Un supporter russe : « À 200, on aurait pu occuper Marseille »

Le Mot de M. Menier: Distrayant cette coupe…



Suite aux incidents entre supporters anglais et russes à Marseille, le 11 juin, l’UEFA a décidé d’infliger, mardi 14 juin, « une suspension avec sursis » à la Russie, qui sera exclue de l’Euro 2016 en cas de nouvel incident, ainsi qu’une amende de 150 000 euros à sa fédération de football pour « perturbations, comportement raciste et jets de fumigènes et de projectiles », lors du match Angleterre-Russie (1-1). Mardi, 43 supporters russes ont également été placés en garde à vue pendant 24h, alors qu’une dizaine de leurs compères vont être reconduits à la frontière par les autorités françaises. Que s’est-il passé à Marseille ? Témoignage d’un hooligan russe au magazine The Flow.

supporters-russes

(…) Les Anglais étaient quelques centaines. Ils balançaient sérieusement des chaises et des bouteilles, mais ça les a pas sauvés. Notre bande russe de 200 gars les a fait fuir. Au même moment, de l’autre côté de la place, des petits groupes de supporters russes – de 10-15 personnes – qui étaient en retard au rassemblement ont sauté sur les supporters anglais qui étaient bien plus nombreux qu’eux. Eux, ils ont un peu morflé, mais ils ont aussi fini par faire fuir les Anglais – ils sont partis en courant et en balançant leurs bannières et leurs drapeaux.

Les flics ont sorti les lacrymo. Certains en ont respiré. Mais dans l’ensemble, nos gars ont réussi à virer les Anglais et à se disperser ensuite.

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu des flics aussi loyaux. Au dernier championnat d’Europe, en Pologne, les Polaks nous sautaient dessus en permanence, en une journée, on s’était battu plusieurs fois, et la police avait serré tout le monde super brutalement. Mais à Marseille, le tout ressemblait tellement au film Taxi et autres comédies sur la police française : les CRS qui sortent des camions en courant avec des boucliers, le regard effrayé, à se rentrer les uns dans les autres, à tomber. Les flics ordinaires se tenaient juste sur le côté, à regarder. Il paraît qu’ils aiment pas trop les Rosbifs, et qu’ils ont juste fermé les yeux pendant que les Russes leur réglaient leur compte.

Dans la même situation, les OMON russes auraient dispersé tout le monde vite et violemment – ils auraient enchaîné les plus excités du premier rang et tout se serait terminé très vite. Mais la France n’est pas prête à ça.

D’abord, tout le boulot dont s’occupent habituellement les flics a été saboté. Chez nous, tout le monde aurait été dispersé dès le premier rassemblement. Mais les flicards français ne sont arrivés que sur la place. Chez nous, ils hurlent direct « Dispersion ! » – et tous les mecs se barrent dans les cours et les ruelles, parce qu’ils sont certains qu’ils vont se faire choper. Mais les Français, non : ils se tiennent à distance, ils regardent et ils ne bougent pas une oreille.

Avec une police qui bosse comme ça, à 200 mecs que nous étions, on aurait pu envahir la ville. D’autant que dans le nombre, il y a quoi, 30, 50 gars qui savent réellement se battre…

Le Courrier de Russie

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