Frexit, Otan… Les clés du programme de François Asselineau

Officiellement candidat à la présidence de la République depuis ce vendredi et l’obtention de ses 500 parrainages, François Asselineau reste aujourd’hui largement méconnu du grand public.

François Asselineau, candidat (UPR) à la présidence de la République


Mais qui est François Asselineau, nouveau candidat à la présidentielle dont les 524 parrainages ont été validés par le Conseil constitutionnel ce vendredi ? Président de l’Union populaire républicaine (UPR), parti qu’il a fondé en 2007 avoir avoir quitté l’UMP, cet inspecteur des finances de 59 ans, diplômé de HEC et de l’Ena et ancien membre de cabinets ministériels lors des gouvernements Balladur et Juppé, insiste notamment sur les questions internationales et européennes dans son programme électoral.

Sortie de l’Union européenne et de l’Otan

« Je prône une sortie de l’Union européenne, de l’euro et aussi de l’Otan, qui n’a plus de raison d’être depuis la chute du communisme. (…) Il y a 10 ans, cela paraissait irréaliste et insensé, plus maintenant.C’est un sentiment qui traverse toute la société française« , affirme ainsi à RMC celui qui appelle à « un débat de fond comme il y a eu au Royaume-Uni » en vue d’un éventuel vote sur le « Frexit ». « Les autres candidats n’ont pas un programme de président de la République, mais de Premier ministre : ils confondent l’élection présidentielle et les législatives. Comme disait le Général de Gaulle : le vrai sujet de la présidentielle, c’est l’indépendance de la France. Je vais marteler ce sujet durant la campagne présidentielle« , ajoute-t-il.


Rencontre avec François Asselineau, le candidat de l’UPR à la présidentielle

L'UPR sera-t-il la surprise de la présidentielle 2017 ?

Vous êtes déjà quasiment qualifié pour l’élection présidentielle, en ayant réussi à réunir plus de parrainages que Philippe Poutou (NPA), Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès) ou même Jean-Luc Mélenchon (France insoumise). Comment avez-vous fait ?

François Asselineau : Il n’y a pas de secret. Grâce à sa présence active sur la sphère internet, l’UPR compte plus de 16.000 adhérents, soit davantage que les partis que vous citez. Nous avons entre 250 et 300 démarcheurs de mairies dans toute la France. Moi-même, j’ai rencontré près de 110 maires. Mais c’est un travail de longue haleine : de nombreux élus ont eu peur de nous parrainer car ils subissent des pressions venant des grands partis.

Pourquoi ces élus vous ont-ils accordé leur confiance, d’après vous ?

Notre discours porte, particulièrement dans les territoires ruraux. Notamment notre discours sur l’Europe. A l’inverse de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Nicolas Dupont-Aignan, qui font semblant d’être des souverainistes mais refusent de confirmer qu’ils quitteront l’Union européenne s’ils gagnent, nous affirmons clairement nos intentions. Si je suis président de la République, nous enclencherons immédiatement l’article 50 du traité de Lisbonne pour sortir de l’Europe. Il s’agit de la proposition centrale de mon programme.

Pourquoi accorder une telle importance à la sortie de l’Europe ?

L’heure est grave. A l’UPR, nous partageons l’idée que nous ne sommes plus en démocratie ou dans une démocratie de façade. Nous avons perdu notre souveraineté, notre indépendance a été vendue à Bruxelles. Or la construction européenne n’a suscité qu’un apartheid envers le reste du monde. Elle nous enferme, crée des peuples torchons et des peuples serviettes. Nous pensons que nous n’avons pas forcément vocation à fusionner avec les Lettons, alors que nous sommes plus proches des Algériens, par exemple.

A en croire votre parcours, vous n’avez pas toujours pensé ainsi, puisque vous avez été conseiller de plusieurs ministres RPR dans les années 1990.

C’est vrai, j’ai été conseiller de plusieurs ministres de droite, dont Gérard Longuet à l’Industrie et Hervé de Charette au ministère des Affaires étrangères. Avant cette période, j’ai même été plutôt euro-enthousiaste puisque j’ai voté pour l’UDF Simone Veil, en 1979. J’ai cependant peu à peu changé d’avis, en observant le délitement de notre indépendance. J’ai commencé par voter non au traité de Maastricht en 1992, sans le dire. Et j’ai été choqué, comme beaucoup de Français, par les suites qu’ont donné nos gouvernants au referendum de 2005. Alors que la Constitution européenne a été largement rejetée, on a fait passer un texte similaire, le traité de Lisbonne !

Finalement, qu’est-ce qui vous distingue aujourd’hui de Marine Le Pen, au-delà d’une position plus tranchée sur l’Europe ?

Je ne suis aucunement d’extrême droite. L’UPR ne se positionne pas par rapport au clivage gauche-droite. Le ministère de l’Intérieur nous a classés comme « divers ». Nous pouvons nous sentir proches de quelqu’un comme Florian Philippot mais il est évident que le fond de sauce du FN a encore tout à voir avec la xénophobie. Par ailleurs, je signale que la France a déjà connu un gouvernement d’extrême droite : le gouvernement actuel. J’en veux pour preuve les guerres menées à l’étranger au mépris du droit international, le soutien du gouvernement ukrainien lui-même soutenu par des néo-nazis, l’état d’urgence constamment prolongé…

Le gouvernement a prolongé l’état d’urgence en raison de la menace terroriste, pas pour surveiller la population…

Ce n’est pas si simple. En Syrie, la France soutient les terroristes id’Al-Nosra. Et qui finance Daech ? Le Qatar et l’Arabie Saoudite, pays soutenu par les Etats-Unis. En cela, j’affirme que les Etats-Unis financent indirectement le terrorisme.

Dans vos interviews, vous évoquez invariablement « l’empire américain ».

Je ne suis pas anti-peuple américain, je critique l’impérialisme des élites américaines. Ce que je n’accepte pas, c’est la mainmise de l’oligarchie financière, le TAFTA, l’OTAN… Nous n’avons pas envie de vivre sous la coupe des Américains.

On lit souvent que vous appartenez à la mouvance conspirationniste…

Il s’agit de l’argument qu’on sert quand on n’a plus rien à répondre. De nombreux maires nous ont dit : « Nous sommes aujourd’hui en dictature« . Les gens savent qu’on les manipule, ils ne sont pas dupes. Ils se rendent compte que les sondages sont bidons, qu’Emmanuel Macron est le candidat des milliardaires, soutenu par les grands médias.

Vous ne semblez pas le porter dans votre coeur…

Emmanuel Macron est le symbole de la déliquescence de la démocratie en France. Quand je vois son temps de parole médiatique, j’ai l’impression d’être dans une République bananière. Or, ce qu’il propose n’est que du vent, ses meetings s’apparentent à du music-hall, rien de plus. Et il se comporte comme un gourou. Si l’on se réfère aux critères de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), En Marche a d’ailleurs tout d’une secte, puisqu’on y affaiblit l’esprit critique en même temps qu’on y exerce un culte de la personnalité. A l’UPR, c’est le contraire.

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