La Chine trace la voie pour un totalitarisme « moderne »

Un article du blog Syti.net

Au début de la mondialisation néo-libérale et des délocalisations massives vers la Chine qui s’en sont suivies, les Occidentaux ont commis 2 erreurs d’appréciation majeures.

Tout d’abord, ils ont cru que la Chine se bornerait à être « l’atelier du monde », en restant centrée sur l’industrie manufacturière. En réalité, grâce aux transfert de technologies réalisés par les multinationales occidentales et à la possibilité pour les Chinois d’observer de près les méthodes de production dernier cri, la Chine a rapidement rejoint le niveau technologique des pays occidentaux et s’est mise à produire des produits hautement technologiques, notamment dans le domaine de l’électronique et du numérique. Mais grâce à son enrichissement et aux actions bien pensées et bien coordonnées d’un état très interventionniste (contrairement aux gouvernements occidentaux qui ont abandonné toute politique industrielle en laissant le champ libre à leurs multinationales), la Chine a remarquablement développé sa recherche scientifique et technologique. Elle est désormais sur le point de dépasser les pays occidentaux. Il ne se passe plus un mois sans que soient annoncés des réalisations où la Chine est à l’avant-garde de la technologie. Ainsi, le super-calculateur le plus puissant du monde a longtemps été américain, il est désormais chinois. La Chine vient aussi de lancer le premier satellite quantique. Dans le domaine militaire, elle a aussi mis au point un missile intercontinental hypersonique.

La deuxième énorme erreur des Occidentaux a été de croire que le développement économique et l’accroissement des échanges amènerait la Chine à « libéraliser » son régime, avec à la fois plus de « démocratie », une conversion au libéralisme économique, et une intégration (ou plutôt une soumission) aux réseaux d’influence du pouvoir mondial réel.

En réalité, la Chine n’est pas aux avant-postes du futur uniquement dans le domaine technologique. Elle l’est aussi dans le domaine politique. Ce n’est pas la Chine qui est appelée à adopter le modèle occidental, mais plutôt l’Occident qui va tendre à adopter le modèle politique chinois. Car celui-ci est la démonstration qu’un régime non démocratique est parfaitement compatible avec une société de consommation et « l’économie de marché », contrairement à ce qu’ont toujours cru les « experts » et intellectuels occidentaux.

Le régime des pays occidentaux est déjà en train de se rapprocher du modèle chinois. La démocratie y est de plus en plus relative, la surveillance des citoyens par l’état est de plus en plus développée et omniprésente, et les éventuelles manifestations sont de plus en plus violemment réprimées par une police de plus en plus militarisée. Certes, il y a encore des élections pour la forme, mais aucun des candidats ayant une chance d’être élu (c’est à dire disposant des financements et des réseaux nécessaires) ne représente les aspirations des citoyens. Et quel quels soient les candidats élus, ils appliqueront au final la même politique, celle élaborée en amont par le pouvoir économique et financier, La « démocratie » occidentale n’a jamais autant été une oligarchie, où le pouvoir est exercé par des personnes cooptées au sein d’une élite qui concentre à la fois le pouvoir et les richesses. Exactement comme en Chine où les dirigeants sont renouvelés à peu près au même rythme que dans les pays occidentaux mais sans être élus, coopté au sein d’une élite politique, celle des dirigeants d’un Parti unique.

Il est de plus en plus probable que la société future sera quelque part entre le « meilleur des mondes » d’Huxley et « 1984 » d’Orwell. Une dictature, mais « moderne », hautement technologique, et où le citoyen moyen n’aura pas conscience d’être dans une prison ni d’être un esclave. Mais où ceux qui ne s’intégreront pas au système seront impitoyablement éliminés.

Là encore, la Chine vient d’ouvrir la voie, cette fois pour le totalitarisme du futur…

Le mois dernier, le régime à décidé l’instauration d’un système de notation de chaque citoyen, avec une évaluation des comportements quotidiens par l’attribution de bons ou de mauvais points grâce à la surveillance électronique et au « big data », c’est à dire l’exploitation de l’ensemble des données administratives ou personnelles. Ainsi, des infractions routières, dire du mal du Parti, adhérer à une religion jugée indésirable, ou délaisser ses parents âgés rapporteront des mauvais points qui diminueront les avantages ou allocations attribuées par l’état, ou qui réduiront l’accès aux meilleurs emplois. Inversement, les bons points permettront d’obtenir plus facilement un crédit, d’inscrire ses enfants aux meilleurs écoles, etc.

En ajoutant à cela une sélection génétique des naissances, domaine dans lequel la Chine est également pionnière (n’ayant pas eu à s’encombrer de contraintes éthiques), nous obtenons le parfait « meilleur des mondes »…

Plus d’infos:

http://blog.syti.net/index.php?article=623
http://dailygeekshow.com/chine-note-citoyens/
http://www.latribune.fr/economie/international/chine-le-big-data-pour-noter-les-citoyens-et-sanctionner-les-deviants-610374.html

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