Le conseil d’Etat contre le pot-pourri des vaccins obligatoires

SANTÉ – La pétition a recueilli plus d’un million de signataires. Alarmant sur les dangers de certains vaccins, notamment en raison de la présence supposée d’aluminium dans leurs adjuvants, celle-ci dénonce également la pénurie des vaccins obligatoires qui contraint les parents à faire vacciner leurs enfants contre six maladies au lieu de trois. Lundi 16 janvier, le rapporteur public du Conseil d’Etat a recommandé que les seuls vaccins obligatoires chez les nourrissons soient mis à la disposition des familles.

En France, les trois vaccins obligatoires sont la diphtérie depuis 1938, le tétanos depuis 1940 et la poliomyélite depuis 1964. Ils font l’objet de trois injections groupées (DTP) avant l’âge de 18 mois.

Rendre disponibles les seuls vaccins obligatoires

De nombreux autres vaccins sont fortement recommandés chez les enfants, ce qui a conduit les laboratoires à ne plus proposer uniquement le DTP obligatoire, mais à l’inclure dans des vaccins polyvalents, vendus plus chers.

« Le ministère de la Santé dispose de la possibilité de rendre disponibles les seuls vaccins obligatoires », a souligné le rapporteur Rémi Decout-Paoloni avant d’enjoindre la ministre à « prendre des mesures ou de saisir les autorités compétentes en vue de l’adoption des mesures destinées à garantir la disponibilité des vaccins précités, dans un délai de quatre mois à compter de la notification de la décision du Conseil d’Etat ».

Le rapporteur, dont les avis sont généralement suivis par les juges du Conseil d’Etat, a justifié son argumentaire par la « discordance actuelle entre l’obligation vaccinale et l’impossibilité de la satisfaire ».

Pétition polémique

« C’est un énorme soulagement. Dans quatre mois, si le Conseil suit le rapporteur, l’Etat devrait être contraint de proposer un DTP classique », s’est réjoui Augustin de Livois, le président de l’Institut pour la protection de la santé naturelle (IPSN), à l’origine de la pétition sur les dangers de la vaccination qui a suscité une polémique dans les milieux médicaux. L’association a en effet auparavant relayé une pétition controversée du professeur Henri Joyeux, médiatique cancérologue anti-vaccins, et promeut régulièrement les médecines naturelles.

Les laboratoires se sont engagés à fournir des kits spéciaux ne contenant que les vaccins obligatoires, mais seulement pour les enfants présentant des contre-indications, a noté pour sa part le rapporteur qui a également rappelé qu’il existait depuis plusieurs mois de fortes tensions d’approvisionnement pour les vaccins tétravalents (DTP + coqueluche) et pentavalents (qui vaccinent aussi contre l’haemophilius influenza, une bactérie à l’origine de certaines méningites).

« Seuls les vaccins hexavalents (qui comportent les trois vaccins obligatoires + coqueluche, haemophilius influenza et hépatite B) sont aujourd’hui disponibles », a-t-il reconnu.

Décision dans quinze jours

Dans son avis, il a réclamé l’annulation de la décision de la ministre de la santé qui avait rejeté, le 12 février 2016, la demande de M. de Livois et d’autres personnes concernant la disponibilité du vaccin DTP.

Il a en revanche préconisé le rejet de l’obligation de proposer des vaccins sans adjuvant aluminique, estimant que « les allégations (concernant les danger de l’aluminium) ne sont nullement étayées ».

2.300 personnes ont au total intenté une requête auprès du Conseil d’Etat. La décision devrait être rendue dans une quinzaine de jours.

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