Une étude qui fait mal sur les liens entre labos et cancérologues

Une étude démontre que les prescriptions anti-cancer peuvent être influencées par des liens existants entre laboratoires et médecins.

Examen cancer du sein

Une patiente atteinte d’un cancer du sein examinée à l’Institut Curie, à Paris.


Dans la série   » les études qui dérangent « , un travail qui va être présenté le 3 juin à l’Asco (congrès américain sur le cancer à Chicago) jette un joyeux pavé dans la mare. Aaron Mitchell, oncologue, et sa collègue Stacie Dusetzina, épidémiologiste, tous deux de l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill ont voulu étudier les liens parfois sulfureux entre laboratoires et cancérologues pour mieux évaluer l’importance des conflits d’intérêt dans les prescriptions des oncologistes. Ici, seuls les avantages tels que le paiement des repas, les invitations à des congrès – et non le soutien des travaux de recherche- ont été pris en considération. Les auteurs se sont intéressés à des cancers pour lesquels les choix de traitements sont variés, en raison de la diversité des molécules commercialisées. Deux cancers répondant à ces critères, celui du rein avec métastases et la leucémie myéloide chronique, ont été choisis.

Le choix n’est pas du tout neutre !

Les chercheurs ont donc voulu savoir si le choix final établi par les prescripteurs parmi les différentes molécules disponibles sur le marché pouvait être influencé par les liens qu’ils entretiennent ou pas avec les laboratoires. Ils ont alors analysé les prescriptions et ont comparé celles des médecins exempts de tout lien avec les firmes à ceux qui avaient bénéficié de certaines largesses. Résultat, le choix n’est pas du tout neutre !

« Idéalement, les options thérapeutiques devraient être uniquement basées sur la preuve médicale et la préférence des patients », a déclaré le Dr Aaron Mitchell. De son côté, sa collègue, le Dr Stacie Dusetzina a elle aussi réagi : « Ce modèle est inquiétant car les efforts de promotion des entreprises pharmaceutiques ont tendance à se concentrer sur les nouveaux produits, ce qui peut orienter vers des traitements plus coûteux« . Ce travail n’est pas le premier du genre, d’autres études par le passé ont déjà démontré ces liens parfois sulfureux et toujours complexes à appréhender. Nul doute que dans ce domaine, la répétition à l’avenir de ce type d’études ne pourra que contribuer à une meilleure prise de conscience. Mais au fait, combien de congressistes réunis à Chicago sont-ils invités ?

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