étrangère américaine ?

Une inquiétante et coupable méconnaissance du dossier coréen

La Corée du Nord est le plus ancien ennemi des États-Unis encore debout. Bien avant que Castro ne prenne le pouvoir à La Havane, que l’Iran n’expérimente sa révolution islamique, que Saddam Hussein ne montre des crocs, ou que l’état-major américain découvre l’Afghanistan sur une carte du monde, la dynastie des Kim contrôlait déjà la moitié nord de la péninsule coréenne, avec un anti-américanisme à la mesure de ce régime totalitaire, et une guerre d’une rare violence entre 1950 et 1953. En clair, les membres de l’administration Trump ont toujours connu la Corée du Nord comme l’un des principaux ennemis des États-Unis, sorte de résilience de la Guerre froide, de résidu d’un monde que certains crurent révolu après la disparition de l’Union soviétique. Autant dire qu’il s’agit là d’un dossier connu, et pour lequel de multiples stratégies ont été envisagées, avec les résultats médiocres que l’on sait, et que la survie du régime de Pyongyang ne fait que rappeler à ceux qui l’oublieraient. Pourtant, la gestion du dossier nord-coréen par l’administration Trump met en relief une étonnante méconnaissance de la réalité de la péninsule. A moins que ce ne soit une « tactique », visant à modifier les rapports de force en jetant un pavé dans la mare. On peut en douter, tant il y a peu de suivi au-delà des déclarations.

Dans ces conditions, pourquoi cet intérêt soudain pour la dynastie des Kim ? Qui est le personnage qui a eu l’idée soudaine de hausser le ton face à Pyongyang ? Quel est ce Docteur Folamour au sein d’une administration qui ne semble pas très experte des questions asiatiques ? Parmi les conseillers au National Security Council (NSC) supposés apporter leur expertise sur le dossier nord-coréen et placés sous la direction du général McMaster, se trouve le général Joseph Dunford, surtout connu pour avoir servi en Afghanistan ; l’ancien sénateur d’Indiana Dan Coats qui n’a aucun antécédent sur l’Asie ; Christopher Ford, assistant-spécial sur les questions de non-prolifération nucléaire, qui a publié quelques travaux sur la Chine (mais pas sur la Corée) ; Matthew Pottinger, assistant-spécial sur l’Asie, ancien journaliste couvrant la Chine et Marine ayant servi en Afghanistan ; ou Victoria Coates, assistante-spéciale sur les questions stratégiques, ancienne consultante et conseillère de campagne de Ted Cruz. Parmi les autres membres du NSC légèrement plus expérimentés, mentionnons Kathleen McFarland (qui va devenir ambassadrice à Singapour) ou Dina Powell (plus connue pour ses antécédents économiques chez Goldman Sachs). Si on ajoute à cette liste les secrétaires (ministres) qui participent aux réunions du NSC, Mattis, Tillerson, et le Secrétaire à l’Énergie Rick Perry, en plus de Mike Pence et du clan Trump, force est de constater qu’il ne se dégage dans l’entourage du président américain pas un expert pointu de la Corée du Nord, ni même d’ailleurs des questions de prolifération et de contrôle des armements. C’est peut-être justement là le problème : après avoir essayé la fermeté sous l’administration Bush, puis le dialogue sous l’administration Obama, mais à chaque fois en imaginant des scénarii et en cherchant à percer les mystères de la Corée du Nord, la Maison-Blanche se risque au jeu du hasard. Si une telle approche des relations internationales peut, au détour d’un coup du sort, fonctionner dans certains cas, elle est très déplacée face à un adversaire qui a fait la démonstration de ses capacités de négociation et de chantage. Mais gageons que l’administration Trump va très vite faire l’apprentissage de ce qu’est l’énigme nord-coréenne. Mieux vaudrait en tout cas.

Les États-Unis déterminés, mais à quoi ?

« Toutes les options sont sur la table », « une action militaire n’est pas exclue », « le régime nord-coréen est sous étroite surveillance »… A plusieurs reprises au cours des dernières semaines, les responsables américains ont claironné leur détermination face à la Corée du Nord. Certes, la détermination est une vertu, à condition toutefois de savoir pourquoi elle est invoquée, ce qui n’est pas le cas ici. Ainsi, à quoi sont donc déterminés les membres de l’administration Trump ? A empêcher que la Corée du Nord ne se dote de l’arme nucléaire, alors que ce pays a procédé à cinq essais depuis 2006, narguant ainsi deux administrations américaines successives ? A éviter une guerre, alors que celle-ci n’est pas plus imminente aujourd’hui qu’hier, et que personne ne semble la souhaiter ? A renverser le régime, perpétuant ainsi les prophéties d’un autre âge des « experts » de la Corée du Nord à Washington qui, depuis 1991, nous en annoncent l’effondrement imminent et ne craignent pas le ridicule en revenant systématiquement à la charge ? Ou alors à éviter que Pyongyang ne se serve de son chantage nucléaire pour marchander sa survie, ce que le régime parvient à faire depuis plus de vingt ans (les accords de la KEDO remontent à 1994) ? Il y a lieu de s’interroger.

Dans tous les cas, il semble y avoir un grand écart entre la détermination et la capacité à la confirmer par des actes. Et cet écart traduit la difficulté de plus en plus grande qu’éprouvent les États-Unis à imposer leurs objectifs stratégiques dans le monde, et tout particulièrement en Asie. Les rapports de force ont évolué, et si Washington était il y a deux décennies au centre de toutes les attentions, et donc du règlement de tous les nœuds politico-stratégiques, l’émergence de la Chine s’est traduite par un retrait progressif. De quels leviers dispose ainsi désormais l’administration Trump face à la Corée du Nord ? Le régime des sanctions est un échec, la recherche du dialogue n’a jamais fonctionné, et l’option multilatérale est désormais (depuis 2003) entre les mains de Pékin. Dans ce contexte, peut-être faut-il dès lors entendre cette détermination comme une volonté farouche de vouloir rester présent sur un dossier qui échappe de plus en plus à Washington. Et l’histoire des relations internationales nous enseigne que quand une puissance sur le déclin, relatif mais réel, cherche à préserver ses acquis et réaffirmer son leadership, elle devient potentiellement déstabilisante. C’est le scénario auquel nous assistons actuellement.

A la recherche d’interlocuteurs légitimes

L’équipe Trump a désormais bien compris que la Corée du Sud est un allié. C’est déjà un premier pas, quand on se souvient que le candidat Trump considérait la possibilité de se désengager militairement de la péninsule (ce que les États-Unis firent une fois, en 1949, avec les conséquences qu’on connaît). Mais les conseillers du président américain ont sans doute oublié de mentionner que ce pays est confronté à une très grave crise politique, qui s’est soldée le mois dernier par la confirmation de la destitution de la présidente Park Geun-hye, qui est même désormais incarcérée en l’attente de son jugement pour corruption et confits d’intérêts. Il serait plus avisé pour James Mattis, Rex Tillerson et Mike Pence – et donc pour l’administration qu’ils représentent – d’attendre que l’élection présidentielle sud-coréenne livre son verdict que de s’afficher avec le président sud-coréen par intérim (ancien Premier ministre de Park et très hostile à la Corée du Nord) Hwang Kyo-ahn, qui n’a aucune crédibilité aux yeux de l’opinion publique sud-coréenne, et dont il convient de rappeler qu’il n’est pas élu. Et pourtant, c’est bien Hwang que les trois hommes ont rencontré successivement, comme pour lui afficher un soutien sans faille. Les Sud-Coréens vont désigner un nouveau président de la République en mai, et tourner définitivement la page de la présidence désastreuse de Park Geun-hye. D’ailleurs, le grand favori de cette élection est Moon Jae-in, candidat malheureux en 2012. Il souhaite renouer le dialogue avec Pyongyang mais aussi repenser la pertinence des missiles THAAD, que Madame Park avait choisi de déployer. Sur ces deux points, il semble peu en phase avec la ligne de l’administration Trump.

De quoi donc s’interroger sur la finalité des pressions américaines dans la péninsule, moins tournées vers Pyongyang que vers Séoul, et accessoirement vers Pékin, comme une doléance à prendre des initiatives. Si ces pressions sont assez logiques, voire légitimes, à l’égard de la Chine, elles ont de quoi surprendre dès lors qu’elles ciblent un allié historique des États-Unis. Conséquence, les manœuvres américaines ont tout pour inquiéter les Sud-Coréens, sans doute plus encore que les gesticulations de Pyongyang dont ils sont de toute façon familiers depuis que la péninsule est coupée en deux, et avec lesquelles ils ont depuis longtemps appris à vivre. Si l’administration Trump cherche des interlocuteurs légitimes et des alliés solides, elle devrait peut-être revoir sa copie dans les signaux qu’elle envoie actuellement à Séoul.

Un commandant en chef des forces armées privé de forces

Reste le problème lié aux moyens. Et une question qui blesse : mais où est donc passé l’USS Carl Vinson, ce porte-avion annoncé avec force par le président américain, et accessoirement commandant en chef des forces armées, comme faisant route vers la péninsule coréenne pour mettre la pression sur Pyongyang ? Aux dernières nouvelles, le bâtiment et la flottille l’accompagnant ont été aperçus dans le détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra, en route vers l’Océan indien, à environ 6 000 km au sud des côtes coréennes. Erreur de navigation, tentative de prendre la Corée du Nord par derrière (…) ? Non, tout simplement un ordre de mission respecté à la lettre, avec pour destination l’est de l’Océan Indien où il doit participer à des manœuvres navales avec la marine australienne. Il aurait depuis fait demi-tour, direction la Corée…

De deux choses l’une : soit Donald Trump bluffait quand il affirmait que le bâtiment se dirigeait vers la Corée, auquel cas il devrait s’assurer d’avoir de meilleures cartes dans son jeu avant de faire une annonce aussi risquée ; soit il ne savait pas de quoi il parlait. On ose à peine croire à cette seconde hypothèse, et pourtant. La rumeur enfle à Washington : les officiels du Pentagone n’ont pas osé signaler à leur président que l’USS Carl Vinson ne se dirigeait pas vers la Corée. Pour ne pas le contrarier ? Ou alors en se disant que l’affaire passerait inaperçue ? Le commandant en chef des forces armées ne serait ainsi pas informé de l’état et de la disponibilité des forces sur lesquelles il entend s’appuyer pour rendre sa politique étrangère et de défense crédible ? Voilà qui est, au-delà de l’amateurisme dans la gestion de cette nouvelle crise nord-coréenne, extrêmement inquiétant.

Cent jours après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, le constat est sans appel et soulève nécessairement de vives inquiétudes. Rarement la politique étrangère des États-Unis fut à ce point hésitante. Rarement la politique asiatique de Washington fut aussi peu pensée et coordonnée. Et jamais sans doute la politique coréenne d’une administration américaine ne fut à ce point marquée par un tel niveau d’incompétence, élevé au rang de doctrine. Il parait que le ridicule ne tue pas. Mais il peut en revanche être très blessant et laisser de profondes cicatrices, et c’est exactement ce que les hésitations coréennes de l’administration Trump risquent de provoquer.

L'auteur de cet article, Barthélémy Courmont

Barthélémy Courmont est maître de conférences à l’Université Catholique de Lille, Directeur de recherche à l’IRIS où il est responsable du pôle Asie-Pacifique, il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur les enjeux sécuritaires et les questions politiques en Asie orientale. Son dernier livre, Mémoires d’un champignon. Penser Hiroshima, est paru chez Lemieux éditeur.

Photo: Le vice-président américain Mike Pence en visite au village de Panmunjon dans la zone démilitarisée (DMZ) à la frontière de la Corée du Sud avec le Nord le 17 avril 2017. (Crédits : AFP PHOTO / JUNG Yeon-Je)

Jack Ma prédit que «Dans les trente années à venir, les souffrances du monde seront bien supérieures à son bonheur»

Jack Ma

Le milliardaire chinois Jack Ma a prévenu la population qu’il convient de se préparer à des décennies de troubles sociaux et de souffrances alors qu’Internet chamboule l’économie mondiale.

« Dans les trente années à venir, les souffrances du monde seront bien supérieures à son bonheur », a déclaré Ma à l’occasion d’une conférence rassemblant des entrepreneurs à Zhengzhou. « Les conflits sociaux des trente années à venir impacteront énormément tous les secteurs. »

D’après Ma, la planète doit radicalement changer la façon dont les gens sont éduqués, ainsi qu’établir des règles concernant l’utilisation des robots afin d’amortir le choc provoqué par l’automatisation et la numérisation de l’économie.

« Les machines ne devraient faire que ce que les humains sont incapables de faire », a déclaré Ma, ajoutant que « c’est la seule façon de faire des machines les partenaires de travail des humains, et non leur substitut ».

Le fondateur de la plate-forme de commerce en ligne Alibaba a déclaré qu’il avait essayé de prévenir les gens, à l’aube du commerce en ligne, que l’e-commerce allait chambouler le commerce traditionnel, mais il a été très peu écouté. Aujourd’hui, il veut avertir la population des conséquences des nouvelles technologies afin qu’elle ne soit plus prise par surprise.

« Il y a 15 ans, j’ai donné de 200 à 300 conférences prévenant qu’Internet allait impacter tous les secteurs de l’économie, mais les gens n’ont pas écouté car je n’étais personne », a-t-il déclaré.

L’informatique en nuage (cloud) et l’intelligence artificielle sont essentielles aux entreprises d’après Ma, qui a appelé les secteurs traditionnels à cesser de se plaindre des conséquences d’Internet sur l’économie. Il a déclaré que la plate-forme centralisée de vente en ligne Taobao a permis de créer des millions d’emplois.

Ancien professeur d’anglais, Jack Ma a créé Ali Baba en 1999. Il s’agit aujourd’hui de la plus grosse plate-forme de commerce en ligne de la planète, dont la capitalisation boursière s’élève à 246,12 milliards de dollars.

La société a récemment annoncé des mesures visant à se diversifier, notamment dans le numérique. Elle va investir 145 millions de dollars dans une plate-forme de distribution de jeux pour appareils mobiles.

L’année dernière, Ma a dévoilé un plan ambitieux visant à créer 100 millions d’emplois dans les deux décennies à venir.

Source : rt.com

Le problème ce n’est pas Trump, c’est nous (par John Pilger)


Un excellent texte de John Pilger où il revient sur le fond du problème, qui n’est pas Trump, mais la culture dominante et ses innombrables échecs (écologiques et sociaux), qui l’ont propulsé là où il est désormais ; ainsi que les millions de citoyens hypnotisés par la propagande omniprésente d’un système verrouillé et immuable (en France comme aux États-Unis), qui ne réagissent qu’en fonction des gesticulations des grands médias, des personnalités et de la culture mainstream (grand public) dans son ensemble. Ces millions de citoyens qui n’ont dit mot ou manifesté contre les agissements criminels d’Obama, qui ne perçoivent pas la continuité systémique entre les différents présidents qui se suivent, mais qui obéissent immédiatement aux incitations médiatiques visant à dénigrer Donald Trump, quand bien même partiellement fondées. Article initialement publié (en anglais), sur son site, le 17 janvier 2017.


Le jour de l’investiture de Trump, des milliers d’auteurs aux USA exprimeront leur indignation. « Pour nous guérir et aller de l’avant…, disent les membres de Writers Resist (en français : Les Écrivains Résistent), nous voulons contourner le discours politique direct, en faveur d’un regard inspiré sur l’avenir et sur la manière dont nous, en tant qu’écrivains, pouvons être une force unificatrice pour la protection de la démocratie ».

Ils ajoutent : « Nous exhortons les organisateurs et les orateurs locaux à éviter d’utiliser les noms de politiciens ou d’adopter la langue “anti” comme point central de leur événement Writers Resist. Il est important de veiller à ce que les organisations à but non lucratif, qui sont interdites de campagne politique, soient mises en confiance pour participer et parrainer ces événements ».

Ainsi, toute véritable protestation doit être évitée, puisqu’elle n’est pas exonérée d’impôt.

Comparez ces sornettes avec les déclarations du Congrès des écrivains américains, tenu à Carnegie Hall, à New York, en 1935, qui prit également place deux ans plus tard. Il s’agissait d’événements intenses, où des écrivains discutèrent de la manière dont ils pourraient faire face aux événements menaçants d’Abyssinie, de Chine et d’Espagne. On lisait les télégrammes de Thomas Mann, de C. Day Lewis, d’Upton Sinclair et d’Albert Einstein, reflétant la crainte qu’un pouvoir démesuré était désormais omniprésent, et qu’il était devenu impossible de discuter d’art et de littérature sans parler politique et même action politique directe.

« Un écrivain, dit la journaliste Martha Gellhorn lors du second congrès, doit désormais être un homme d’action. . . Un homme qui a donné une année de sa vie aux grèves de l’acier, aux chômeurs ou aux problèmes des préjugés raciaux, cet homme-là n’a pas perdu ni gaspillé son temps. C’est un homme qui a su trouver sa place. Si vous deviez survivre à une telle action, vous auriez ensuite à en dire la vérité, nécessaire et réelle. Et elle durera ».

Ses mots résonnent à travers l’onction et la violence de l’ère Obama, ainsi qu’à travers le silence de ceux qui se sont rendus complices de ses tromperies.

Que la menace d’un pouvoir rapace déjà omniprésent bien avant l’avènement de Trump ait été acceptée par des écrivains, dont beaucoup sont des privilégiés et des célébrités, et par des chiens de garde de la critique littéraire, de la culture, y compris de la culture populaire, est indéniable. L’impossibilité d’écrire et de promouvoir une littérature dépourvue de politique ne les concerne pas. Pas plus que la responsabilité de s’exprimer, quel que soit l’occupant de la Maison-Blanche.

Aujourd’hui, le symbolisme factice est tout. L’identité est tout. En 2016, Hillary Clinton a stigmatisé des millions d’électeurs comme « un ramassis de déplorables racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes — et ainsi de suite ». Ces insultes ont été proférées lors d’un rassemblement LGBT, dans le cadre de sa cynique campagne visant à gagner le soutien des minorités au détriment d’une majorité blanche essentiellement ouvrière. C’est ce qu’on appelle diviser pour mieux régner ; ou la politique de l’identité, dans laquelle la race et le genre dissimulent la classe, et permettent de mener la lutte des classes. Trump l’a très bien compris.

« Quand la vérité est remplacée par le silence », a déclaré le poète soviétique dissident Evtouchenko, « le silence est un mensonge ».

Ce phénomène ne se cantonne pas aux USA. Il y a quelques années, Terry Eagleton, alors professeur de littérature anglaise à l’université de Manchester, reconnaissait que « pour la première fois en deux siècles,il n’y a aucun éminent poète, dramaturge ou romancier anglais, qui soit prêt à remettre en question les fondements du mode de vie occidental ».

Pas de Shelley pour parler pour les pauvres, pas de Blake pour les rêves utopiques, pas de Byron pour maudire la corruption de la classe dirigeante, pas de Thomas Carlyle ni de John Ruskin pour révéler la catastrophe morale du capitalisme. William Morris, Oscar Wilde, HG Wells, George Bernard Shaw n’ont aucun équivalent aujourd’hui. Harold Pinter a été le dernier à se faire entendre. Aujourd’hui, parmi les voix insistantes du féminisme consumériste, nul ne fait écho à Virginia Woolf, qui a décrit« l’art de dominer les autres… de gouverner, de tuer, d’acquérir la terre et le capital ».

Il y a quelque chose à la fois de vénal et de profondément stupide dans la manière dont les écrivains célèbres s’aventurent hors de leur petit monde confortable pour embrasser un « problème ». Dans l’édition du 10 décembre du Guardian, on trouvait une image onirique de Barack Obama regardant vers le ciel, avec les mots « Incroyable élégance » et « Adieu le Chef ».

Cette flagornerie courait à travers tout le journal, page après page. « Il était une personne vulnérable à bien des égards…. Mais cette grâce. Cette grâce omniprésente : dans la manière et la forme, dans l’argumentation et l’intellect, avec l’humour et la fraîcheur…. [Il] est un hommage flamboyant à ce qui a été, et ce qui peut encore être… Il semble prêt à continuer à se battre et reste un formidable champion à avoir de notre côté… … La grâce… les niveaux presque surréalistes de la grâce… »

J’ai amalgamé ces citations. Il y en a d’autres, encore plus hagiographiques et dépourvues de nuances. Gary Younge, le principal apologiste d’Obama pour le Guardian, a pour sa part toujours veillé à prudemment modérer ses propos, disant que son héros « aurait pu faire plus » : oh, mais il y avait les« solutions calmes, mesurées et consensuelles… »

Aucun d’entre eux, cependant, ne pourrait surpasser l’écrivain US  Ta-Nehisi Coates, récipiendaire d’une subvention pour « génie » de 625 000 $ de la part d’une fondation libérale. Dans un essai interminable pour The Atlantice, intitulé « Mon président était noir », Coates donne un nouveau sens à la prosternation. Le dernier « chapitre », intitulé « Quand vous êtes parti, vous m’avez pris avec vous », une ligne tirée d’une chanson de Marvin Gaye, décrit les Obama « sortant de la limousine, s’élevant de la peur, souriant, saluant, défiant le désespoir, défiant l’histoire, défiant la gravité ». Bref, l’Ascension du Messie.

Une des tendances les plus tenaces de la vie politique US est un extrémisme sectaire qui frise le fascisme, que l’on a observé et qui s’est renforcé au cours des deux mandats de Barack Obama. « Je crois en l’exceptionnalisme américain avec chaque fibre de mon être », a déclaré Obama, qui a développé le passe-temps militaire favori de l’Amérique, les bombardements et les escadrons de la mort (« opérations spéciales »), comme aucun autre président ne l’a fait depuis la Guerre froide.

Selon une enquête du Council on Foreign Relations, rien qu’en 2016, Obama a fait larguer 26 171 bombes. Soit 72 bombes par jour. Il a bombardé les plus pauvres du monde, en Afghanistan, en Libye, au Yémen, en Somalie, en Syrie, en Irak et au Pakistan.

Chaque mardi — comme l’a rapporté le New York Times — Obama a personnellement choisi ceux qui seraient assassinés, principalement par des missiles Hellfire tirés depuis des drones. Des mariages, des funérailles et des bergers ont été attaqués, ainsi que ceux qui tentaient de recueillir les parties des corps éparpillés sur la « cible terroriste ». Un sénateur républicain de premier plan, Lindsey Graham, a estimé, d’un air approbateur, que les drones d’Obama ont tué 4 700 personnes. « Parfois, vous frappez des innocents et je déteste ça, a-t-il dit, mais nous avons éliminé quelques figures importantes d’Al-Qaïda ».

A l’instar du fascisme des années 1930, de grands mensonges sont délivrés avec la précision d’un métronome : grâce à un média omniprésent dont la description correspond désormais à celle du procureur de Nuremberg : « Avant chaque grande agression, à quelques exceptions près, ils lançaient une grande campagne de presse visant à affaiblir leurs victimes et à préparer psychologiquement le peuple allemand… Dans le système de propagande… c’était la presse quotidienne et la radio qui étaient les armes les plus importantes ».

Prenez la catastrophe en Libye. En 2011, Obama a déclaré que le président libyen Mouammar Kadhafi planifiait un « génocide » contre son propre peuple. « Nous savions… que si nous attendions un jour de plus, Benghazi, une ville de la taille de Charlotte, pourrait subir un massacre qui aurait retenti dans toute la région et entaché la conscience du monde ».

Il s’agissait du mensonge notoire des milices islamistes vaincues par les forces gouvernementales libyennes. Ce mensonge est devenu matériau médiatique ; et l’OTAN — sous l’égide d’Obama et d’Hillary Clinton — a lancé 9 700 « missions de frappes » contre la Libye, dont plus d’un tiers visaient des cibles civiles. Des ogives à l’uranium appauvri furent utilisées ; les villes de Misurata et de Syrte ont essuyé des tapis de bombes. La Croix-Rouge a identifié des charniers, et l’Unicef a rapporté que« la plupart [des enfants tués] avaient moins de dix ans ».

Sous Obama, les USA ont étendu les opérations secrètes des « forces spéciales » à 138 pays, soit 70 % de la population mondiale. Le premier président africain-américain de l’histoire des USA est à l’origine de ce qui constitue une invasion à grande échelle de l’Afrique. Rappelant la Ruée sur l’Afrique de la fin du XIXe siècle, le US African Command (Africom) a construit un réseau de quémandeurs parmi les régimes africains collabos avides de pots-de-vin et d’armements US. La doctrine du « soldat à soldat »d’Africom implique des officiers US à tous les niveaux de commandement, du général à l’adjudant. Il ne manque plus que les casques coloniaux.

C’est comme si la fière histoire de la libération de l’Afrique, de Patrice Lumumba à Nelson Mandela, était confinée à l’oubli par l’élite coloniale noire d’un nouveau maître, dont la « mission historique », nous a averti Frantz Fanon il y a un demi-siècle, est la promotion d’un « capitalisme rampant, bien que camouflé ».

C’est Obama qui, en 2011, a annoncé ce qui a par la suite été qualifié de « pivot vers l’Asie », soit le transfert de près des deux tiers des forces navales US vers l’Asie-Pacifique pour « affronter la Chine », selon les mots de son Secrétaire à la Défense. Il n’y avait pas de menace de la part de la Chine ; toute l’entreprise était inutile. C’était une provocation extrême visant à satisfaire les délires des galonnés devenus déments du Pentagone.

En 2014, l’administration Obama a supervisé et financé un coup d’État fasciste en Ukraine contre le gouvernement démocratiquement élu, menaçant la Russie au niveau de la frontière occidentale du pays, par laquelle Hitler avait envahi l’Union soviétique, causant la perte de 27 millions de vies. C’est Obama qui a placé en Europe de l’Est des missiles pointés vers la Russie. Et c’est le lauréat du Prix Nobel de la Paix qui a augmenté les dépenses relatives aux ogives nucléaires à un niveau supérieur à celui de tous les gouvernements depuis la guerre froide — alors qu’il avait promis, dans un émouvant discours prononcé à Prague, « d’aider à débarrasser le monde des armes nucléaires ».

Obama, ce juriste constitutionnel, a poursuivi plus de lanceurs d’alerte que n’importe quel autre président dans l’histoire, même si la Constitution US les protège. Il a déclaré Chelsea Manning coupable avant la fin d’un procès qui était une parodie. Il a refusé de gracier Manning qui a subi des années de traitements inhumains considérés par les Nations Unies comme des actes de torture [Le 17 janvier, après la publication originale de cet article, Obama a annoncé la grâce de Manning, NdT]. Il a pourchassé Julian Assange à travers une procédure entièrement bidon. Il a promis de fermer le camp de concentration de Guantanamo et ne l’a pas fait.

Après la catastrophe des relations publiques de George W. Bush, Obama, le prestidigitateur de Chicago passé par Harvard, a été enrôlé pour restaurer ce qu’il appelle le « leadership » des USA à travers le monde. La décision du comité du prix Nobel faisait partie de ce plan: le genre de racisme inversé qui le béatifiait simplement parce qu’il plaisait aux sensibilités libérales et, bien sûr, au pouvoir US, à défaut de plaire aux enfants qu’il tue dans des pays démunis, principalement musulmans.

Ceci a constitué l’Appel d’Obama. Il n’est pas sans rappeler un sifflet pour chien : inaudible pour la plupart, irrésistible pour les abrutis et les crétins, surtout les « cerveaux libéraux marinant dans le formol de la politique identitaire », comme l’a formulé Luciana Bohne. « Quand Obama entre dans une pièce, s’est épanché George Clooney, vous voulez le suivre quelque part, n’importe où ».

William I. Robinson, professeur à l’Université de Californie et membre d’un groupe non contaminé de d’analystes US ayant conservé leur indépendance durant les années de conformisme intellectuel, depuis le 11 septembre 2001, a écrit cette semaine :

« Le président Barack Obama… a peut-être fait plus que quiconque pour assurer la victoire de [Donald] Trump. Tandis que l’élection de Trump a déclenché une expansion rapide des courants fascistes dans la société civile US, une issue fasciste pour le système politique est loin d’être inévitable…. Mais cette lutte exige un peu de clarté sur la façon dont nous sommes arrivés au bord d’un précipice aussi dangereux. Les semences du fascisme du 21e siècle ont été plantées, fertilisées et arrosées par le gouvernement Obama et l’élite libérale en faillite politique. »

Robinson souligne que « le fascisme est avant tout une réponse aux profondes crises structurelles du capitalisme, comme celle des années 1930 et celle qui a débuté avec la crise financière de 2008 (…). Il y a un lien de continuité presque direct entre Obama et Trump… Le refus de l’élite libérale de contester la rapacité du capital transnational ainsi que son marketing des politiques identitaires a éclipsé le langage des classes ouvrières et populaires… Ce refus a ainsi poussé les travailleurs blancs vers une “identité” de nationalisme blanc et a aidé les néo-fascistes à les organiser ».

Ces réalisations constituent la République de Weimar d’Obama, un paysage de pauvreté endémique, de police militarisée et de prisons barbares : la conséquence d’un extrémisme « de marché » qui, sous sa présidence, a vu 14 mille milliards de dollars d’argent public être transférés aux entreprises criminelles de Wall Street.

Peut-être que son plus grand « héritage » est la cooptation et la désorientation de toute opposition réelle. La « révolution » spécieuse de Bernie Sanders ne compte pas. La propagande est son triomphe.

Les mensonges au sujet de la Russie — où les USA sont déjà intervenus ouvertement lors d’élections — ont fait des journalistes les plus imbus d’eux-mêmes au monde l’objet de la risée générale. Dans le pays dont la presse est la plus libre au monde, le journalisme libre n’existe plus que dans ses honorables exceptions.

L’obsession pour Trump est un paravent pour beaucoup de ceux qui se prétendent de « gauches / libéraux », qui leur sert à revendiquer une forme de décence politique. Ils ne sont pas « de gauche », et encore moins « libéraux ». La majeure partie de l’agression US contre le reste de l’humanité est le fait de prétendus gouvernements démocrates libéraux — comme celui d’Obama. Le spectre politique de l’USAmérique s’étend du centre mythique à la droite lunaire. Les « gens de gauche » sont des renégats SDF que Martha Gellhorn a décrits comme une « fraternité rare et tout à fait admirable », dont elle exclut ceux qui confondent la politique avec le nombrilisme.

Tandis qu’ils « guérissent » et « vont de l’avant », les militants de Writers Resist et les autres anti-Trumpistes réfléchiront-ils à cela ? Plus précisément : quand un véritable mouvement d’opposition surgira-t-il ? En colère, éloquent, tous-pour-un-et-un-pour-tous ?  Tant que la vraie politique ne retournera pas dans la vie des gens, l’ennemi ne sera pas Trump, mais nous-mêmes.

John Pilger


Traduction : Nicolas Casaux

Édition : Fausto Giudice

Les médias créent le réel

La fabrique du réel

En 1988, Noam Chomsky et Edward Herman publiaient le livre « la fabrique du consentement ». Ce livre proposait une grille d’analyse des méthodes de propagandes des médias de masse et nous proposait une déconstruction magistrale du « quatrième pouvoir ».

Presque trente ans plus tard, leurs analyses restent toujours d’actualité et l’excellent documentaire « les nouveaux chiens de garde » nous montre que cette « fabrique » est loin d’être de l’histoire ancienne. Dans cet article, je propose une réflexion complémentaire, car je ne suggère pas seulement une fabrique du consentement, qui est maintenant bien connue, mais une autre, bien plus subtil, celle du réel.

Dans sa plus large définition, le terme « média » définit un moyen de diffusion, ce moyen peut être employé de diverse manière. Par exemple, pour diffuser une information neutre à but strictement informatif, pour défendre une vision du monde, un point de vue, une idéologie, pour vendre un produit ou encore pour divertir. Ces multiples usages en font un outil à la fois subtil, car les limites entre ces différentes utilisations sont floues et à la fois puissant, puisqu’il permet d’atteindre une multitude de personnes.

Ce que la déontologie journalistique impose en terme de rigueur et de précaution sur le traitement de l’information, crée en conséquence un positionnement particulier pour celui qui reçoit cette information. En apportant aux gens ce qui est vrai, ce qui se passe réellement, ce qui est censé être objectif, cela crée un phénomène psychologique singulier.

Celui de nous créer une réalité dans laquelle nous sommes censés vivre. Un monde préfabriqué par le « vrai » et le « réel » médiatique. Car il ne s’agit pas seulement d’un moyen de fournir une information neutre et objective, mais aussi de distiller dans l’esprit des lecteurs/spectateurs/auditeurs une manière de voir le monde, un point de vue sur le monde. Ce point de vue – plus ou moins assumé – selon les médias est une manière de créer le réel.

Par conséquent, un propriétaire d’un média propose aussi sa vision du monde et défend ses intérêts par le biais de celui-ci. Quel avantage aurait-il, sinon, d’acheter un média à la vue de la faible rentabilité de ces derniers ?

En tant que média alternatif, nous ne dérogeons pas à cette règle, bien que notre situation soit bien différente. Seulement, contrairement à certains médias dits « dominants », nous préférons assumer ce rôle, car nous sommes conscients de notre subjectivité et de notre incapacité à prétendre définir le réel. Ici, au 4ème singe, nous vous donnons notre manière de voir le monde, qui n’est pas la réalité du monde. Et ceci est important à préciser. Nous ne saurions être objectifs, pas plus que Le figaro, Le monde, TF1 et consorts, qui ne le sont pas non plus, mais qui prétendent l’être.

Lorsqu’un média (quel qu’il soit) prétend montrer la « réalité » du monde, il use d’une manipulation conceptuelle dont l’esprit humain semble assez vulnérable. En effet, cette manière de présenter l’information et le travail journalistique sous-tend l’idée que le réel nous est montré, que la vérité nous est révélée. Cette vérité, cette réalité, prétendument disponible pour chaque citoyen, relève – à mon sens – d’une erreur philosophique majeure. L’oubli de l’inconnu !


L’inconnu nous empêche de pouvoir définir le réel

Pour définir le réel et prétendre à la « vérité », il nous faut, pour nous, simples humains, connaître l’étendue des paramètres concernant un objet d’étude. Si nous parlons d’agriculture par exemple, il nous faut connaître absolument tous les paramètres interagissant avec l’objet d’étude pour en déterminer le réel fonctionnement et pouvoir en déduire les améliorations à effectuer. Ceci nous permettrait de défendre objectivement un système agricole plutôt qu’un autre, par exemple. Or les paramètres à prendre en compte sont impossibles à connaître dans leur totalité, pour la simple raison, qu’il y a certainement des choses que notre science et nos savoirs empiriques n’ont pas encore découverts. L’inconnu est alors la frontière de la connaissance. Cette frontière existe bel et bien, preuve en est que nous continuons de faire des découvertes scientifiques régulièrement.

La prise en compte de l’inconnu, qui ne nous permet pas d’être certain qu’une chose fonctionne réellement comme nous le pensons et pas autrement, devrait calmer nos ardeurs de « vérité », de « réalité », « d’objectivité » et de tout autre mot-concept utilisé pour  réduire notre réflexion sur l’information colportée. Et pourtant, il s’agit bien du contraire qui se produit quotidiennement. Nous sommes abreuvés d’informations nous montrant la « réalité » du monde, des analyses « incontestables » et des versions « objectives et non négociables » des faits rapportés par les médias dominants. À croire que la prétendue vérité est plus vendeuse que le doute et, surtout plus acceptable.

L’objectivité journalistique, mirage aux alouettes ?

L’objectivité est un des fondements du journalisme moderne et signifie que le journaliste doit faire abstraction de ses jugements de valeur afin de fournir une information la plus proche possible de la réalité. C’est le positionnement théorique que prétendent avoir les journalistes. En pratique, cette objectivité doit faire face aux contraintes économiques du journal, aux pressions diverses, aux propriétaires des médias et au conditionnement psychologique, culturel, social et moral des journalistes eux-mêmes. Cet idéal semble donc difficilement réalisable dans un monde clairement dominé par l’argent, où aucun média de masse n’est indépendant et où les humains qui y travaillent ne sont épargnés des conditionnements cités précédemment.

Une démarche réellement objective demanderait un travail sur soi hors du commun, car il faudrait être capable d’analyser une chose en dehors de tout référentiel subjectif, c’est à dire en dehors de tout référentiel propre à l’individu. L’astuce serait de se baser sur une méthodologie par exemple, une méthodologie humaine, donc. Un casse-tête sans nom…

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Derrière le réel, l’argent

Quel est le rapport entre l’argent et le réel ? Il apparait logique de penser que les propriétaires de médias possèdent un levier intéressant d’orientation de l’opinion publique. Il est pourtant nécessaire de préciser qu’il est difficile de quantifier réellement l’impact d’un média sur les décideurs et sur l’opinion publique. Néanmoins, il est probable que l’achat de médias par de riches entrepreneurs ne soit pas le fruit d’un investissement juteux, car peu rentable, mais plutôt d’un investissement à visé politique ou propagandiste. Ainsi, il est possible d’envisager certains aspects d’un média en analysant son financement, mais cela ne suffit pas. L’analyse des informations diffusées sur une longue période et par catégorie nous permet de nous faire un avis plus abouti. Par exemple, la manière dont sont orientées et traitées les informations sur la géopolitique, la politique, l’économie, l’écologie, l’éducation, etc. Cela pourrait nous donner un aperçu plus complet de la stratégie de communication employée, de leurs intérêts et de leurs points de vue sur le monde.

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 Pas de moyens, mais un avis tranché, assumé

Ce qui caractérise bien souvent un média dit « alternatif » est son positionnement idéologique, voire philosophique, ainsi que son financement. Contrairement aux médias « dominants », qui prétendent être objectifs et donc neutres dans le traitement de l’information. La plupart des médias alternatifs ont une orientation politique et une vision du monde plus ou moins clairement établie, mais en tout cas, explicite et revendiquée. L’orientation que prend leurs publications est quasiment toujours engagée ou très imprégnée par leurs idéologies, philosophies politiques et le travail fourni l’est bien souvent de manière bénévole. Cette manière de travailler ne doit en aucun cas faire abstraction du recoupement d’information, de la vérification des sources, etc. Le but étant toujours le même, faire un travail honnête sur un sujet donné.

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Un nouveau contre-pouvoir ?

Comme vous l’avez compris, nous ne nous cachons pas derrière une prétention d’objectivité. Nous avons un avis sur les sujets que nous abordons et nous pensons que cela est vertueux, car cela permet la contre argumentation de nos dires. Contrairement à une vision prétendument objective du monde revendiquée par les médias de masse. Vision qui ne permet pas la contradiction. Comme vous l’avez sans doute compris, si vous n’êtes pas d’accord avec ce qui est dit dans les médias, vous êtes soudainement complotistes, révisionnistes, conspirationnistes, etc.

Dans ce cadre, un média alternatif fait office de voix « dissonante » avec l’information de masse, il s’agit d’un contre-pouvoir que les médias dominants semblent avoir délaissé et ceci pour des raisons tout à fait logiques et explicables : les intérêts des propriétaires sont divergents avec ceux des citoyens et convergents avec le maintien d’un système qui leur a permis d’être là où ils sont. M. Dassault, M.Lagardère ou la famille Bouygues n’ont pas beaucoup d’intérêts à dénoncer ce système qui a permis leurs enrichissements.  

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De la plume à la souris

L’outil Internet permet de faire ce qui était impossible il y a quelques décennies, car chaque citoyen peut devenir en quelques clics et avec du temps un vecteur d’information important, qui sera jugé par la communauté d’internautes suivant la qualité de son travail.

Avant cet outil, l’information était cantonnée aux médias de masse et quelques journaux locaux. Il s’agissait d’une information de type « producteur-spectateur » où il était quasiment impossible de vérifier le contenu des informations pour un citoyen lambda. Le temps d’investigation devait être considérablement long et nécessitait de se documenter via les bibliothèques, les ouvrages spécialisés, les archives, etc. La création d’un nouveau média demandait du temps et de l’investissement financier, il était donc souhaitable d’en faire son métier. Dans un tel système, l’information diffusée au grand public est « maitrisable » et quasiment invérifiable pour les téléspectateurs, auditeurs et lecteurs.

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La guerre de l’information

Les fameuses « fausses nouvelles » qui auraient rendu possibles l’élection de Trump (une assertion invérifiable qui semble être admise par tous), l’ère de la « post-vérité », les médias « complotistes », montrent un futur de l’information qui risque d’être mouvementé. En effet, ces différents discrédits nous suggèrent que cette notion particulière de « vérité » semble être le cœur de la bataille.

Une opposition qui n’a pas lieu qu’entre les médias dominants et alternatifs, il s’agit d’une époque où les états s’opposant sur l’échiquier géopolitique usent et abusent de l’outil Internet pour distiller des informations propagandistes qu’il est bien souvent difficile d’analyser et de contextualiser. On parle dans ce dernier cas de « gestion de la perception », il s’agit d’une doctrine militaire consistant à fabriquer une réalité fondée sur de fausses informations, cette méthode fût développée par l’armée américaine et est encore utilisée actuellement. Voici quelques points essentiels de cette doctrine pour que vous puissiez vous rendre compte des méthodes utilisées :

  • Préparation — Avoir un but bien défini et savoir quels résultats idéaux vous voulez obtenir des gens.
  • Crédibilité — Assurez-vous que votre information est consistante, argumentée. Utilisez les attentes, ou les préjugés pour augmenter votre crédibilité.
  • Support à multiples directions — Ayez de multiples arguments et des faits fabriqués pour renforcer votre information.
  • Contrôle centralisé — tel un ministère de la propagande ou un bureau dédié.
  • Sécurité — La nature de la campagne de tromperie n’est connue que de quelques-uns.
  • Adaptation — La campagne de tromperie s’adapte et change à chaque fois que nécessaire avec le temps.
  • Coordination — L’organisation (ou le ministère de la propagande) est créée selon un modèle hiérarchique afin de maintenir un apport consistant et une bonne synchronisation à la diffusion de l’information.
  • Dissimulation — Toute information contredisant la version officielle, ainsi que leurs sources doivent être détruite.
  • Déclarations mensongères — Fabriquez la vérité.

Si vous souhaitez plus d’informations sur le sujet, c’est par ici, ici et . Il s’agit d’une stratégie parmi tant d’autres et dans un contexte géopolitique mouvementé qui ne risque pas de s’atténuer – à cause notamment de la raréfaction des ressources non renouvelables -, nous allons devoir subir cette guerre non dite que beaucoup ignorent. De cet état de fait, il me parait essentiel de considérer l’information comme un élément indispensable à l’émancipation humaine de ce système aliénant. Cette information que nous pouvons regarder en spectateur, mais que nous pouvons nous aussi créer. Alors, créons ! Ne laissons plus l’information aux mains de ces quelques milliardaires.  Ne les laissons plus créer notre « réalité ». Créons la nôtre !

Lire l’article complet

Auteur Stéphane Hairy pour Le-4ème-Singe

Le monde va-t-il manquer de personnes intelligentes?

Le Mot de Mustapha Menier: Et si ce n’était pas une si mauvaise nouvelle que cela… après tout ce sont bien eux qui façonnent le futur, quand on voit ou ils nous ont mener hein…


Le monde va-t-il manquer de personnes intelligentes?


Les chercheurs craignent que si la tendance actuelle se maintenait pendant plusieurs siècles, les conséquences soient très graves pour l’humanité.

« Le personnes disposées aux études pourrait significativement diminuer à travers le monde », craint le groupe de chercheurs de la société islandaise deCODE qui a étudié les gènes associés à la réception de l’éducation.

Les spécialistes ont analysé les informations de plus de 100 000 habitants de l’Islande récoltées entre 1910 et 1975. Il s’est avéré qu’en 65 ans la part des gènes liés à la capacité des individus à une longue éducation avait diminué. Selon l’idée des scientifiques, le fait est que les personnes concentrées sur le développement de leurs capacités intellectuelles sont moins prédisposées à la procréation.

« Ce n’est pas que l’éducation ou les opportunités de carrière vous empêchent d’avoir plus d’enfants. Si vous êtes génétiquement prédisposés à recevoir une vaste éducation, vous êtes également prédisposés à avoir moins d’enfants », a noté le chef du projet de recherche Kari Stefansson.

Cet effet n’est pas encore conséquent: en quelques décennies le QI des Islandais a baissé en moyenne de 0,04 points, indiquent les chercheurs. Cependant, en prenant en compte tous les gènes responsables de l’éducation de l’homme ce chiffre peut atteindre 0,3 points par décennie. « Et si la tendance identifiée se maintenait pendant plusieurs siècles, les conséquences pourraient être très graves », craignent les experts.

« Avec le temps l’effet cumulatif aura un immense impact sur la prédisposition à l’éducation, et si une solution faisait son apparition cela pourrait avoir une influence considérable sur le niveau d’éducation dans notre société », souligne Kari Stefansson.

Ses collègues d’autres pays précisent également qu’il ne sera possible de tirer des conclusions définitives sur cette évolution qu’après plusieurs générations d’humains. Sachant que la génétique « n’est pas la seule à affecter la volonté et la capacité des intellectuels à avoir une famille et des enfants », indiquent les scientifiques.

En savoir plus: sputniknews.com

L’Age des foutaises

Afficher l'image d'origineLorsque tout le monde se met à mentir à tout le monde – ou arrange la vérité à son avantage -, la confiance réciproque s’effondre, entraînant les fondements mêmes de la société.

« Un sapin de Noël se demande ce qu’il a bien pu faire pour finir dans une poubelle ». Ou encore : « devant l’incapacité des instituts de sondage à prévoir quoi que ce soit, le ministre de l’Intérieur a décidé de convertir leurs locaux en centres d’accueil des migrants. » J’aime beaucoup également celle-ci, sortie quelques jours avant les élections présidentielles aux Etats-Unis : « Le parti républicain envisage de remplacer Trump par un clown tueur ». Déjà un peu ancien : « Michel Field reconnaît « une maladresse après avoir uriné sur une motion de défiance des salariés de France Télévision ». Beaucoup plus récent : « Pour lutter contre l’automatisation des emplois dans l’industrie, Donald Trump envisage de déporter massivement les robots au Mexique. »

Vous l’aviez deviné : ces quelques perles ont été pêchées sur des sites satiriques. En l’occurrence le Gorafi et son équivalent britannique Newsthump. Nous avons pris l’habitude de ces parodies d’information. Elles adoptent la forme d’un communiqué, d’une brève, mais leur énormité les fait reconnaître immédiatement pour des impostures. Personne ne peut les prendre au sérieux. Personne vraiment ? Je me souviens qu’un des rédacteurs du tabloïd américain Weekly World News confiait dans une interview : Nous savons qu’un certain pourcentage de nos lecteurs prennent nos délires hebdomadaires pour des faits avérés. Il faut dire que ce titre, disparu aujourd’hui, utilisait des montages photographiques. Comme dans le cas de ce B-52, disparu pendant la guerre du Vietnam, et qu’un astronome était censé avoir repéré et photographié sur un cratère lunaire…

« Il y a une sorte d’erreur stupide que seuls commettent les gens intelligents, écrit cette semaine dans The New Statesman, Laurie Penny. C’est la conviction qu’il suffirait d’établir sobrement les faits pour l’emporter dans un affrontement avec un mensonge facile et réconfortant. » Nous sommes bien placés pour le savoir, nous qui sommes en période de campagne électorale : des faits aussi incontestables que le coefficient de Gini montrent avec précision l’état des inégalités dans notre pays, permettent de constater sa stabilité dans le temps et de nous comparer sous cet angle aux autres pays développés. « Nous sommes entrés dans une nouvelle époque du débat politique, une époque que nombre d’experts ont sous-titré « l’âge de la post-vérité ». Moi, je préfère la penser comme l’âge des foutaises. » (The Age of bullshit »). (Laurie Penny)

C’est vrai ! Depuis la victoire du Brexit et l’élection de Donald Trump, deux résultats électoraux qui ont surpris les experts, l’expression « post-truth » (post-vérité) a fait une entrée fracassante dans le vocabulaire journalistique. Pourtant, le fait que des victoires électorales aient été obtenues grâce à des mensonges ou à des promesses intenables n’est pas une nouveauté. Pourquoi parler de « post-vérité » plutôt que de boniment et de mystification ?

Il y a douze ans, paraissait un livre intitulé en anglais L’Ere de la post-vérité. Malhonnêteté et tromperie dans la vie contemporaine. Son auteur, l’essayiste américain Ralph Keyes, est un spécialiste de l’analyse sociale du langage, un traqueur d’euphémismes et d’expressions toutes faites. Il résumait ainsi le propos de son livre : « Autrefois, nous avions la vérité et les mensonges. A présent, nous avons la vérité, des mensonges et des énoncés qui peuvent ne pas être vrais, mais que nous considérons trop inoffensifs pour les appeler faux. L’euphémisme foisonne. Nous « économisons » la vérité, nous « l’adoucissons » ; nous proférons des « vérités améliorées ». Le terme to deceive (tromper délibérément) fait place à to spin (raconter au sens de manipuler, faire de la communication). Nous ne voulons pas accuser les autres de mentir. Alors nous disons qu’ils sont dans le déni. Que « la vérité leur est temporairement inaccessible ». Keyes écrivait aussi : « Dans la post-vérité, les frontières entre la vérité et le mensonge, entre l’honnêteté et la malhonnêteté, la fiction et la non-fiction se brouillent. »

Il avait repéré l’usage de cette rhétorique nouvelle dans bien des domaines : celui des « spin-doctors », chargés par les dirigeants de leur fournir de belles histoires, afin d’amuser le public, tandis qu’ils sont censés s’occuper eux-mêmes des affaires sérieuses ; celui des universitaires post-modernistes, acharnés à « déconstruire » la croyance naïve en la possibilité de parvenir à une quelconque vérité ; celui des nouveaux psychothérapeutes, encourageant leurs patients à se mentir à eux-mêmes en construisant un récit de leur vie positif et valorisant.

Tout le monde a pris l’habitude de mentir à tout le monde, constatait-il. Et le résultat, c’est que nous sommes entrés dans une société de méfiance. Car – je cite Keyes – « lorsque tant d’entre nous colportent des fantaisies présentées comme des faits, la société perd ses assises ». Bien des analyses font à présent le même constat : nos sociétés libérales où les instances d’autorité et de contrôle ont été strictement cantonnées, reposent sur le crédit que nous pouvons nous accorder réciproquement. Si nous avons l’impression qu’un grand nombre de participants au jeu social trichent, qu’ils diffusent des fausses informations afin d’améliorer leur situation personnelle, nous adapterons nos propres comportements. Personne ne veut être le dindon de la farce.

Une étude publiée l’an dernier par l’agence de relations publiques américaine, Edelman relève que les démocraties sont confrontées à une crise inédite de la confiance envers les élites » et les médias traditionnels. Elle se traduit électoralement de façon assez prévisible par une poussée de populisme.

franceculture.fr/

Un optimisme pathologique

Le désespoir est le seul remède contre l’illusion, sans désespoir il nous est impossible de redescendre sur Terre — il s’agit, en quelque sorte, d’une période de deuil de nos fantasmes. Certains ne survivent pas à ce désespoir, mais sans lui, aucun changement majeur ne peut se produire.

— Philip E. Slater

L’espoir est le véritable tueur. L’espoir est nuisible. L’espoir nous permet de rester immobiles dans un radeau en perdition au lieu d’agir et d’affronter le problème. Oubliez l’espoir. Analyser sincèrement et honnêtement la situation comme elle se présente est notre unique chance. Au lieu d’attendre, en « espérant » que l’on s’en sorte, peut-être devrions-nous admettre que prendre la pleine mesure de la situation, aussi déplaisante soit-elle, est positif puisque c’est la première marche vers le changement véritable.

— Gringo Stars


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