La Gouvernance mondiale avance sur deux fronts

dimanche 8 novembre 2015

Redisons-le une nouvelle fois à ceux auxquels cela aurait pu échapper : « Nous aurons une gouvernance mondiale, j’ignore si cela sera avant ou après la Troisième guerre mondiale, mais nous l’aurons. ». Tel est l’oracle définitif de notre gourou cosmoplanétaire, conseiller très écouté et très prisé de nos derniers présidents, Jacques Attali. En ce qui concerne la gouvernance mondiale, nous en voyons se déployer tous azimuts, cela depuis quelque sept décennies, des pseudopodes particulièrement gluants. Cela commence en avril 1945 avec la création des Nations Unies à la Conférence de San Francisco, moins de trois mois après le partage du monde à Yalta. Les vainqueurs ne perdent pas de temps et la course à la domination mondiale est dès lors engagée 1.

Car l’Onu derrière sa façade de verre new-yorkaise est bien entendu l’atelier du Nouvel Ordre mondial qui, sous couvert de « construire la paix », le peacebuilding, vise en réalité au grand remplacement des États souverains par la noire chimère d’une souveraineté collective. Pour ne pas dire collectiviste. Autrement dit l’établissement d’une bureaucratie céleste à échelle planétaire. Ce worldbuilding s’édifie donc, pas à pas sous nos yeux impuissants. Parce que, dépourvus que nous sommes d’une vision panoramique, nous n’en apercevons que des segments discontinus, sans liens immédiatement discernables entre les uns et les autres. Mais en se donnant la peine de rétablir ces fragments dans leur séquence historique, ceux-ci se mettent rapidement à faire sens. À partir de là il est aisé de voir où nous allons et où l’on nous conduit volens nolens. Un mot, et un seul, définit alors et désigne le paradis qui nous est promis : Totalitarisme !

Ayons à l’esprit par exemple que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dispose de moyens juridiques et coercitifs de nature quasi dictatoriale lui permettant de faire massivement vacciner contre leur gré ou confiner manu militari des nations entières sur la simple présomption d’un potentiel risque épidémique. Aujourd’hui même, ce 26 octobre 2015, l’OMS ne vient-elle pas de décréter que la consommation de produits carnés transformés (charcuteries, etc.) ou non, est – et non pas serait – fondamentalement carcinogène ! Nos aïeux ont traversé les rudes hivers d’antan grâce aux salaisons qu’il conviendrait de bannir à présent, au même titre que le vin ou le cidre qui furent pourtant – et ce pendant des siècles – des boissons salvatrices ayant permis aux vieux Européens d’échapper, au moins en partie, aux maladies infectieuses, telles la dysenterie, la fièvre typhoïde et autres choléras. La tyrannie hygiéniste avance, on le voit, à grands pas pour notre plus grande attrition.

Dans le même ordre d’idée, le super groupe de pressions multinational des tenants du réchauffement terrestre d’origine anthropique va, à grands frais et dans un assourdissant fracas médiatique, tenir sa grand-messe à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochain. Avec pour objectif d’aboutir à un accord applicable à tous les pays afin de limiter le réchauffement mondial à 2 °C. Du moins en principe, parce que s’il existe une urgence absolue – mais qui nécessiterait de limiter voire de contrebattre la voracité de l’hypercapitalisme cosmopolite – ce serait bien d’arrêter net et en tous lieux, du Nord aux Tropiques, les déforestations massives qui hypothèquent l’avenir du vivant dans sa totalité…

Loin de nier des dérèglements climatiques dont nous sommes les témoins affligés, il est cependant assez facile de discerner ce qui se profile derrière le catalogue des bonnes intentions affichées afin de réduire l’empreinte carbone de tout à un chacun. Il s’agit en l’occurrence de nouveaux moyens – au nom du bien commun et du salut écologique – d’engraisser quelques oligopoles (les enjeux de ces politiques se chiffrent en centaines de milliards de dollars), de servir de prétextes indiscutables et impérieux à de nouvelles taxations et pire à une mise sous tutelle renforcée de nos activités industrielles et individuelles. Ici encore une fallacieuse – et dévoyée – morale humanitarienne est mise en avant pour nous mettre au pas. L’écologie, la défense de nos environnements, de la diversité biologique, l’amour et la défense de la Nature, ont bon dos et qui offrent à bon compte de considérables possibilités de sidérer puis de museler les opinions publiques.

Notons au passage, sans en tirer aucune conclusion prématurée ou excessive, que si les glaces terrestres régressent, ce n’est pas toujours le cas sur les mers et les océans polaires. Ainsi au cours de l’été 2013, la calotte glaciaire arctique avait augmenté de près de 60% soit 2 383 000 km3, l’équivalent de la moitié de l’Europe… depuis les îles canadiennes jusqu’aux rivages Nord de la Russie. Une restauration spectaculaire des étendues maritimes sous embâcle après une fonte record en 2012… six ans après que la BBC eut annoncé que, justement en 2013, le réchauffement climatique devait avoir fait disparaître complètement les glaces estivales. C’est dire la complexité de phénomènes dont l’exploitation géopolitique est patente à des fins d’ingérence croissante dans les affaires des peuples de la Terre, avec in fine, à l’arrivée, leur étroit corsetage par d’intransgressibles lois supranationales 2.

Quant à la Troisième guerre mondiale, elle n’est évidemment pas à venir puis qu’elle a déjà commencée. En Syrie, ce sont au bas mot une centaine de nationalités qui s’affrontent à travers les divers camps et factions, à telle enseigne qu’au sein de l’État islamique, takfiristes tchétchènes combattent aux côtés d’Ouïgours turcophones venus des steppes asiatiques. D’où l’engagement de la Russie et la vigilance rapprochée de la Chine. La gouvernance mondiale avance donc sur deux fronts : celui de la République universelle, c’est-à-dire les Nations Unies et ses kyrielles d’intrusives conférences internationales, et sur le front des guerres chaudes qui dessinent un véritable ceinture de feu, de la Mer du Japon au Golfe de Guinée. Souvenons-nous, la guerre d’Espagne fut également multinationale, elle fut à n’en pas douter le prélude ou le coup d’envoi de la conflagration générale. Nous y reviendrons.

Jean-Michel Vernochet 25 oct. 2015


Notes

(1) James Burnham proto idéologue du néoconservatisme « The Struggle for the World » 1947, New York et à Paris sous le titre de « Pour la domination mondiale ».

(2) Le 15 septembre s’ouvrait à New York la 70e session, anniversaire de l’Assemblée générale des Nations Unies. À son ordre du jour, du 25 au 27 septembre, le quatrième Sommet mondial relatif aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) devant définir les objectifs de développement durable (ODD) pour les années à venir… la Gouvernance mondiale existe, elle est à l’œuvre… mais New York est loin et les cervelles européennes sont abruties par de quotidiens et lancinants bombardements audiovisuels.

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